CENTRAFRIQUE: LE PRÉSIDENT TOUADÉRA ENCORE PRIS EN FLAGRANT DÉLIT DE VIOLATION DE LA CONSTITUTION

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On ne compte plus le nombre de fois que le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a violé la constitution du 30 mars 2016, la loi fondamentale du pays sur laquelle il avait pourtant prêté serment el 30 mars 2016 avant d’entrer en fonction. Il avait, la main sur le cœur et l’autre sur la constitution, pris solennellement l’engagement de respecter la constitution et de veiller à son respect, de ne rien faire qui aille contre la constitution, et il n’ignore pas les conséquences d’une violation de la constitution. Malheureusement, il n’a pas respecté son serment au point de paraître, moins de trois ans d’exercice du pouvoir, comme celui qui a battu le record historique national en matière de violation de la loi fondamentale.
On peut évoquer le cas des nominations à des postes de responsabilité supérieure de l’Etat entachées d’irrégularités manifestes:
-cas des préfets, sous-préfets et des départements ministériels où des sans niveau, des bras-cassés, des retraités et hors-statut sont légion, en violation de la loi portant Statut général de la Fonction publique et de la Loi des finances;
-cas des nominations de deux personnes à la charge de Notaire dont les deux décrets de nomination n’ont pas été contresignés par le ministre de la Justice et le Premier ministre, chef du gouvernement;
-cas de nominations, en septembre 2017, des chefs et combattants rebelles comme membres du gouvernement et des cabinets de la Présidence de la République et de la Primature, en violation des dispositions de l’article 28 de la constitution;
pour ne citer que ceux-ci.
Concernant la formation du gouvernement dit inclusif selon l’esprit et la lettre de l’Accord de Khartoum, il aurait fallu que le président Touadéra et son Premier ministre obtiennent d’abord l’accord de l’Assemblée nationale pour modifier les dispositions de l’article 28 de la constitution du 30 mars 2019 avant de nommer des bandits dans le gouvernement, si Touadéra avait un brin de respect pour la constitution. Au lieu de cela et fidèle aux enseignements de son maître Bozizé, il a commis les mêmes bêtises du 12 septembre 2017 en nommant des bandits dans le gouvernement, le 03 mars 2019. Ça lui coûtait quoi d’obtenir par la voie parlementaire la modification de ces dispositions de la constitution avant de nommer « ses » bandits là où il voulait? En ne respectant plus la constitution, en quoi Touadéra est-il différent des rebelles et mercenaires qui n’ont cure des lois et règlements de la République?
Ces rebelles et mercenaires risquent un jour de l’accuser de violation de la constitution, des recommandations du Forum national de Bangui et du fameux accord de Khartoum, et trouver prétexte pour le chasser du pouvoir, comme ils l’ont fait à Bozizé en début 2013, juste après la signature d’un accord similaire, à Libreville au Gabon.
Des intellectuels et patriotes centrafricains ont fait le constat de cette énième violation de la constitution par Touadéra et interpellent ce dernier afin qu’il cesse de se comporter en rebelle, c’est-à-dire en hors-la-loi. Car si le président de la République à qui incombe la responsabilité première de veiller au respect des lois et règlements de la République ne le fait pas, qu’est-ce qu’il aura à reprocher aux rebelles? Si Touadéra lui-même se comporte en rebelle à travers les actes récurrents de violation de la constitution qu’il pose, qui le soutiendra face aux rebelles? N’a-t-il pas tiré les enseignements de ce qui était arrivé à Bozizé après l’Accord de Libreville de janvier 2013?
Si Touadéra ne se rectifie pas, s’il reste indifférent à tout ce que les bonnes têtes qui aiment son pays lui font comme observations et suggestions relatives à la gestion de l’Etat, c’est qu’il ne veut plus du pouvoir. Mais qu’il sache qu’il y a des gens qui veulent le pouvoir pour aider sincèrement leur pays dans le respect des lois et règlements de la République.
Pour mémoire et afin que nul n’en ignore, voici publié in extenso la démonstration faite par les libres penseurs et patriotes centrafricains sur l’inconstitutionnalité de l’Accord de Khartoum que l’Exécutif semble ne pas percevoir depuis sa publication.
Damoclès Diriwo

Source: MEDIAS+ N°2098 du Jeudi 14 mars 2019

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