Vibrant hommage de Touadéra à Dondra pour des loyaux et nobles services rendus à la famille

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Au lendemain de l’adoption du projet de la loi de finances rectificative 2018, les observateurs les plus avertis de la vie politique centrafricaine, les activistes des droits de l’homme, les combattants de la liberté et les lanceurs d’alerte s’attendaient tout naturellement à une réaction de la présidence de la République. Ils ne se s’étaient pas trompés. Quelques jours plus tard, leur prémonition est devenue réalité.
C’était le vendredi 13 juillet 2018, à l’hôtel Ledger Plaza de Bangui, lors de la cérémonie de la revue conjointe du portefeuille des projets financés par la Banque Mondiale en République Centrafricaine. Le président Touadéra a saisi cette opportunité pour féliciter le gouvernement, notamment le ministre Dondra et ses collaborateurs pour la qualité du travail rondement accompli dans le cadre de la politique d’assainissement des finances publiques.
Dans son discours de circonstance, le chef de l’Etat a expliqué à l’assistance que c’est depuis son accession à la magistrature suprême de l’Etat qu’il avait instruit le gouvernement de procéder à un diagnostic en vue d’identifier les priorités et besoins du pays. La communauté internationale a répondu favorablement à l’appel des autorités centrafricaines, en appuyant le processus ayant abouti à l’élaboration du plan de relèvement et de consolidation de la paix en Centrafrique (RCPCA), massivement soutenu par les bailleurs de fonds lors de la conférence de Bruxelles, le 17 novembre 2016. Le RCPCA constitue donc aujourd’hui pour nous, précise-il, l’unique cadre de dialogue avec nos partenaires techniques et financiers. « J’apprécie les efforts fournis à ce jour pour mettre en œuvre ces stratégies dans un contexte particulièrement difficile de sortie de crise. Je suis persuadé que beaucoup de choses se font après Bruxelles », a-t-il martelé.
S’agissant des finances publiques, le chef de l’Etat a noté avec beaucoup de satisfaction les conclusions de la 4e revue qui s’est soldée par la décision favorable du conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI) intervenue le 2 juillet 2018. Cette décision du FMI, dit-il, prouve que nous avançons dans la bonne direction.
Eu égard à cela, le Président Touadéra a exprimé très sincèrement au nom du gouvernement, du Peuple centrafricain et en son nom propre, ses vifs remerciements à l’endroit de tous les partenaires de la communauté internationale, le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, l’Union Européenne, la Minusca pour les appuis multiformes qu’ils ne cessent de nous apporter afin d’améliorer les conditions de vie de la population centrafricaine.
« Il convient aussi de féliciter l’amélioration manifeste de la gestion de nos finances publiques. Je tiens à féliciter également le gouvernement pour la qualité du travail accompli qui a permis la conclusion de la 4e revue avec le FMI dont la décision fait bénéficier notre pays d’un soutien de près de 18 milliards de francs CFA. A ce propos, je réitère mes félicitations au ministre des finances et du Budget ainsi qu’à tous ses collaborateurs pour leur capacité à relever ce challenge », a souligné le professeur Faustin Archange Touadéra, Président de la République.
En réalité, la participation du mathématicien de Boy – Rabé à cette cérémonie n’était pas anodine. Comme nous l’avons évoqué un peu plus haut auparavant, elle était sérieusement murie, pensée et repensée depuis l’adoption du projet de la loi de finances rectificative 2018 par les élus de la nation, non sans l’abstention de plus de 31% des membres de la représentation nationale. Un record historique depuis plus de deux années de cette législature où les projets de loi de finances étaient presque jusqu’alors systématiquement adoptés avec acclamation et sans contestations ou sans remise en cause majeure de leurs contenus. C’est dire que cette fois – ci, la partie n’était pas du tout repos, et Touadéra le savait pertinemment. Il lui fallait donc attacher son cœur qui ne cessait de battre la chamade et user de tous les subterfuges et de tous les moyens de l’Etat, matériels, financiers et économiques à sa disposition, pour faire avaler la pilule amère à tous les représentants du peuple siégeant à l’assemblée nationale. Pourquoi alors cette anxiété, ces matins de doute comme dirait l’autre et ces veillées de prières  dans l’âme de Touadéra avant la plénière de débats consacrés à l’examen et à l’adoption du projet du collectif budgétaire 2018 ?
Tout simplement parce qu’il avait ordonné à son ministre des finances et du budget, Henri Marie Dondra, de faire augmenter de manière sensible les crédits de fonctionnement de la présidence et ceux de la primature, notamment les lignes intitulées « fonds spéciaux », et ce, au détriment de tous les différents départements ministériels, les entités périphériques, les institutions de la République et autres. Par ailleurs, alors qu’aucune disposition n’a été prise pour doter les services de la défense et de sécurité des moyens de fonctionnement dignes de ce nom, il l’a instruit d’inscrire dans ce collectif budgétaire la coquette somme de 500 millions de Fcfa, logée à la primature et destinée à l’achat des véhicules. Enfin il lui avait ordonné d’omettre délibérément de ce projet les taxes aéroportuaires et les impositions prélevées sur les convois des véhicules sur le corridor Bangui – Garamboulaye dont le montant est estimé à plus de 5,460 milliards de FCFA.
Il fallait donc s’attendre tout naturellement à de vives remontrances de la part des élus de la nation. Et la bataille aurait été effectivement perdue, suite à la solidité et à la perspicacité de la déclaration du groupe parlementaire de l’URCA, c’est – à – dire ce fameux projet de la loi de finances rectificative aurait été purement et simplement rejetée, si d’énormes moyens financiers n’avaient pas été mis en œuvre pour arracher leur vote, en dépit de son caractère hautement et outrancièrement anti – républicain, anti – démocratique et anti- social.
 Fort heureusement, son ministre des finances et du budget a su mener avec intelligence et beaucoup de tact la bataille jusqu’au bout. Il était alors tout logiquement de son plein devoir et de son entière responsabilité pour la qualité du travail abattu, non pas dans l’intérêt et pour le compte de l’Etat, mais dans l’intérêt et pour  le compte de la famille, la leur, celle qui est aux commandes des affaires de la cité, depuis plus deux années, de saisir l’opportunité qui lui a été gracieusement offerte ce vendredi 13 juillet 2018, pour féliciter très chaleureusement ce super ministre des finances et du budget et toute son équipe de meilleurs budgétaires que la République ait jamais connus.

