Centrafrique : scènes de soumission ordinaire a bambari

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A-T-ON  DÉJÀ  ACTE  LA PRISE  DU POUVOIR  PAR  LES GROUPES POLITICO-MILITAIRES ?

Scène incroyable et insupportable ! Elle nous a été rapportée par un de nos contacts au sein de la MINUSCA à BAMBARI.

Après les derniers incidents tragiques survenus dans la ville, une réunion est organisée par la MINUSCA à la demande du gouvernement. Un ministre arrive sur place bien avant les chefs rebelles, qui se font attendre. Ils débarquent une heure plus tard, armés de Kalachnikovs. A ce moment-là, le ministre et les officiers qui l’accompagnent se lèvent, leur adressent un salut militaire et cèdent leurs places !

Cette scène détestable est le résultat de l’impuissance du gouvernement face aux groupes politico-militaires. En agissant comme ils l’ont fait, le ministre et les officiers leur ont, de facto, accordé une certaine légitimité. En outre, le président Touadera, les Français et les Russes donnent l’impression de traiter en catimini, matin, midi et soir, avec les séditieux. Pour les puissances étrangères, Touadera semble être devenu un boulet dont il faut se débarrasser. Les instrumentalisations et les manipulations battent leur plein. Les conciliabules bicéphales franco-russes ne sont que des manœuvres grossières visant le président démocratiquement élu d’un pays souverain.

Aux yeux des rebelles, le comportement adopté lors de la réunion par le ministre, représentant de l’Etat, s’apparente, purement et simplement, à une capitulation, voire à une soumission. Les groupes politico-militaires se comportent ouvertement comme s’ils étaient déjà au pouvoir.

A  QUELLES  MANIGANCES  SE LIVRENT  LES PUISSANCES ETRANGERES  EN  CENTRAFRIQUE ?

La République Centrafricaine semble, plus que jamais, livrée aux appétits des puissances étrangères. Français, Russes et Américains – les Chinois se tenant en embuscade – ont engagé une guerre d’influence qui n’est un secret pour personne.

Attaquée dans son pré carré, l’ex-puissance coloniale a adopté une posture défensive face à une Fédération de Russie extrêmement offensive et entreprenante. Au centre, le président Touadera et son gouvernement semblent dépassés par les manœuvres déstabilisatrices des deux forces en présence. Les Russes consultent les groupes politico-militaires sans forcément en informer au préalable les autorités centrafricaines. On en vient à se demander avec inquiétude qui prend les initiatives et détient la réalité du pouvoir à Bangui. La réunion de Khartoum initiée par les Russes, à laquelle ne participaient que les chefs de guerre des bandes armées est là pour en témoigner. Le président Touadera donne l’impression d’être sous influence russe, voire pris en otage par les Soviétiques. Le conseiller en sécurité que Poutine a nommé auprès de lui apparaît ainsi comme le vrai maître de Bangui.

Les Centrafricains avaient applaudi le retour des Russes à Bangui, espérant qu’ils allaient aider les Forces Centrafricaines à mettre fin aux atrocités commises par les rebelles et à leur mainmise sur les trois-quarts du pays.

Apparemment, les Soviétiques ont opté pour une tout autre stratégie : négocier avec les groupes politico-militaires, en laissant quelque peu de côté les autorités légitimes. Quand on consulte la synthèse des revendications des groupes politico-militaires, on est amené à penser qu’ils peuvent compter sur le soutien des Russes et des Français, qui pensent que les jours de Touadera sont comptés.

Le président Emmanuel Macron à toujours considéré son homologue centrafricain comme incapable de ramener la paix dans son pays.

Ce dernier donne malheureusement l’impression de ne pas faire ce qu’il faudrait pour affirmer suffisamment son autorité. Le Premier ministre, dont l’incompétence avérée est dénoncée par de nombreux Centrafricains qui réclament son départ, est toujours en place. Des chefs rebelles nommés conseillers à la Présidence et ministres au gouvernement, informent leurs troupes en temps réel. Ainsi, les groupes politico- militaires peuvent-ils anticiper les initiatives politiques et sécuritaires du gouvernement. On en arrive à constater que les séditieux partagent déjà officieusement le pouvoir avec le gouvernement légitime.

Dans ces conditions, on ne voit pas comment le Président Touadera pourrait engager et conduire sereinement des négociations de paix. Le terrain est miné. Confortés par le comportement ambigu des puissances étrangères, les groupes politico-militaires vont de plus en plus se livrer à des surenchères, à tenter d’imposer leurs revendications, dont les plus emblématiques sont l’impunité et l’amnistie générale.

Ces exigences sont totalement inacceptables pour les Centrafricains. Les Russes sont venus pour aider les FACAS à affronter militairement les rebelles. Ils doivent donc mettre à exécution leur promesse et passer à l’action. Il faut changer de paradigme stratégique. Le temps des négociations est révolu.

 

JOSEPH AKOUISSONNE DE KITIKI  ET LOAWE A BANG8UI

ANI

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