Yaloké « Affaire Société HW-LEPO » : l’exemple patent du bradage des ressources minières

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Depuis la publication de l’article intitulé « M. Ngrébada, pourquoi les Nangbata ont ouvert le feu sur les Chinois dans la commune aurifère de Gaga » paru, il y a deux jours, dans les colonnes du journal en ligne « La Voix des Sans – Voix » et relayé par quelques organes de la presse écrite, des voix ne cessent de se lever de toutes parts et sur les réseaux sociaux.
D’abord, pour s’interroger légitimement sur les mobiles réels de l’interpellation de M. Ngrébada dans cette affaire et ensuite, dénoncer selon leurs dires une certaine cabale contre l’homme, soigneusement ourdie par des baroudeurs politiques sur fond de règlement de comptes et de haine viscérale et gratuite. Si les partisans de cette prise de position à caractère hautement sentimentaliste et fortement passionné ont le droit d’exprimer tout dignement leurs opinions sur cette affaire, allant jusqu’à s’ériger en défenseurs invétérés du mis en cause, au nom des nobles principes de la liberté d’expression et d’opinion, consacrés par la constitution du 30 mars 2016 sur laquelle le président Touadéra a prêté serment, il n’en demeure pas moins cependant suffisamment fondé qu’ils sont loin de comprendre les en – dessous de ce qui s’est passé ce jour – là, dans la commune aurifère de Gaga, et la responsabilité qui est celle de M. Ngrébada dans la publication de cet article. Un article qui, somme toute, pose tout simplement dans toute sa nudité le problème du bradage de nos ressources minières par les oligarques incompétents et cupides du régime de Bangui. De quoi s’agit ?
 Au lendemain de la prise de fonctions du président Touadéra, les responsables de la Société chinoise dénommée HW-LEPO qui serait déjà régulièrement  enregistrée dans le registre de commerce et en règle vis – à – vis du fisc, mais dont la moralité des  administrateurs – gérant serait douteuse, prennent contact avec la présidence de la République. Ils l’ont fait comme tous ces hommes d’affaires et tous ces opérateurs économiques, intéressés par le sous – sol centrafricain, très riche en diamant, or, bois et autres produits minéraliers d’espèce rare, qui de coutume et selon des pratiques instituées à cet effet et pour le besoin de la cause, sont d’abord reçus par le président de la République avant d’être orientés vers le gouvernement et les départements techniques. Mais alors qu’en réalité et dans la majorité des cas, ceux – ci appartiennent à la pègre internationale à la recherche des garanties dûment signées par les autorités légales en place depuis deux ans, et pouvant leur permettre de lever au nom du peuple qui les a élues et de la République centrafricaine, d’importants fonds près des banques étrangères et sur les marchés financiers internationaux, ceux de la Société HW-LEPO se montrent plus sérieux et déterminés à s’installer et à contribuer au développement socio – économique de la République centrafricaine.
 Conformément aux dispositions de la loi portant code minier en RCA de 2009, ils sollicitent du ministère des mines et de la géologie l’octroi d’un permis de recherche, paient les droits et taxes prescrits et obtiennent leur autorisation. Nantis de ce précieux document, ils débarquent dans la sous – préfecture de Yaloké et notamment dans la commune aurifère de Gaga, en pleines activités d’exploitation artisanale d’or. Ils délimitent dans un premier temps leurs zones de recherche en conformité avec leur autorisation, et dans un deuxième temps s’installent et se mettent au travail.
