VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME AU MALI : Un rapport peut en cacher un autre

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VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME AU MALI : Un rapport peut en cacher un autre

C’est une information qui ne manquera pas de faire réagir les autorités de Bamako qui, dans la lutte qu’elles mènent contre le terrorisme, donnent l’impression de ne pas supporter la critique. Surtout quand elle émane d’un regard extérieur qui pointe un doigt accusateur sur les mercenaires russes qui combattent aux côtés des Forces armées maliennes (FAMa) dont on dit qu’elles montent en puissance. En effet, dans sa note trimestrielle rendue publique le 31 août dernier, la mission de l’ONU au Mali accuse les soldats maliens et leurs alliés russes d’exactions contre des civils, commises durant le mois d’avril. Selon les enquêteurs onusiens, 50 sur 96 civils tués, l’ont été injustement au cours d’opérations conduites par l’armée malienne dans le Centre du pays, plus précisément à Hombori. Cela fait suite à l’explosion d’un engin explosif improvisé qui a eu lieu lors du passage d’un convoi des Forces maliennes accompagnées de « personnel militaire étranger ». En plus des civils tués, 500 autres ont été faits prisonniers au cours de l’opération de ratissage qui s’en est suivie. Ce nouveau rapport onusien, faut-il le rappeler, ne fait qu’enfoncer une porte déjà ouverte. Car, au Mali d’Assimi Goïta, les rapports, en matière de violations répétées des droits humains, se suivent et se ressemblent.

 Il  faut savoir raison garder

Pas plus tard, en effet, que la mi-août, l’expert indépendant, le Sénégalais Alioune Tine, à l’issue d’un séjour au Mali, dénonçait des cas de tortures dont sont victimes des civils. On comprend dès lors, pourquoi les autorités maliennes, à l’occasion du renouvellement du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), en fin juin 2022, avaient émis des réserves sur la possibilité et la capacité de cette dernière à enquêter sur ce qui se passe au Mali. Autrement dit, Goïta et ses frères d’armes veulent massacrer à huis clos et cela, sans aucun regard extérieur susceptible de les rappeler à l’ordre. Certes, à leur décharge, on comprend qu’il n’y a pas de guerre propre surtout dans le cas d’espèce où l’on a affaire à un ennemi sans visage  qui excelle dans les actions perfides. Mais au regard de la complexité de la situation, il faut savoir raison garder au risque de rendre les terroristes sympathiques aux yeux des populations. D’où la nécessité de savoir faire preuve de discernement et surtout de professionnalisme lors des opérations sur le terrain, pour autant que l’on ne veuille pas que les populations, de guerre lasse, rallient la cause de l’ennemi qui fait parfois dans les amalgames  en tentant de dresser les communautés les unes contre les autres.

B.O

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