Centrafrique : le « Petit Banziri » dans un jeu de poker menteur avec Touadéra, Moloua, Ndoba et Autres

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Comme le savent tous ceux qui savent jouer aux cartes, le Poker menteur est un jeu de dés fondé sur le bluff qui se joue à partir de 2 joueurs, mais qui trouve son piment à partir de 5 joueurs. Le joueur qui reçoit la main (receveur), doit l’accepter ou la refuser. S’il la refuse, il déclare « menteur » et découvre l’intégralité de la main. Si la main est supérieure ou égale à l’annonce, le receveur a perdu et prend 1 point. Si la main est plus faible que l’annonce, c’est le parieur qui prend 1 point. Ce jeu est apparenté à des jeux de dés d’origine sud-américaine : le Dudo et le Perudo dans une variante avec la main en commun. Le but est de ne pas perdre les manches en faisant monter les enchères à chaque tour. C’est un jeu d’enchères et de bluff, chaque manche se termine par un perdant (menteur) qui prend 1 point. Le premier joueur à atteindre 5 points est éliminé.

L’Affaire de l’Opération – contrôle des fonctionnaires et agents de l’état qui a démarré le 27 juin 2022 et qui a accouché de l’arrestation arbitraire du directeur de la solde, du directeur des systèmes informatiques et du chef de service de la production, ressemble fort étrangement à ce jeu. Dans ce jeu, le « Petit Banziri » de Djimassé passe pour le grand et gros menteur qui a déjà obtenu par rapport à tous les autres joueurs les cinq (5) points éliminatoires. Et pour cause ! Se croyant très intelligent et plus stratège que tous ses collaborateurs, l’homme a été l’auteur de plusieurs communications en conseil de cabinet afin de convaincre les uns et les autres, et d’obtenir l’autorisation préalable du gouvernement pour effectuer cette mission de contrôle physique. Cette décision lui aurait permis de signer un deal avec la société omano – libanaise dénommée « Al – Madina », adjudicataire par un contrat de gré à gré du marché de fourniture, de fabrication et de mise en vente des cartes nationales d’identité. Sur les frais d’établissement de ces CNI qui s’élèvent à 6.750 Fcfa, il aurait empoché d’importantes ristournes ou frais de rétrocommissions dont le taux de pourcentage reste à déterminer.

En outre, afin de prouver à sa très haute hiérarchie sa totale détermination à mettre terme aux nombreux dysfonctionnements et autres anomalies constatées, il a soumis une note explicative à la haute attention du premier ministre chef du gouvernement en date du 14 juillet 2022, pour solliciter le déclenchement de la procédure d’une enquête judiciaire contre certains cadres de l’administration. La validation de cette fameuse note par ce dernier et le ministre d’Etat à la justice a immédiatement engendré l’arrestation et la détention arbitraires et injustes à la Section des Recherches et Investigations de la Gendarmerie « SRI », le 27 juillet 2022, de deux cadres de l’ONI (Le Directeur des Systèmes Informatiques « DSI » et la Cheffe de Service de Production) et du Directeur de la Solde qui relève du ministère des Finances et du Budget

Il s’en suivi une véritable campagne de communications et de tapages médiatiques au cours desquels il est régulièrement publié des annonces intempestives et incohérentes sur la variation de l’effectif réel des fonctionnaires et agents de l’Etat et de la masse salariale, et ce, sans fondement crédible avec la promesse à la clé de réaliser une économie de plus d’un (1) milliard de Francs CFA pour le compte de la caisse de l’état, suite aux résultats à mi-parcours dudit contrôle qui aurait décelé 3000 fonctionnaires fictifs.

Mais, sous la pression des médias, des avocats des prévenus, de l’opinion nationale et de la Direction Générale de l’ONI demandant la production d’éléments irréfragables de preuves des anomalies décelées et incriminées et de la liste des 3000 fonctionnaires fictifs qui émargeraient régulièrement et mensuellement sur le budget de l’état selon les Bordereaux Généraux des Règlements « BGR », finalement un comité chargé de la correction des irrégularités relevées, conformément aux résultats du contrôle de la chaine de la paie a été créé par  arrêté interministériel n°407/22/MFB/DIRCAB, signé du ministre de la défense nationale et de la reconstruction de l’armée, du ministre des finances et du budget, et enfin du ministre de la fonction publique et de la réforme administrative.

Ce comité a pour principale mission : D’analyser les anomalies relevées par les contrôles du ministère de la fonction publique et de la réforme administrative ; corriger toutes les anomalies avérées ; valider le fichier définitif de la paie des fonctionnaires et agents de l’Etat à transmettre à l’ACCT  et produire un rapport avec recommandations. D’un montant total d’anomalies estimé à un (1) milliard de FCFA initialement annoncé avec grand fracas par le « Petit Banziri », on est fort curieusement descendu à un montant de 673.332.889 Fcfa d’anomalies entre les salaires de mai et juin 2022, mentionné par l’arrêté sus – mentionné, et ce, sur proposition du ministre chargé de la fonction publique et de la réforme administrative. Cependant, dans la foulée du séminaire gouvernemental, notre bonhomme publie, le 18 août 2022, un résultat partiel du contrôle physique des fonctionnaires et agents de l’Etat dans un tableau totalement incohérent et incongru dans lequel on peut lire douze (12) départements ministériels programmés et autres ministères sans pour autant les mentionner pour un effectif contrôlé total de 4 236 personnes. D’où vient donc l’histoire des 3000 fonctionnaires fictifs ?

D’après les informations préliminaires en provenance du comité, les anomalies recensées sont infimes et la liste des 3000 fonctionnaires n’a toujours pas été fournie. Du coup, les prévenus qui sont en détention et qui seraient placés sous mandat de dépôt, ne devaient pas se retrouver en prison. Fort de tout ce qui précède, le ministre poker menteur, notre « Petit Banziri » vient de totaliser les 5 points pour sa disqualification dans ce jeu qui met à nu la crédibilité du gouvernement et au-delà, celle de toute la République Centrafricaine. Que la conséquence de cette forfaiture commise par un « minus habens » et érigée depuis en forfaiture d’état, soit tirée très rapidement, soit par le ministre menteur lui-même en rendant sa lettre de démission au premier ministre ou par le président de la République Faustin Archange Touadéra. Ce ne sera que Justice.

Dans tous les cas, ce serpent mourra de son propre venin pour avoir grossièrement menti à tout le peuple centrafricain et arrêté injustement des chefs de famille.

Affaire à suivre….. !!!!

La Rédaction

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