TOURNÉE AFRICAINE DU REPRÉSENTANT PERSONNEL DE MACRON : La France ne veut pas perdre pied

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Jean-Marie Bockel, le « monsieur Afrique » du président français, Emmanuel Macron, a fait un passage éclair mais important à Libreville, la capitale gabonaise. C’était le 19 mars dernier. Qu’est-ce qui fait courir l’envoyé spécial du locataire de l’Elysée ? Se demande-t-on puisqu’avant de mettre les pieds au pays du général Brice Clotaire Oligui Nguema, mister Bockel était respectivement en Côte d’Ivoire et au Tchad. Jean-Marie Bockel a répondu sans détour à la question que l’on se pose : il s’agissait, pour lui, de discuter avec les dirigeants des pays visités, de l’avenir du partenariat militaire que ces derniers ont avec la France. En fait, la visite de Bockel n’a rien de surprenant. Elle était particulièrement attendue au regard de la volonté de Paris de réarticuler son dispositif  militaire sur le continent. On le sait, depuis mi-décembre 2023, Paris réfléchit à un nouveau format de sa présence militaire avec notamment une réduction drastique annoncée des effectifs.  En effet, chacun de ses trois Etats qu’il a visités, abrite une base de l’armée française. Du côté d’Abidjan, plus de 900 soldats français sont positionnés dans le cadre d’un partenariat de défense signé en 2012 par le président Alassane Ouattara et l’ancien chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy. La lagune Ebrié constituait le nœud logistique de la France pour ses opérations au Sahel.

 

La France a été bien inspirée de prendre les devants à Abidjan, à Ndjamena et à Libreville

 

Quant au Tchad qui est le plus ancien dispositif militaire français en Afrique, il abrite près de 1000 soldats de l’opération antiterroriste française au Sahel. Enfin, le Gabon accueille 350 soldats du 6e Bataillon d’Infanterie de Marine (BIMA) à Libreville.  Cela dit, c’est l’avenir de ces bases militaires qui se joue avec cette tournée de Jean-Marie Bockel. Quel sera le nouveau dispositif militaire de la France dans ces pays ? Quel sera l’axe de la coopération militaire entre la France et ces pays ? Quels seront les effectifs ? L’avenir nous donnera des réponses à ces questions. Mais, en attendant, l’on constate aujourd’hui que l’Elysée veut mettre fin « à la France-Afrique » sous son format militaire. Et il n’a pas tort de le faire. Car, déjà humiliée après son départ forcé des trois pays du Sahel-Mali, Burkina Faso et Niger, l’Hexagone a été bien inspirée de prendre les devants à Abidjan, à Ndjamena et à Libreville. Et cela pour éviter de se faire cette fois chasser de ses trois autres basses-cours comme un Coq devenu indésirable. Du reste, Paris est consciente que le contexte africain et même mondial, a changé, notamment sur les questions militaires et sécuritaires. Et qu’elle ne peut, de ce fait, continuer à garder son dispositif militaire de type colonial sur le continent. Et pour ne pas perdre pied, sur le continent africain où le sentiment anti-français s’est propagé comme un cancer, la France se doit de se mettre en phase avec ces nouveaux contextes en tenant compte des réalités et des enjeux y relatifs.

 

Michel NANA

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