Centrafrique : que disent les communicants du criminel Zokoué Bienvenu sur le Rapport de la Division des Droits de la Minusca de juillet 2020 à juin 2021 qui l’accuse et l’accable de graves violations des droits humains ? (3)

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Depuis quelques jours, nous avons publié et continuons de de faire paraître des articles sur le directeur général de la police, un certain Bienvenu Zokoué. Nous avons révélé que c’était dans la sous – préfecture de Bogangolo, située sur la route « La Nationale RN4 » à 80 Km au nord de Damara et à 156 Km de Bangui, qu’il avait commencé ses premiers pas dans la police nationale. Quelques années plus tard, grâce aux bénédictions d’un fils de l’ancien président François Bozizé Yangouvonda, il sera muté plus tard à la compagnie nationale de sécurité. Avec l’arrivée au pouvoir de l’Imposteur de Bangui, après avoir occupé les fonctions hautement sensibles de directeur de l’OCRB, il sera nommé directeur général de la police national, le samedi 3 novembre 2018. De 2016 à ce jour, il a gravi tous les échelons pour porter le grade de contrôleur général de police, non pas pour avoir réalisé des actes héroïques dans le domaine de sécurité et de protection des populations civiles, mais plutôt pour avoir exécuté des ordres macabres à lui confiés par l’Imposteur de Bangui, de qui il prend des instructions et à qui il rend personnellement compte. En réponse aux réactions de ses communicants, nous avons jugé important de publier tous les Rapports de la Division des Droits de l’Homme de la Minusca en notre possession, afin que nul n’en ignore.

« ……..43. Les FACA, les FSI et autres personnels de sécurité sont responsables de plusieurs cas de violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme telles qu’enregistrées, enquêtées et documentées par la DDH. Plusieurs informations vérifiées permettent, en effet, de conclure que les autres personnels de sécurité participent activement aux opérations militaires sur le terrain, arrêtent des suspects, exercent des compétences d’officier de police judiciaire, auditionnent des suspects, infligent des traitements inhumains et des tortures sur les suspects et organisent le transfert de ces derniers à destination de Bangui. Il est clairement établi que ces autres personnels de sécurité ne dispensent pas seulement des formations militaires, mais participent directement aux hostilités.

60. Au cours de la période sous analyse, la DDH a documenté 59 incidents d’exécutions extrajudiciaires et sommaires.
61. A titre illustratif, six (6) cas d’exécutions extrajudiciaires et sommaires imputables aux agents de l’État et aux autres personnels de sécurité affectant dix (10) personnes civiles hors de combat ont été commis entre le 30 décembre 2020 et le 20 janvier 2021 dans la préfecture de l’Ombella M’Poko. Les victimes étaient des présumés membres de groupes armés affiliés à la CPC ou des suspectés d’être des collaborateurs.

62. Le 3 janvier 2021, six (6) personnes détenues, dont un garçon peuhl, ont été exécutées dans un des camps des FACA de la préfecture du Mboumou, les autres personnels de sécurité étaient également présents. Ils étaient accusés d’avoir communiqué avec la coalition CPC. Selon un témoin, les cadavres présentaient de nombreux impacts de balles.

63. Au cours de ses enquêtes, la DDH a recueilli des informations sur les arrestations de quatre (4) civils, tous des hommes, dans la préfecture de l’Ombella M’Poko , survenues le 22 janvier 2021. L’un des civils a été interrogé et torturé, tandis qu’un autre a été accusé d’être un membre
de la CPC. Le soir de cette arrestation, alors qu’ils étaient transportés par des éléments FACA et FSI vers le lieu de leur exécution, deux (2) d’entre eux ont réussi à s’échapper, toutefois, les deux (2) autres ont été exécutés.

93. Les éléments de l’OCRB ont procédé à plusieurs arrestations arbitraires, notamment à Bangui, à la suite du premier tour des élections présidentielle et législatives du 27 décembre 2020. A titre illustratif, le 2 janvier 2021, les éléments de l’OCRB qui cherchaient à appréhender un militaire, absent de son domicile au moment des faits ont alors procédé de manière systématique à l’arrestation de tous ceux qui étaient présents, les brutalisant et tirant des coups de feu en l’air. Le même jour, la garde présidentielle a perquisitionné une résidence et a arrêté au moins cinq (5) civils qui se trouvaient dans les environs et les ont amenés à la Section des recherches et investigations (SRI). Ces arrestations ont révélé un caractère discriminatoire, car fondées sur l’appartenance ethnique réelle ou supposée des détenus. Aucun de ces derniers n’a été informé des raisons de son arrestation. Deux (2) des détenus ont été libérés le même jour, l’un le lendemain et les deux (2) autres ont été détenus arbitrairement encore pendant deux semaines.

94. Lors d’une opération conjointe d’arrestation des présumés éléments affilies à la CPC menée le 6 février 2021, dans la préfecture de Ombella M’Poko, par l’OCRB et les FSI appuyés par les autres personnels de sécurité, trois (3) hommes ont été arrêtés sans que les motifs de leur arrestation ne leur soient donnés. Ils ont eu les bras ligotés dans le dos, les habits déchirés, les yeux bandés et ont été frappés. Transférés à l’OCRB à Bangui, ils ont été détenus pendant deux semaines avant d’être présentés à un officier de police judiciaire. Durant les entretiens avec les ODH, ils ont fait état de la surpopulation et du manque d’installations sanitaires dans les cellules de détention de l’OCRB.

Des violations liées à l’instauration du couvrefeu et de l’état d’urgence

141. Le 6 janvier 2021, le Gouvernement centrafricain a décrété un couvrefeu de 20 heures à 5 heures du matin.47 En moins d’une semaine, le couvrefeu a été ramené de 18 heures à 5 heures du matin.48 Le 22 janvier 2021, le chef de l’Etat a décrété l’état d’urgence sur toute l’étendue du territoire pour une durée de 15 jours, lequel a été par la suite prorogé de six mois par le bureau de l’Assemblée nationale. Durant le couvrefeu et l’état d’urgence, plusieurs violations des droits de l’homme par les forces de défense et de sécurité ont été documentées par la DDH, particulièrement dans la ville de Bangui. Il s’agit de cas de meurtre et d’atteinte à l’intégrité physique, d’arrestation et de détention arbitraire.

142. La DDH estime que certaines arrestations ont été réalisées en dehors du cadre légal. En ce qui concerne le couvrefeu, il n’y a pas eu de mesures permettant des déplacements dérogatoires en cas de force majeure. Cette situation a laissé libre cours à des abus de la part des forces de sécurité intérieure, qui ont procédé à des arrestations de citoyens en mouvement pendant la nuit pour des urgences, ainsi qu’à la saisie de moyens roulants.

143. A titre illustratif, le 12 janvier 2021 vers 21 heures, en plein couvrefeu, un homme a été abattu par les FSI à Bangui alors qu’il était transporté sur une moto conduite par un autre homme. Cette exécution a été suivie par des manifestations de la part de la population, laquelle a dénoncé les dérives de la police et exigé que les auteurs soient interpellés par la justice. Lors desdites manifestations, la police a tiré à balles réelles, tuant un civil et en blessant six (6) autres. La DDH n’a pas été en mesure d’établir si des enquêtes ont été diligentées sur ces incidents.

Source : RAPPORT PUBLIC SUR LES VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME ET DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE DURANT LA PERIODE ELECTORALE – Juillet 2020 Juin 2021

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