Les féliciter très chaleureusement devant tous les partenaires financiers de la RCA pour avoir mis en diète tous les ministères, les entités périphériques, les institutions de l’Etat et même les sociétés d’état et autres, dans le seul but d’augmenter des dépenses somptuaires de la présidence et de la primature. Les féliciter très chaleureusement pour avoir relevé sensiblement de 25% le montant des crédits alloués aux fonds spéciaux, passant de 800 millions à 1 milliard de Fcfa, auxquels il faut ajouter les fonds de sécurité dont le montant est passé de 250 millions à 450, soit un total de 1, 450 millions de Fcfa pour la présidence de la République. Quelles bien généreuses prodigalités puisque le montant de ces fonds pendant la transition était seulement de 150 millions de Fcfa ! Les féliciter très chaleureusement pour avoir revu à la hausse les indemnités, dans le chapitre de la présidence, des missions à l’étranger de 200 millions à 300 millions de Fcfa, tandis que les frais de missions à l’étranger sont passés à 500 millions de Fcfa. Les féliciter très chaleureusement pour avoir aussi pensé au budget de la primature, en ce qui concerne les fonds spéciaux qui sont passés de 350 à 450 millions de Fcfa, sans oublier l’allocation d’un crédit de 500 millions de Fcfa affecté à l’achat de véhicules. Féliciter son ministre des finances et du budget pour avoir instruit le directeur du contrôle financier d’apposer des visas – passoire sur tous les projets d’intégration dans la fonction publique, permettant ainsi à plusieurs progénitures des membres du cabinet présidentiel, de la primature et du gouvernement d’être placés à divers postes de responsabilité dans la fonction publique centrafricaine. Le féliciter pour avoir donné son avis favorable à la prise des décrets portant augmentation des salaires à la présidence, à la primature et dans les différentes institutions de l’Etat. Le féliciter pour lui avoir conseillé de payer au compte – goutte les arriérés de salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, en commençant par le stock de 2003 et en les échelonnant sur 5 mois.
 Comment alors rester insensible à une telle totale disponibilité de son ministre des finances et du budget et de toute son équipe de meilleurs budgétaires à se mettre à son service et pour le bien – être de sa famille ? 
 Par conséquent, Touadéra se devait d’honorer très chaleureusement son ministre des finances et du budget et toute son équipe pour ce noble esprit de cynisme et de masochisme dont ils ont fait montre dans l’élaboration du collectif budgétaire 2018 et dans la mise en œuvre de la politique d’assainissement des finances publiques. C’est pour cette raison que le mathématicien de Boy – Rabé s’était rendu à cette cérémonie de l’hôtel Ledger Plaza. Il n’y était allé  pas  pour les féliciter pour avoir bien mené à terme la 4ème revue avec le FMI ; car cela ne saurait en être autrement tant ce programme ne pouvait qu’aboutir.
Ainsi donc Dondra ne faisait et ne fait qu’obtempérer à des instructions directement à lui données par le président Touadéra. Et cela ne saurait en être autrement tant un ministre des finances et du budget ne peut être publiquement congratulé que suite à des records de performances obtenues dans les réalisations des recettes, la maîtrise des dépenses, la réduction du train de vie de l’Etat, et l’allocation stratégique des ressources propres dans les secteurs prioritaires, créateurs de richesses et porteurs de croissance que sont la santé, l’éducation, les routes, l’agriculture et l’élevage, et la sécurité.
Décidemment, Touadéra et son cher aîné Sarandji n’en ont cure de la situation dramatique dans laquelle se trouve la République. Ils ne sont pas venus pour la sauver mais plutôt pour se servir. Bravo, Monsieur le président !
La rédaction

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