TOURNEE AFRICAINE DU CHEF DE LA DIPLOMATIE AMERICAINE : L’Afrique, objet d’une cour assidue

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Le retour en force de la Russie en Afrique, est une vérité incontestable. A preuve, les diplomates russes font régulièrement le tour des palais présidentiels en Afrique. La Chine a, elle aussi, de gros intérêts économiques sur le continent noir. Si fait que depuis 34 ans maintenant, le ministre des Affaires étrangères de l’Empire du milieu, effectue traditionnellement chaque année, une tournée sur le continent. A cet effet, du 13 au 18 janvier dernier, Wang Yi, chef de la diplomatie chinoise, était en tournée dans quatre pays africains que sont l’Egypte, la Tunisie, le Togo et la Côte d’Ivoire. Sitôt après, une autre grande puissance lui a emboité le pas. Cette fois-ci, ce sont les Etats Unis d’Amérique. En effet, Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine, a entamé une visite le 22 janvier 2024 en Afrique. Dans l’agenda du diplomate américain, il est prévu, tour à tour, un séjour au Cap-Vert, en Côte d’Ivoire, au Nigeria et en Angola. Sans nul doute, le pays de l’Oncle Sam veut regagner de l’influence sur le continent noir et ce, après l’épisode Trump. L’autre défi pour Washington, serait de contrer l’influence russo-chinoise.   En fait, cette ruée vers l’Afrique n’a pas commencé aujourd’hui et semble avoir de beaux jours devant elle. L’Afrique a toujours fait l’objet d’une cour assidue de la part des grandes puissances qui n’ont d’yeux que pour leurs intérêts. Mais malheureusement, l’Afrique, surtout l’Afrique subsaharienne, n’a jamais su en tirer le meilleur profit.

 

L’Afrique s’appauvrit pendant que ses partenaires s’enrichissent

 

Le général président français Charles De Gaule le disait haut et fort : « La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts ». Les Africains n’ont jamais su véritablement s’approprier cette maxime du président français au point qu’en dépit des alliances et partenariats, le constat est très décevant. L’Afrique s’appauvrit pendant que ses partenaires s’enrichissent. En tout cas, c’est peu de dire que la visite du chef de la diplomatie américaine en Afrique, n’est ni plus ni moins que pour défendre les intérêts des Américains sur le continent. Au menu de cette tournée, figurent des questions économiques, sécuritaires et de promotion de la démocratie. Même s’il est vrai qu’Antony Blinken ne se rendra dans aucun pays du Sahel, il n’en demeure pas mois que ces derniers présentent un enjeu majeur pour Washington et ce, au regard de la situation sécuritaire qui y prévaut. En effet, une importante base américaine se trouve au Niger dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Et ces derniers temps, Washington a annoncé un soutien aux autorités de la transition burkinabè.

Or, on le sait, lorsque ces pays puissants apportent leur soutien à un régime drapé des oripeaux de la démocratie ou lorsqu’ils sont obligés de coopérer avec des putschistes, ce n’est pas à cause des beaux yeux des uns et des autres. Loin s’en faut ! A l’Afrique de savoir se jouer des rivalités entre grandes puissances pour défendre ses intérêts, rien que ses intérêts.

 

Saïbou SACKO         

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