Mali : « Niafunké » : De l’amateurisme à l’imposture : quand le boniment s’use !

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URGENT- Niafunké De l’amateurisme à l’imposture : quand le boniment s’use

Le camp militaire de Niafounké, situé à 250km au sud-ouest de Tombouctou, essuyait une attaque diurne, le vendredi 24 novembre, par le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (Gsim), la principale coalition jihadiste dans le Sahel. Aussitôt, les Forces armées maliennes (Fama) et quelques comptes de publication affiliés minimisent l’ampleur des affrontements et s’en tenaient à la thèse d’un pilonnage d’artillerie, d’à peine 20 minutes et de loin. Hélas, à la lecture des communiqués du Gsim, qu’illustrent des vidéos et des images du théâtre des opérations, la réalité contraire se dessine. Le butin exhibé et les destructions d’équipements témoignent, plutôt, d’une cuisante défaite, d’autant que la base de Niafounké constituait le verrou de Tombouctou et semblait hors de portée de l’ennemi. Elle abritait deux compagnies, soit environ 400 soldats, sans compter les éléments de la milice russe Wagner. Des blindés incendiés, des véhicules 4X4 et des drones de combat emportés, des cadavres gisant au sol, ici s’élargit la faille du narratif officiel, selon lequel les envahisseurs furent « repoussés ».

Cependant, les documents de propagande terroriste n’exposent, des victimes éparpillées sur le vaste champ de bataille, que les dépouilles de membres des troupes régulières. Les assaillants prennent le contrôle du site, pendant plusieurs heures, avant de se replier (en rase campagne), après l’avoir détruit, conformément à la tactique constante du Gsim. Côté loyaliste, le bilan des pertes humaines s’établissait, au terme du raid, à 53. Le lendemain, il atteignait 72 morts et 51 blessés, dont une quinzaine d’auxiliaires russes. L’envergure du carnage pouvait entretenir les supputations et les démentis, si les agresseurs n’avaient publié la preuve manifeste de l’exploit. Bien évidemment, les jihadistes se gardent de communiquer le nombre de leurs tués, à l’exception de « Daouda l’autochtone » (Ansari en Arabe) », célébré en sa qualité de martyr, auteur d’une opération kamikaze, dès le début de l’échange de tirs. Simultanément, afin d’empêcher la mobilité d’éventuels renforts, le Gsim pilonnait, au mortier 120 mm, la position voisine, à Goundam. Ainsi dissuadée, la garnison se tint à l’abri des hostilités.

Quant à la population civile de Niafounké, elle ne tarda, dès les premières détonations, à fuir vers les localités alentour. La tuerie du 24 novembre 2023 intervient peu de temps après le retrait des casques bleus et la reprise de Kidal, désertée par la rébellion touarègue du Cadre stratégique de concertation (Csp). L’on s’en souvient, l’entrée des mercenaires russes suivis des Fama dans la ville, à la suite d’une coûteuse expédition venue de Gao, provoqua un grand émoi au Mali : le drapeau de Wagner, hissé sur mât, témoignait de la sujétion tacite du pouvoir de Bamako, à une société de mercenaires, désormais sous contrôle du Kremlin. Les amateurs d’histoire militaire et de stratégie se rappelleront les leçons de la guerre d’Afghanistan.

D’effectifs et d’armement bien inférieurs aux moyens de l’adversaire, les Moujahidines se libéreraient de l’Union soviétique, en février 1989. Ils accéléraient alors la désagrégation de « l’Empire éclaté », pour reprendre le titre prémonitoire de Helène Carrère d’Encausse. En dépit de sa machine de désinformation, de ses services de renseignement et du statut de puissance que l’arme nucléaire lui conférait, la révolution bolchevique consumait ses ultimes munitions. Elle ne n’y survécut. En août 2021, la coalition occidentale autour des Etats unis d’Amérique et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (Otan) quittait Kaboul et concédait la victoire définitive aux Talibans.

Depuis, le pays sombre dans la misère, la brutalité et la misogynie.

ⴰⴱⴷⴰⵍⴰ
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