Centrafrique : L’appel du vaillant général Ngaïfé sera-t-il entendu comme celui du général De Gaulle le 18 juin 1940?

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Il faut tout d’abord saluer la sortie médiatique du général Ngaïfé qui entend assumer ses responsabilités de soldat avant tout dans le célèbre mot d’ordre « Vaincre ou mourir ». Ensuite, on apprécie son appel désormais adressé à ses frères d’armes pour une prise de conscience, plus déterminé encore pour un changement radical de la situation. On doit féliciter un tel courage.
Cependant, je m’étonne de voir qu’à l’issue d’un tel appel, personne du rang des officiers généraux, officiers supérieurs ou hommes de troupes n’ait emboîté les pas à Ngaïfé, marquant aussi bien une solidarité de frères d’armes qu’une ferme volonté de se lever pour mener le même et seul combat, celui de libérer le peuple et mettre fin à sa souffrance. Sous d’autres cieux, on aurait déjà remarqué un mouvement général, un rassemblement au « QG » des militaires de tous bords et qui n’attendent que le feu vert soit allumé pour agir. Le silence des collègues d’armes du général Ngaïfé est incompréhensible et assourdissant, d’autant plus que ce faisant, ceci risque de fragiliser la démarche de notre cher vaillant général, d’une part, en le livrant à la vindicte des mafieux installés depuis quatre ans à la tête du pays et de démontrer que la nation ne saurait compter sur son armée en temps de crise, d’autre part.
Et l’opinion s’interroge. Est-ce parce que Touadéra, sentant le vent violent qui risque à terme de l’emporter, lui et son pouvoir, dans les abîmes de l’histoire, qu’il ait pensé opportun de procéder à des élévations de grades tous azimuts au sein des FACA, que ceux-là qui viennent d’être ainsi promus à divers grades aient finalement jugé inutile de se retourner contre celui dans les mains duquel ils vont encore mieux manger? Sommes-nous face à une armée nation ou face à un bataillon de soldats acquis à la cause et pour le compte d’un régime? Est-ce que notre armée, les fameuses FACA, ne serait-elle pas tout simplement une corporation d’individus soucieux avant tout de préserver leurs intérêts catégoriels dans le temps et dans l’espace, s’accommodant avec honte de tous les pouvoirs politiques qui ont gouverné le pays depuis l’ère Bokassa?
En vérité, et l’on sait qu’aujourd’hui, bons nombres de nos généraux issus des prestigieuses académies militaires internationales, n’ont plus la tête à servir l’institution dite la « Grande Muette » qui leur a tout donné faisant d’eux ce qu’ils sont advenus; certains encore tels de figurants du théâtre arborent encore les étoiles et autres galons lors de cérémonies officielles, mais en réalité, ils préfèrent passer tous leurs loisirs dans leurs champs ou fermes agropastorales, loin des turpitudes de la vie de nos concitoyens ; d’autres enfin ont préféré troquer leurs treillis, étoiles et galons contre des costumes d’hommes d’affaires véreux, devenant, par la force des choses, opérateurs économiques, fournisseurs de l’Etat et ingénieurs en bâtiments et travaux publics qui raflent tous les marchés publics civils et militaires, par la méthode de contrat de gré à gré, à la barbe de vrais entrepreneurs reconnus, et ce, avec la complicité du régime mafieux de Bangui avec lequel ils partagent les rétrocommissions. C’est aussi cela, l’autre face désormais visible de nos chers officiers supérieurs des FACA.
Mais ils doivent désormais savoir, nos chers soldats, et l’histoire contemporaine nous le montre, que sans eux et malgré leur puissance de feu, de braves populations civiles à travers le monde sont venues, à mains nues et avec détermination, à bout des régimes dictatoriaux et mettre fin à des systèmes mafieux de gouvernance tels que celui que nous connaissons aujourd’hui en Centrafrique. Le printemps centrafricain se pointe à l’horizon et nul ne saura l’arrêter.
Les voleurs et autres criminels reconnus coupables sont récompensés et maintenus au pouvoir tandis que les intellectuels, leaders d’opinions et autres défenseurs des droits fondamentaux sont  contraints à l’exil et embastillés sur instruction et bénédiction du chef suprême des armées. La majorité de nos députés, soucieux de garantir leur survie, monnaient leur voix en validant les simulacres de votes à l’assemblée nationale pendant que dans nos régions et leurs circonscriptions, les feux  des groupes armés, partenaires privilégiés du régime mafieux de Bangui, continuent d’embraser nos villes et villages, poussant encore plus les populations vers un exode interne et externe de plus en plus insupportable.
Par conséquent, J’ACCUSE. J’accuse nos officiers de connivence avec le régime sur le dos du peuple centrafricain; j’accuse nos FACA de vouloir trahir la nation en danger; j’accuse ces militaires qui détournent leurs regards des cadavres en pleine décomposition des centrafricains; j’accuse ces soldats qui déshonorent la nation et qui perçoivent honteusement les salaires et pensions dus par le sacrifice du peuple.
Alors, l’appel du vaillant général Ngaïfé sera-t-il entendu tel celui d’un certain général De Gaulle le 18 juin 1940? La situation dans laquelle le régime mafieux de Bangui a plongé toute la République, après la signature de l’Accord de Paix de Khartoum avec les 14 groupes armés et leurs mercenaires, n’est – elle pas aussi comparable à l’armistice du 22 juin 1940 signé en forêt de Compiègne entre le représentant du Troisième Reich allemand et celui du gouvernement du maréchal Pétain ? Comme tel, l’heure n’est – elle pas déjà venue pour le ralliement de tous les hommes de tenue, les retraités et les valeureux et dignes fils et filles de ce qui reste encore du pays de B. Boganda pour engager la résistance sur tous les fronts, dans nos villages, nos communes, nos sous – préfectures et nos préfectures sous contrôle des envahisseurs et des conquistadores venant de toutes parts, afin de faire tomber cette muraille de l’oppression, de la tyrannie et de l’esclavagisme, soigneusement érigée autour du peuple centrafricain et de la patrie ?
En attendant de voir se lever ces vaillants soldats des FACA  pour  répondre à l’appel patriotique, courageux et héroïque de leur général Ngaïfé et sauver la Patrie en danger : Mes devoirs, mon général…
Un Centrafricain ayant requis l’anonymat
La rédaction

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