En fait, tout cela n’est que de la diversion, une sorte de trompe – œil et un très beau spectacle visuel pour les autorités locales dont le maire de la commune de Yaloké acquis à leur cause et à qui d’importantes sommes d’argent et beaucoup de dons en nature sont gracieusement donnés. Histoire d’obtenir leur soumission et leur allégeance pour la mise en œuvre d’un projet machiavélique à venir : celui d’exploiter industriellement l’or qui coule de partout dans cette belle commune de Gaga. Ils font venir de nouvelles machines, passent à l’action, soutirent nuit et jour des grammes d’or, les évacuent en hélicoptères vers Douala ou Yaoundé, referment les trous et délimitent de nouvelles zones. Au vu et au su des autorités locales qui ne bronchent pas, sauf les jeunes de la localité qui, du jour au lendemain sont dépossédés de leurs terres, sans travail et sans ressources. Les tensions grondent et la suite est connue : des envahisseurs chassés de la commune manu militari. Et le gouvernement de constater la violation de l’arrêté leur octroyant le permis de recherche et non celui d’exploitation, et d’être contraint de suspendre temporairement leurs activités.
De ce qui précède, la question qui vaut la peine d’être posée est celle de savoir comment une société qui jouit d’un permis d’exploration peut – elle exercer des activités d’exploitation sans que les autorités locales, gouvernementales et présidentielles n’aient été au courant ? Pourquoi sont – elles restées fort étonnement silencieuses, quand les Nangbata ont commencé à s’agiter pour dénoncer l’exploitation industrielle et  de surcroît illégale de l’or dans la commune de Gaga par ces Chinois ? N’ont – elles pas des services décentralisés, notamment des brigades minières dont la mission est justement de contrôler les activités de ces sociétés dans leurs zones de juridiction ?
Personne ne peut avoir le courage de se lever pour répondre à toutes ces pertinentes interrogations et accepter in fine de s’assumer et d’assumer sa responsabilité dans cette affaire. En réalité, l’affaire de la Société chinoise HW-LEPO a révélé au grand jour les pratiques irrégulières de bradage des ressources minières de la République centrafricaine par les oligarques incompétents et cupides du régime de Touadéra, depuis leur arrivée au pouvoir le 30 mars 2016. Si elles n’étaient pas trop connues avant la rencontre de Sotchi entre le président Touadéra et Serguei Lavrov, ministre russe des affaires étrangères en septembre 2017, elles ont été érigées en mode de gestion depuis lors. En effet, l’après – Sotchi a permis à l’opinion nationale et internationale d’apprendre, par l’entremise de La Lettre du Continent, des rencontres entre le président centrafricain et des oligarques russes. Au cours de ces échanges, il aurait été question de livraison d’armes russes et de signature de contrats miniers contre de fortes rétro – commissions. Les professionnels des médias et les lanceurs d’alerte s’en saisissent et en font la une de leur parution. Ni le gouvernement ni la présidence ne prennent  la parole pour se justifier au nom du principe de la redevabilité qui recommande aux gouvernants dans toute démocratie comme la nôtre de rendre compte régulièrement de leur gestion à leurs électeurs et au peuple. La presse ne cède pas et enfonce le trou. Et un jour, le directeur de cabinet du président de la République avec rang et prérogatives de ministre d’Etat se fâche, brise le silence et exige sur son mur facebook des éléments de preuve de signature de ces contrats. Et les professionnels des médias et les lanceurs d’alerte de lui répondre : Lobaye Invest, Wagner, Séwa Security. Et comme si cela ne suffisait pas, des Russes sont aperçus à Boda, Bria, et Ouadda, alors que des Chinois s’activent à Sosso – Nakombo, Yaloké, et dans la Nana – Mambéré, allant jusqu’à dévier le cours d’eau de son lit. Dans toutes ces zones minières, un seul mot retient l’attention :   sur autorisation de la présidence, ils exploitent l’or et le diamant en quantité industrielle sans aucun cahier de charges et sans aucun investissement pour les populations riveraines. En toute illégalité et en flagrante violation des dispositions de l’article 60 de la constitution.
Alors tout naturellement, la presse ne peut que se tourner vers la présidence de la République, d’abord, et le directeur de cabinet du président, en sa qualité d’autorité publique qui voulait des éléments de preuve de ces actes de bradage des ressources minières, pour lui demander son avis sur les raisons de la présence de tous ces mercenaires au service de la pègre locale et internationale dans ces zones minières.
Affaire à suivre…. !
La rédaction

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