Zémio : les circonstances de l’ignoble assassinat du commerçant Aubin Kongandembo

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Il était 23 h 35 mn, ce lundi 01 juin 2019, à Zémio. Tout le monde dormait déjà et on n’entendait aucune âme qui vive, si ce n’était que des aboiements des chiens par – ci et par – là, venant de temps en temps troubler le silence lourd  de la nuit.

Soudain, un bruit. On vient de toquer à la porte de M. Aubin Kongandembo. Tenancier d’une pharmacie locale et jouant  le rôle d’infirmier occasionnel,  celui – ci se lève promptement et ouvre. Il  se retrouve nez – à – nez non pas avec un malade et sa famille mais plutôt en face d’un groupe d’hommes armés. Des hommes de l’UPC qui avaient quitté la ville pour se retrouver de l’autre côté du fleuve, après les derniers événements. Aussitôt, au lieu de lui demander des médicaments en lui présentant une ordonnance, ces méchants visiteurs nocturnes lui ont plutôt ordonné de leur remettre de l’argent.  Après un moment d’hésitation, il rentre dans la maison et leur donne satisfaction.

Mais, au moment où celui voulait aller se soulager, ceux – ci le croyant en train de fuir ou de vouloir appeler à l’aide, décident sans aucune forme de sommation de mettre tout simplement la main sur la gâchette. Deux balles retentissent, sifflent et atteignent dans les cotes le commerçant. Voulant se relever, cinq (5) nouvelles balles brisent à nouveau le silence de la nuit noire et auront finalement raison de la résistance de Kongandembo. Sa pauvre femme qui était là et qui avait tout vu, se jette alors sur un des assassins et lui assène un coup de machette, pendant que le reste de la troupe  disparaissait dans l’obscurité.

Selon des informations dignes de foi parvenues à la rédaction, le jeune commerçant était soupçonné par le haut commandement militaire  local de l’UPC comme un financier des antibalaka. Un  vrai alibi et de grossiers mensonges montés de toutes pièces et  toujours utilisés  par ces bandes armées pour tenter de justifier leurs forfaits, en le maquillant d’actes de représailles. Car, afin que nul ne l’ignore, ceux qu’on appelle antibalaka n’existent plus en tant que forces combattantes dans cette partie de la République. Ils ont été mis en déroute et la plupart se seraient réfugiés en République Démocratique du Congo. Kongandembo a été tout simplement victime d’un ignoble assassinat de la part des éléments de l’UPC d’Ali Darass, de son règne de la terreur et de sa politique d’occupation de toute la région de l’est et de celle d’extermination des centrafricains. Avec la complicité active d’un certain Touadéra et d’un certain Ngrébada.

Ainsi donc, comme les éléments des 3R en ont fait la démonstration dans les faubourgs de Paoua, le 21 mai 2019, les éléments de l’UPC d’Ali Darass, mercenaire nigérien, pourtant signataire de l’Accord de Khartoum, et actuellement conseiller militaire du premier ministre Ngrébada, viennent une fois de plus, après avoir fait incendier et rayer de la carte plus de 19 villages à Zangba et froidement abattu l’adjoint au maire de la commune de Kotchio – Toulou et son comptable, d’assassiner lâchement un centrafricain, chef de famille et commerçant. Dans une ville où l’Etat est absent et où les soldats de la Minusca sont plus préoccupés par des affaires d’exploitation minière et de trafics d’or et de diamant que par la protection des populations civiles.

Une fois de plus, Ali Darass vient de prouver qu’il est bel et bien le gouverneur militaire de tout l’est. A ce titre, au nom de l’accord de Khartoum, il a droit de vie ou de mort sur tout le monde, devenu entre temps ses sujets.

La rédaction

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