Dossier des militaires – retraités : détournement de plus de 70 millions de FCFA par le Trésor

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Il y a aujourd’hui deux jours, plusieurs centaines de militaires retraités ont barricadé l’avenue de l’indépendance, depuis la devanture de l’assemblée nationale jusqu’à la sortie du camp Fidèle Obrou.

Par cette manifestation qui a duré plus de deux heures de temps, ces responsables de familles voulaient tout simplement attirer l’attention des plus hautes autorités de la République et du ministère de la défense nationale, d’une part, et celle des différents partenaires au développement, notamment les Etats – Unis, d’autre part, sur la tenue de leurs promesses relatives au versement de leurs droits.

Malgré l’arrivée de quelques soldats onusiens et des forces de défense et de sécurité intérieure dépêchés sur les lieux, les manifestants sont restés calmes, jusqu’à ce qu’ils aient obtenu une promesse rassurante. En effet, faisant suite à des coups de fil entre le 1er Vice – président de l’assemblée et Mme Koyara, il leur a été demandé de revenir le mercredi 19 août 2018, pour le début du paiement de leurs dus. Sur ce, à la demande de leurs représentants, tous se sont dispersés dans le calme.

Aux dernières nouvelles, un communiqué vient d’être rendu public ce jour mardi 18 août 2018 à 13 heures sur les ondes de la radio nationale demandant à leurs délégués de se présenter au cabinet du ministre de la défense et de la reconstruction de l’armée pour les dispositions pratiques relatives aux modalités de règlement de ces droits. Une bonne nouvelle, donc.

Cependant, selon des sources très proches de ces militaires, ce n’est qu’une première partie de la bataille entre eux le ministère qui tend vers une paix de braves. Il en restera une autre, plus difficile. La première phase de cette deuxième bataille qui va démarrer dans les heures qui suivront la publication de cet article concerne la minoration et la majoration des montants à percevoir par les uns et les autres, et ce, dans le cadre du paiement de droits leur ayant été dus. Des  voix se sont déjà élevées au lendemain de l’affichage de la liste et de ces montants pour contester la méthode ayant conduit à leur décompte, mais aucune solution ne leur a été fort étonnement proposée jusqu’à ce jour.

La deuxième phase de cette deuxième bataille porte sur l’affaire du détournement de la somme de plus de 70 millions de Francs CFA par le Trésor Public. C’est la somme totale des salaires de ceux d’entre eux qui, jusqu’à leur départ à la retraite, n’ont pas perçu leur solde des mois d’août 2000 à décembre 2000, soit cinq (5) mois, d’un côté, et des mois de janvier 2001 à juin 2001, soit (6) mois, de l’autre. Ce montant correspond à onze (11) mois pour les numéraires et treize (13) pour ceux dont les salaires étaient logés dans les livres – journaux de l’UBAC, actuelle CBCA.

A ce sujet, il a été rapporté à la rédaction du journal en ligne « La Voix des Sans – Voix » que par une note en date du 23 octobre 2008, le conseiller militaire du chef de l’Etat avait saisi le directeur général du trésor d’une demande accompagnée de la liste des bénéficiaires des salaires ci – dessus mentionnés et leur matricule, aux fins de rechercher et retrouver dans les livres journaux de la comptabilité leurs bons de caisse. Cette lettre malheureusement est restée sans suite jusqu’à ce qu’ils eussent été admis à faire valoir leurs droits à la retraite anticipée.

Alors deux questions se posent : d’abord, celle de savoir pour quelles raisons, le ministère des finances et du budget et notamment la direction générale du trésor public n’ont pas réussi à retrouver ces bons de caisse et n’ont pas pu tenir informé le conseiller militaire du chef de l’Etat de la suite à réserver à sa note ; ensuite, comment le ministère de la défense nationale et plus particulièrement sa direction générale du budget, la direction de la solde y comprise, n’ont pas pu aussi être en mesure d’en dire un peu plus sur ce qui est advenu de tous ces bons de caisses qui ne pouvaient s’évaporer de leurs différents services.

En réponse à ces interrogations, selon ces militaires retraités, eux – mêmes, qui avaient été obligés de trouver refuge à l’extérieur du pays, suite au coup d’état manqué du 28 mai 2001, et qui étaient autorisés conformément aux dispositions de la loi d’amnistie, la responsabilité de cet acte de détournement incomberait à leurs billetaires et aux délégués de solde avec la complicité active de leurs collègues contrôleurs du trésor.

De ce qui précède, il est facile d’identifier ceux qui assumaient ces fonctions à l’époque pour en savoir davantage et situer les responsabilités. Pourquoi le ministère des finances et du budget ne peut – il pas  mener des investigations sur cette affaire ? Que fait alors justement ces inspecteurs des finances ou les inspecteurs d’état qui perçoivent mensuellement des salaires mirobolants ? Sont – ils payés en fait à ne rien faire ? Telles sont de pertinentes questions qui valent la peine d’être posées et dont les réponses conditionneront la résolution définitive de cet épineux dossier des militaires retraités.

Sinon, comme eux – mêmes n’ont jamais cessé de le clamer haut et fort, il y aura une deuxième partie de cette bataille entre eux et le ministère de la défense nationale et de la reconstruction de l’armée. Et le ministère des finances et du budget.

Affaire à suivre….. !

Jean – Paul Naïba

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