VOTE ANNONCE DES CONGOLAIS DE LA DIASPORA : C’est bien mais ce n’est pas arrivé !

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VOTE ANNONCE DES CONGOLAIS DE LA DIASPORA : C’est bien mais ce n’est pas arrivé !

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la République démocratique du Congo (RDC) prévoit de mettre en application la loi électorale autorisant les Congolais de la diaspora, à participer aux opérations de vote dans leur pays. Jusque-là, et pour des raisons matérielles, cette disposition était restée un vœu pieux. Si Denis Kadima, président de la CENI, et son équipe tiennent leur promesse, ce sera la première fois dans l’histoire, que les Congolais de l’extérieur participeront à une élection, à commencer par la présidentielle prévue pour décembre 2023. Et ce ne sera que justice pour une diaspora exclue depuis longtemps, d’une participation politique citoyenne à la construction de la RDC. En effet, la diaspora de la RDC est considérée comme la plus importante du continent africain. Les chiffres sont rares mais on évalue à près de 7 millions, le nombre d’individus composant cette diaspora congolaise dont la contribution au développement du pays, demeure importante. D’après les données disponibles, les transferts de fonds réalisés par la disposera, ont atteint les 9 milliards de dollars US, soit près de la moitié du PIB local, plus de quatre fois l’aide publique au développement en RDC. C’est conscient donc du rôle important que joue cette diaspora dans la construction du pays des léopards, que le pouvoir de Félix Antoine Tshisekedi, a organisé, le 17 novembre 2021, un forum à elle consacrée sous le thème : « Diaspora, acteur du développement et de la lutte contre la pauvreté ».  Ainsi, en plus de sa participation socio-économique et culturelle à la vie de la Nation, il était temps pour la diaspora de jouir, dans sa plénitude, de ses droits civiques en participant activement aux choix politiques, notamment aux choix des hommes et femmes qui présideront aux destinées des 80,56 millions de Congolais.

La CENI a opté pour une phase pilote en annonçant la participation des Congolais de cinq pays

La CENI fait là œuvre utile et mérite donc des ovations de la part des Congolais disséminés un peu partout dans le monde. Pour le reste, les rues de Kinshasa étant pavées de bonnes intentions, l’on espère que les fruits tiendront la promesse des fleurs. Mais de l’espoir à la désillusion, le pas est vite franchi au Congo. En effet, en 2018, l’Assemblée nationale congolaise, sur demande du gouvernement de l’époque, avait décidé de l’annulation de la participation de la diaspora au vote. L’argument utilisé était de deux ordres : une impréparation logistique de la CENI et un risque de glissement du calendrier électoral du fait de l’organisation de l’enrôlement des Congolais de l’étranger. Denis Kadima peut-il aujourd’hui jurer, la main sur le cœur, que le même scénario ne se reproduira pas en 2023 ? En tout cas, bien malin qui saurait donner au président de la CENI et à son équipe, le bon Dieu sans confession. Consciente des difficultés, la CENI a opté pour une phase pilote en annonçant la participation des Congolais de cinq pays dont un seul en Afrique (l’Afrique du Sud) et les quatre autres en Europe, aux Etats-Unis d’Amérique et au Canada. Exit donc tout le reste dont ceux vivant dans les pays voisins, notamment l’Angola, le Congo-Brazzaville, la République centrafricaine, le Soudan du Sud, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie. En excluant les Congolais résidant dans  ces pays où ils sont plus nombreux, la CENI et les autorités congolaises veulent prévenir des tensions et des accusations de fraudes dont les conséquences sur le climat sociopolitique de l’intérieur, ne sont pas à écarter. Quand on voit les relations tendues entre la RDC et plusieurs de ses voisins, on peut comprendre que Denis Kadima veuille s’éviter de mettre les pieds dans des braises.  Certes, cette solution transitoire bafoue les droits civiques d’une grande partie de la diaspora. Mais le mérite revient à la CENI qui aura certainement l’occasion de mettre en place et de tester son dispositif avant de l’étendre éventuellement à d’autres pays .

 Michel NANA

 Le Pays

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