L’agenda africain de la commission défense de l’Assemblée nationale française

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Les députés de la commission préparent une série de rencontres avec plusieurs pays d’Afrique. Les déplacements seront précédés par un cycle d’auditions qui associera plusieurs commissions.

Placée sous la houlette de Thomas Gassilloud, député Renaissance, la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale vient de fixer sa feuille de route pour les trois prochains mois. Mi-décembre, elle devrait missionner une délégation de parlementaires pour rencontrer les autorités politico-militaires de plusieurs pays africains.

Si le dernier déplacement de la commission sur le continent remonte à avril, au Sénégal et au Niger, (AI du 04/04/23), ses membres espèrent se rendre prochainement au Bénin, au Nigeria, en Éthiopie et en Afrique du Sud. L’objectif est de favoriser une approche plus continentale de la coopération, qui ne se concentre pas uniquement sur les aspects sécuritaires en Afrique de l’Ouest francophone.

Les coups d’État qui ont eu lieu au Niger et au Gabon cet été ont poussé les parlementaires de la commission de défense à relancer le débat sur les relations franco-africaines : le président Emmanuel Macron a validé le principe d’échanges sur l’Afrique au Parlement lors des « rencontres de Saint-Denis » qui se sont tenues fin août en présence des chefs des partis politiques.

Coopération multidimensionnelle

Afin de réfléchir à des perspectives d’orientation pour la coopération française, une première phase d’auditions devrait être organisée à Paris dès mi-novembre par la commission de la défense. Pour ce faire, celle-ci a sollicité la participation du ministre des armées Sébastien Lecornu, de la ministre des affaires étrangères Catherine Colonna et de la secrétaire d’État chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux Chrysoula Zacharopoulou. Le cycle d’échanges sera inauguré par une audition d’Achille Mbembe, politologue et historien camerounais qui a porté sur les fonts baptismaux le Sommet Afrique-France de Montpellier, en octobre 2021.

La coopération « multidimensionnelle » qu’appelle de ses vœux Thomas Gassilloud devrait permettre d’élargir le spectre de participants à ces tables rondes : elle prévoit d’associer plusieurs commissions dont celle des finances, présidée par Éric Coquerel (LFI), pour débattre notamment de la question du Franc CFA, ou encore celle du développement durable et de l’aménagement du territoire, présidée par Jean-Marc Zulesi (Renaissance), pour aborder les conséquences du dérèglement climatique. L’Assemblée parlementaire de la francophonie, dirigée par Bruno Fuchs (Démocrate), devrait également être associée aux réflexions sur l’influence.

Stratégie curitaire

Une deuxième phase d’auditions devrait se concentrer exclusivement sur les enjeux sécuritaires. Elle associera à partir de décembre des experts de la défense issus du ministère des armées, du Quai d’Orsay ou de think tanks. La commission de la défense souhaite dresser un état des lieux des menaces et aborder la question de la réduction des effectifs militaires français en Afrique.

La réflexion portera aussi sur le rôle sécuritaire des organisations régionales, internationales et de l’Union européenne, et sur les missions de maintien de la paix des Nations unies.

Africa Intelligence

 

 

 

 

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