Centrafrique : le voleur de toutes les aides extérieures Félix Moloua face à la lutte contre l’impunité

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LUTTE CONTRE L’IMPUNITÉ: CHARITÉ BIEN ORDONNÉE COMMANDE AU PREMIER MINISTRE FÉLIX MOLOUA DE COMMENCER PAR SA PROPRE MAISON DE L’ÉCONOMIE/PLAN
Par Damoclès DIRIWO
Comme son autorité de nomination, le premier ministre, chef du gouvernement, le statisticien démographe Félix Moloua, a dit être déterminé à mener une lutte sans merci contre l’impunité, la corruption, la prévarication, les malversations, pendant son passage à la tête du gouvernement. Il l’a dit la main sur le cœur et à grands coups de rhétorique le 1er avril dernier lors de la présentation et la défense de sa Déclaration de politique générale devant les députés à l’Assemblée nationale. Mais quand dire c’est faire !
LE MAÇON ATTENDU AU PIED DU MUR
Comme son autorité de nomination, il est à craindre que sa déclaration ne soit qu’un vœu pieux, une simple déclaration d’intention, car les prédateurs sont curieusement devenus légion dans le pays lorsqu’ils ont su que le nouveau président de la République s’appelle Faustin Archange Touadéra. Bizarre !
Plus de cent (100) millions détournés au niveau de la caisse principale de la direction générale du Trésor public entre 2017 et 2019, sans que la principale personne présumée auteur de ce crime économique ne soit jamais inquiétée: même pas une sanction administrative genre « suspension de fonctions et de solde pour x durée » ! Et tout porte à croire que la justice ne connaîtra jamais cette affaire tant que le pouvoir actuel sera entre les mains de qui on sait.
Prédations et malversations au ministère des Transports et de l’aviation civile sous le ministériat de Théodore Jousso alias Joue-seul qui avaient défrayé la chronique, on s’attendait à ce que le monsieur aille goûter aux délices de la Maison d’arrêt de Ngaragba dans la cellule DDP (détournement de deniers publics). Mais on a plutôt assisté à la prime à la prédation: l’exécutif centrafricain a présenté et soutenu la candidature de ce prisonnier en sursis au poste de Directeur général de l’ASECNA. Toute honte bue, véritable scandale ! Mais ce qui devait arriver arriva: il a échoué et a été battu à plate couture par le DG sortant qui était candidat à sa propre succession.
LE CAS Mme JACQUELINE MADOZEIN DE LA CAONF
Depuis sa nomination au poste de premier ministre, chef du gouvernement, tout le personnel du ministère de l’Economie, du plan et de la coopération internationale ainsi que les agents et cadres des projets, programmes et structures sous tutelle, attendent leur inamovible ministre devenu PM sur un dossier brûlant qui est sur toutes les lèvres, à savoir: le cas Mme Jacqueline Madozein, Coordonnatrice de la Cellule d’appui à l’Ordonnateur national du Fonds européen de développement-FED (CAONF), cellule logée au sein dudit ministère. Et pour cause: admise à faire valoir ses droits à la retraite depuis l’année 2019 par un arrêté ministériel, on ne sait par quel miracle cette femme dont la gestion calamiteuse de la CAONF est de notoriété publique, est maintenue à la tête de cette cellule, alors qu’elle traîne des casseroles.
En effet, c’est en 2017 que dame Madozein qui était à deux ans de sa retraite a été nommée Coordonnateur-Régisseur de la CAONF avec la responsabilité du budget de fonctionnement de cette cellule qui bénéficie d’une autonomie de gestion avec un Budget de fonctionnement de CINQ CENT TRENTE-SIX MILLIONS DE FRANCS (536 000 000) CFA jusqu’en 2020.
À la suite d’un audit demandé par la Délégation de l’Union européenne en Centrafrique, le Cabinet Mazars a procédé à une vérification des dépenses effectuées par dame Madozein sur la période de 2017 à 2020.
Le rapport de vérification des dépenses établi par les auditeurs sur les dépenses effectuées par dame Madozein est très alarmant et lourd pour le pauvre contribuable centrafricain. De sources généralement bien informées, les conclusions des auditeurs du cabinet Mazars révèlent un montant total de CENT SOIXANTE-DIX-HUIT MILLIONS SIX CENT CINQUANTE MILLE CINQ CENT QUARANTE-CINQ FRANCS (178 650 545) CFA que devra rembourser le contribuable centrafricain au Budget de l’Union européenne pour des dépenses jugées INÉLIGIBLES par les auditeurs, par la faute de Mme Madozein. Pourquoi M. Félix Moloua, alors ministre de l’Economie, du plan et de la coopération internationale, qui a nommé Mme Jacqueline Madozein à ce poste, refuse de la sanctionner? Serait-il son complice dans la commission de ce que d’aucuns qualifient de crime économique?
