VIE CHERE AU BURKINA  : LA LCB interpelle le gouvernement  

0
116

VIE CHERE AU BURKINA  : LA LCB interpelle le gouvernement

Dans la lettre ouverte ci-dessous adressée au Premier ministre, chef du gouvernement, la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) l’interpelle sur la flambée vertigineuse des prix des denrées alimentaires et ceux des hydrocarbures. Elle lui demande de prendre des mesures devant permettre de soulager les peines des populations.

 

Son Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Nous voudrions avant tout propos saluer la mémoire de nos FDS, VDP et populations civiles arrachés à notre affection, lors des différentes attaques terroristes et récemment encore ceux de Madjoari et Gorgadji ; Il n’est un secret pour personne aujourd’hui, les populations au Burkina-Faso vivent dans un contexte très difficile caractérisé en cette année 2022 par :

– la prolifération dans nos marchés de nombreux produits impropres à la consommation tels que les huiles alimentaires ne répondant pas à la réglementation et aux normes sanitaires, le lait périmé, les eaux dites minérales de qualité douteuse, les boissons en cannette périmées ou de  composition douteuse mettant en péril la santé de notre jeunesse, les vinaigres de contrefaçon, le pain de mauvaise qualité avec un poids ne répondant pas aux normes, l’importation continue des poulets de chairs bien qu’interdite par la loi ;

– la hausse continuelle et généralisée du prix des produits de grande consommation que sont le riz importé dont le sac de 25kg est passé de 11 000 F à 13 500 F, l’huile dont le litre se vend actuellement à 1750 F au lieu de 950 F en début d’année, le sucre SN SOSSUCO en morceau se vend entre 850 et 1000F le paquet malgré le communiqué du ministère du commerce et qui du reste est introuvable sur le marché, le sac de 100kg maïs est désormais à peu près à 36 000 F, soit une augmentation de plus de 7500 F et le plat Yorba de haricot à 1900 F, etc.

– l’indisponibilité des denrées de bases en général et surtout dans la boucle du Mouhoun considérée comme grenier du Faso est vraiment inquiétante et caractérise une crise alimentaire qui se profile à l’horizon ;

– le non-respect des prix de vente au consommateur des bouteilles de gaz butane 2500 et 6000 F pour les bouteilles de 6 et 12 kg et son utilisation par les maraichers, les taxis auto, les orpailleurs, etc. ;

– la mauvaise qualité de services des opérateurs de téléphonie, matérialisée par la dégradation continuelle de la qualité des communications téléphoniques et de la communication internet, les messages publicitaires intempestifs des opérateurs de téléphonies qui sont appliqués de gré ou de force aux consommateurs ;

– le prix élevé, la qualité douteuse des matériaux de construction ;

– les récurrentes pannes et plaintes sur les factures aux niveaux de la

SONABEL et de l’ONEA auxquels se greffent les multiples conséquences ;

 

Monsieur le Chef du Gouvernement,

Dans ce contexte de crise alimentaire dans lequel nous vivons, la récente augmentation de 100 F du prix à la pompe des hydrocarbures a contribué à exacerber les prix des produits de grande consommation, déjà en forte hausse rendant le taux d’inflation de 13.5 très élevé de tous les pays de l’UEMOA. Tout de même, il faut relever l’augmentation disproportionnée au niveau du ticket de transport et des salaires non indexés sur la hausse des prix avec pour conséquence la perte du pouvoir d’achat. Pendant ce temps, la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) constate avec regret que les conclusions des travaux du cadre de concertation tripartite (Gouvernement, secteur privé, OSC), auxquelles elle a participé, pour contenir le prix de certains produits, depuis plus d’un mois, tardent à être adoptées et mises en vigueur notamment le prix du sucre SN SOSUCO, le prix de l’huile SN Citec du bidon de 5 et 20l et du savon numéro 1 et 2, le prix de la farine de blé, du riz … Une fois de plus, la LCB interpelle votre Gouvernement sur sa responsabilité régalienne à trouver dans l’urgence, des réponses idoines face à cette situation de vie chère. Dans ce sens la LCB a fait plusieurs propositions aux Ministères sectoriels concernés. Malheureusement, nous avons le sentiment d’avoir prêché dans un désert, si bien que vous êtes obligé vous-même de gérer des crises qui deviennent récurrentes. Toutefois, nous saisissons l’occasion, pour saluer le maintien du prix du pain à 150f tout en espérant qu’en contrepartie, il ne sera pas question de la réduction du poids et/ou de la taille du pain.

Excellence,

La Ligue des Consommateurs du Burkina voudrait une fois de plus, renvoyer l’écho des Consommateurs désemparés au regard du niveau de l’inflation de notre pays. La vie est de plus en plus chère et votre prompte réaction est fortement attendue pour soulager les consommateurs et apaiser le climat social.

Ouagadougou, le vendredi 27 mai 2022

 

Président de la LCB

 

Dasmané TRAORE

 Chevalier de l’Ordre du Mérite

Le Pays

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here