Centrafrique : la communauté internationale doit prendre des sanctions « coordonnées et ciblées » contre le Criminel Touadéra et les siens comme en Birmanie

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Birmanie : la junte «menacée dans son existence», des sanctions «coordonnées et ciblées» nécessaires

L’armée au pouvoir en Birmanie est «menacée dans son existence» mais la communauté internationale doit mettre en œuvre des sanctions coordonnées pour lui donner le coup de grâce, estime mercredi un expert de l’ONU. Les pertes massives parmi les forces de la junte, ainsi que les défections, les redditions et les difficultés de recrutement ont conduit à une diminution des effectifs et font que l’armée birmane «est menacée dans son existence», estime Tom Andrews, le rapporteur spécial de l’ONU en charge des droits humains en Birmanie.

«Ceux qui ont parié sur la junte pour rétablir l’ordre et la stabilité en Birmanie ont parié sur le mauvais cheval», ajoute Tom Andrews. La junte est arrivée au pouvoir en février 2021 par un coup d’État qui a chassé le gouvernement démocratiquement élu d’Aung San Suu Kyi, mettant fin à une parenthèse de 10 ans d’expérience de démocratie et plongeant le pays dans la violence. Outre les militants pro-démocratie, la junte combat également plusieurs groupes armés ethniques.

Etouffer la junte financièrement

Pour ce qui est des sanctions – les restrictions aux exportations de matériels à usage militaire mais aussi les flux financiers -, Tom Andrews estime qu’elles «perturbent les opérations» de la junte. Il cite notamment en exemple Singapour, où les autorités se sont attaquées aux ventes de matériels à usage militaire. Ainsi les transferts de ce type de matériels «par les entités basées à Singapour ont chuté de 83% en 2023», a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Genève. Mais il souligne que ce n’est pas le cas pour la Russie et la Chine, respectivement premier et deuxième pourvoyeurs d’armes de la junte. Toutefois, il juge qu’il est possible de faire plus pour étouffer la junte financièrement.

«Nous devons procéder à un changement fondamental dans la manière dont nous appliquons les sanctions. Nous devons le faire de manière coordonnée et ciblée», a insisté le rapporteur, qui est mandaté par le Conseil des droits de l’homme et ne parle pas au nom de l’ONU. Pour y aider, il enquête sur les relations bancaires et financières entre la junte et le reste du monde et espère publier son rapport sur le sujet encore cette année. Tom Andrews a aussi regretté le peu d’intérêt que suscite le sort de la Birmanie dans le monde, focalisé sur d’autres conflits. «La junte est comme les champignons, elle pousse dans l’obscurité», a-t-il lancé. «En tant que communauté internationale, nous devons faire beaucoup plus pour soutenir les gens dans le pays et si nous le faisons, nous pourrions être tout proche de mettre fin à ce cauchemar».

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