« Il y a anguille sous roche et cette affaire jette un discrédit sur l’actuel premier ministre, chef du gouvernement. Qui doit rembourser cette somme faramineuse à la place de dame Jacqueline Madozein qui a été ministre déléguée, directrice adjointe de cabinet à la primature? Son nom est déjà cité parmi les femmes ministres auteurs de délits financiers », rapporte une de nos sources.
D’ailleurs, les conclusions de cet audit révélé par un diplomate devraient être mis à la portée de n’importe quel contribuable centrafricain afin qu’il se rende compte de la manière dont sont utilisés les fonds qui sont censés contribuer à l’épanouissement de la population centrafricaine et au développement du pays. Et le ministre Fidèle Gouandjika avait raison de dire ceci dans ses live et écrits intitulés Secrets d’Etat: Les escrocs internationaux sont légion à Bangui: « Si je cite les membres du gouvernement actuel et certains députés de la nation, c’est tout le gouvernement qui va s’envoler en éclats.
Une petite dénonciation de ma part au Dialogue républicain inclusif et toutes les églises protestantes ont été mises à genoux suivi de la démission du président de la toute puissante AEC.
Le livre s’écrit de lui-même et dans la suite vous verrez les noms de tous et de toutes, car les ministres femmes sont aussi impliquées ». (cf. Médias Plus N°2767 du mardi 12 avril 2022, p.7).
N’ayant pas tiré les conséquences de sa mauvaise gestion, les informations qui nous sont parvenues à l’issue de nos investigations actuelles démontrent que cette dame use de tout son influence pour peser sur l’entité privée à qui a été désormais confiée la gestion du fonctionnement de la CAONF. Aujourd’hui, elle pèserait de tout son poids pour se débarrasser de toutes les personnes qui lui font ombrage et qui ne souhaitent pas la suivre dans ses magouilles antérieures lors de sa gestion lamentable de la CAONF.
MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, C’EST LE MOMENT DE JOINDRE L’ACTE Á LA PAROLE !
Actuellement, l’on est en droit de se demander ce que cette dame fait encore à la tête de la CAONF pendant qu’il y a de nombreux fonctionnaires de bonne moralité, dynamiques et ayant le sens du devoir et prêts à montrer ce dont ils sont capables, pour relever cette cellule qui, selon nos informations, risque d’être fermée par l’Union européenne, alors que la CAONF a formé de nombreux cadres centrafricains qui risquent d’être en chômage à cause de la cupidité de dame Madozein.
Il est reconnu des ministères techniques et des partenaires techniques et financiers que ces jeunes centrafricains sont des cadres et experts nationaux contractuels bien aguerris aux procédures de gestion et d’actions de développement de l’Union européenne et peuvent continuer à donner un nouveau souffle à la CAONF et à la coopération avec l’Union européenne sans l’onction de dame Madozein.
Au ministère de l’Economie, on appelle Mme Jacqueline Madozein « La vieille qui refuse de prendre sa retraite malgré sa mauvaise gestion à la CAONF » (sic).
La balle est donc dans le camp de Monsieur Félix Moloua, 1er ministre, ministre d’Etat chargé de l’Economie du plan et de la coopération internationale, responsable hiérarchique direct de dame Madozein, d’engager des poursuites judiciaires contre cette dame atypique qui n’a pas peur de s’amuser avec l’argent des partenaires internationaux mis à la disposition du peuple centrafricain, lequel peuple doit rembourser ce qui ne lui a pas profité à cause de dame Madozein.
Et bien entendu, nous espérons que le président Faustin Archange Touadéra qui n’a cessé de dire que la lutte contre l’impunité est la « COLONNE VERTÉBRALE DE SON ACTION POLITIQUE » et « UNE LIGNE ROUGE Á NE PAS FRANCHIR », va demander au premier ministre des explications sinon des comptes par rapport au dossier Mme Jacqueline Madozein de la CAONF.
Wait and see.
Damoclès Diriwo
Source: Médias Plus N°2769 du Jeudi 14 Avril 2022

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