ACCUSATIONS REPETEES D’EXACTIONS AU MALI  : Comment crever l’abcès ?

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ACCUSATIONS REPETEES D’EXACTIONS AU MALI  : Comment crever l’abcès ?

ACCUSATIONS REPETEES D’EXACTIONS AU MALI  : Comment crever l’abcès ?

Après les accusations de violences sexuelles et viols, pillages et exactions de toutes sortes contre les populations, l’armée malienne et ses supplétifs russes du Groupe Wagner ainsi que les chasseurs traditionnels dozos, sont de nouveau pointés du doigt. Ils auraient, cette fois-ci, commis des violations des droits humains à Gouni dans la région de Mopti en massacrant, au moins, 35 civils, lors d’une opération menée le 18 septembre dernier. Au moment où nous tracions ces lignes, les autorités militaires maliennes n’avaient pas encore réagi à ces accusations mais l’on devine déjà leur réponse : un rejet systématique ! Comme dans un jeu de dupes, des témoignages de victimes sont rapportés par ceux qui portent les accusations. En face, du côté de  Bamako, le schéma de la réponse semble être du copier-coller : la réfutation et la négation!  Dans une telle configuration, il appartient à des enquêtes indépendantes de situer les responsabilités et de tirer les choses au clair. Malheureusement, là aussi, il serait plus facile de demander à un chameau de passer par le trou d’une aiguille que de voir Bamako et ses accusateurs s’entendre sur la démarche et les résultats d’une enquête indépendante, comme si chaque partie avait quelque chose à cacher. En effet, quelles que soient les enquêtes, elles sont et seront nulles et de nul effet parce que la confiance entre les différentes parties est suffisamment entamée. Alors, la question qui se pose est celle de savoir comment voir clair dans ces accusations graves et chroniques portées contre les FAMa, leurs alliés russes et les chasseurs dozos. Autrement dit comment crever l’abcès ?

 

Chacun y gagnerait en œuvrant  à une manifestation totale de la vérité

 Quoi qu’il en soit, il y va de l’intérêt de tous les acteurs d’œuvrer à ce que la lumière soit faite dans cette litanie d’accusations d’exactions, de violences sexuelles et de pillages dans cette guerre contre le terrorisme au Mali.  Le premier acteur concerné reste bien entendu les forces armées maliennes et les autorités de Bamako à qui incombe, avant tout, la responsabilité politique et morale des accusations. L’adage dit qu’il n’y a pas de guerre propre mais cela ne saurait justifier des agissements criminels d’une armée dont la vocation première est de défendre et de protéger la population. Tous les spécialistes le disent, la flambée des violences terroristes dans les pays du Sahel, s’explique, en partie, par les exactions des armées sur les populations. Autrement dit, des populations se sont insurgées contre des armées parce qu’elles ont été victimes d’exactions de la part de soldats. C’est dire s’il est du devoir de l’armée malienne de montrer que ces accusations répétées ne sont que des allégations. Et si d’aventure, ces accusations sont fondées, elle doit actionner la loi qui prévoit des mécanismes de répression. Se taire équivaudrait presque, à un aveu de culpabilité qui pourrait pousser davantage la population victime dans les bras des groupes terroristes. Le second acteur est la partie accusatrice, notamment la population qui témoigne des exactions, et les ONG et Etats qui mettent en cause les FAMa et leurs supplétifs. Si les accusations ne sont pas bien documentées et étayées par des preuves solides et irréfutables, cela donnera sans doute l’impression d’un acharnement suspect contre le Mali dont on sait les inimitiés avec de nombreux pays occidentaux dont la France principalement. A ce propos, il est quand même curieux de noter cette coïncidence entre le départ de Barkane du théâtre malien et la floraison des accusations d’atteintes aux droits humains portées contre l’armée malienne et ses supplétifs, notamment le Groupe Wagner.  Ces accusations ne sont-elles pas une manière, pour l’ancienne puissance colonisatrice, de délégitimer le pouvoir malien et son nouveau partenaire qu’est la Russie ? Ne sont-elles pas une façon de pousser les populations maliennes, confrontées aux violences terroristes, à se soulever contre les FAMa, ses alliés et le pouvoir d’Assimi Goïta? Toujours est-il que cela n’augure rien de bon pour une coopération saine en vue de ramener la paix sur les rives du fleuve Djoliba. Au contraire, cette situation ne fait qu’exacerber les positions d’une opinion malienne révoltée, à juste titre, contre une communauté internationale dont les résultats dans la lutte contre le terrorisme au Mali, demeurent squelettiques.  Cela dit, dans cette affaire d’exactions et d’accusations, chacun y gagnerait en œuvrant  à une manifestation totale de la vérité.  Et pour y parvenir, il suffit d’éviter d’emprunter l’avenue du mensonge et de boxer en dessous de la ceinture si tant est que la libération de la population victime, est la raison de la lutte.

 Michel NANA

Source : Le Pays

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