Bambari : l’Association ASD – Ouaka exige le retrait des armes et la restauration de l’autorité de l’Etat

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« Actions pour la solidarité et le développement de la Ouaka » (ASD Ouaka) vient d’organiser une journée de réflexion en vue de sortie de crise dans cette province au centre-est du pays et ses environs meurtris et pratiquement abandonnés.

Pour l’occasion, l’association ASD-Ouaka composée pour l’essentiel de ressortissants de cette province, et dont beaucoup des membres sont d’éminentes personnalités ayant servi ce pays ou hommes d’affaires, a rassemblé, le samedi dernier, des dizaines d’éminences grises et bonnes volontés, à l’hémicycle des Affaires étrangères.

La préfecture est depuis plusieurs années plongées dans la violence, les groupes armés non seulement s’en prennent aux populations civiles mais encore, s’attaquent aux forces armées nationales et internationales. Comme illustration et par pure coïncidence, Mme Rachel Ngakola, présidente de l’ASD-Ouaka, informe l’assistance de l’assassinat la veille de cette rencontre du vicaire général de l’Evêché de l’église catholique de Bambari suite à un braquage perpétré par des groupes armés.

La réflexion entamée par l’exécution de l’hymne national visait à « poser un diagnostic sans complaisance des causes profondes de ce qui est appelée « crise » qui ronge la préfecture de la Ouaka et au-delà d’une part, et d’autre part, à poser la thérapie la plus appropriée pour guérir cette maladie qui perdure », a déclaré la présidente d’ASD-Ouaka dans son mot de bienvenue. En fin de compte, elle a été « intense, pleine d’émotions mais aussi d’âpre travail… » Se terminant sur une note de satisfaction, « d’autant que le résultat que nous avons, sous les yeux, incite à croire à une prise réelle de conscience par les filles et fils de la République centrafricaine, notre pays, des causes profondes de la persistance de la crise qui secoue notre région», s’est félicitée Mme Rachel Ngakola, à la clôture de la journée en fin d’après-midi.

La réflexion a permis de répertorier et d’analyser les causes, autour de la thématique sur la sécurité dans la zone, en dégageant les plus pertinentes qui se caractérisent par leur récurrence, leur cruauté, leur perversité, etc. Ces causes, a retenu l’assemblée, créent l’absence de l’Etat, détournent du développement économique, humain et social, entraînent le pillage inouï et bloquent délibérément la cohésion sociale et le vivre ensemble, naguère indispensables à toute vie dans la préfecture et ses environs.

« Disons-le net : la préfecture de la Ouaka et ses environs semblent être voués à une disparition tragique, tant des forces occultes se la disputent, tandis que ne se lève, nulle part, une force organisée pour contrer cette situation inacceptable », a déclaré Mme Ngakola. Cependant face à ce « désastre » et au regard du travail abattu à travers cette journée de réflexion, la présidente de l’association ASD-Ouaka croit en la naissance d’une lueur d’espoir, « d’où viendra la force qui nous réunirait tous, filles et fils de la préfecture de la Ouaka et ses environs, pour lutter farouchement contre les forces négatives qui cherchent à nous détruire.» Tâche que chacun du tout devra s’approprier pour la construction d’un avenir des enfants de la termitière et de la patrie.

Des propositions de solutions et recommandations ont été dégagées et mises à la disposition de la direction de l’association pour concrétiser cet engagement qui doit déboucher sur une démarche de plaidoyer. Un plaidoyer très fort afin « que soient retirées totalement les armes de notre terroir, que la sécurité soit assurée par nos forces de défense et de sécurité intérieures, que la gouvernance soit strictement observée, que la justice soit appliquée avec doigtée, que notre jeunesse soit éduquée, formée et employée », a déclaré dans sa conclusion la présidente de l’association.

Il en reste l’exhortation à l’endroit d’ASD-Ouaka et autres bonnes volontés à entreprendre les démarches nécessaires pour faire aboutir les recommandations vers qui de droit.

Rappelons que la préfecture de la Ouaka en général, et la ville de Bambari (chef-lieu) en particulier, sont devenues l’épicentre d’un conflit armé depuis plusieurs années et qui perdure, entrainant de nombreuses pertes en vies humaines, des destructions des biens publics et privés, le pillage organisé des ressources naturelles du pays. Ce malgré le passage dans le chef-lieu de hautes personnalités internationales et l’élan de pacification pris il y a plus d’un an.

Askin B.

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