Toudéra et son gouvernement à la manœuvre derrière la marche du Mouvement des Patriotes Centrafricains pour la Paix

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Annoncée depuis plusieurs jours, la marche du Mouvement des Patriotes Centrafricains pour la Paix visant à obtenir le départ de certains fonctionnaires de la Minusca, a finalement eu lieu ce lundi 17 février 2020, dans la capitale centrafricaine, au Rond – Point des Nations Unies. Ont été également présents sur les lieux de cette manifestation deux membres du gouvernement Ngrébada, en l’occurrence le général Wanzet – Linguissara et Mme Baïpo Témon, respectivement ministre de la sécurité publique et de l’intérieur et ministre des affaires étrangères, venus recevoir des mains des organisateurs un mémorandum.

Aussi étonnante, loufoque et inimaginable puisse paraître la présence de ces deux ministres de la République à cette marche autour de laquelle un grand tapage médiatique a été préalablement fait et qui a été pourtant interdite officiellement par le président de la délégation spéciale de la ville de Bangui, celle – ci a le mérite toutefois de révéler au grand jour l’indéfectible et occulte soutien du pouvoir de Bangui aux campagnes médiatiques de diffamation ayant sous – tendu à l’organisation de cette manifestation.

Elle constitue, à n’en point douter, un acte de flagrante violation des dispositions de l’article 29 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques du 18 avril 1961 à laquelle l’Etat centrafricain a souscrit et selon laquelle « la personne de l’agent diplomatique est inviolable. Il ne peut être soumis à aucune forme d’arrestation ou de détention. L’État accréditaire le traite avec le respect qui lui est dû, et prend toutes mesures appropriées pour empêcher toute atteinte à sa personne, sa liberté et sa dignité ». Ce qui signifie qu’en l’espèce, la marche n’ayant pas été autorisée par le maire, le gouvernement Ngrébada avait l’impérieuse obligation de prendre toutes les mesures pour empêcher sa tenue.

Or, malheureusement tel n’a pas été le cas. Et pis, au lieu de se faire un peu discret, le gouvernement a eu non seulement l’outrecuidance de ne pas faire respecter , par tous les moyens légaux, la décision du président de la délégation spéciale de la ville de Bangui, mais surtout a instruit deux ministres de se présenter sur les lieux et de s’afficher ostentatoirement aux côtés des organisateurs de ce mouvement de contestation ; ce qui ne peut être interprété que comme un acte de caution, de franche collaboration et de complicité avec les auteurs de ces maints appels à la haine et à la violence contre des fonctionnaires de l’Onu, protégés par la loi dans l’exercice de leurs fonctions. Bien évidemment, une telle attitude venant de la part d’un régime qui est sous perfusions financières des institutions internationales de Bretton Woods, depuis le 30 mars 2016, et qui est  porté à bout de bras par toute la communauté internationale ne peut que légitimement créer un malaise profond et susciter de très vives inquiétudes dans les milieux diplomatiques.

 

Selon certaines sources très proches de la présidence, de la primature et du ministère de la sécurité publique, s’il ne fait désormais pas de doute que certaines personnalités et autres autorités publiques centrafricaines, et non des moindres,  seraient derrière les agitations menées ces derniers temps contre la Minusca et son personnel, il a été néanmoins reproché à M. Dimitrov d’avoir tenu au Km5 des déclarations publiques, susceptibles d’inciter une communauté à la haine. Un autre en charge de l’OIM a été surpris entrain de rapatrier des réfugiés centrafricains du Niger, sans le concours et l’autorisation préalable des autorités compétentes.

Informé de ces faits d’une rare gravité, le ministère de la sécurité publique et de l’intérieur a saisi le gouvernement afin qu’une note verbale de dénonciation et de vives protestations fût adressée à la Minusca par l’entremise du  ministère des affaires étrangères, comme l’exigent les us et pratiques diplomatiques, ont rapporté et soutenu ces sources. Mais au lieu  de travailler à cela et d’attendre la fin de cette procédure, grande est la surprise de tous de constater certains membres du gouvernement apporter leurs aides multiples et multiformes à cette campagne diffamatoire contre cette institution onusienne et certains des membres de son personnel, ayant le statut de diplomate et couverts par des traités internationaux. Pour quoi un tel revirement, alors ?

Pour empêcher, ces mêmes sources de conclure, que la responsabilité de l’Etat centrafricain dans le massacre des violences meurtrières de la fête du Réveillon de 2019, au cours desquelles le général You, longtemps manipulé par le pouvoir de Bangui contre les commerçants du Km5, a été purement et simplement assassiné, d’une part,  ses accointances et ses compromissions établies avec les groupes armés dans les trafics de diamants, d’or et de boeufs, d’autre part, ne soient pas connues de l’opinion nationale et internationale. Malheureusement pour Touadéra et les siens, les en-dessous de ces terribles vérités ont été révélés à ces fonctionnaires internationaux dont ils veulent à tout prix obtenir le départ, suite à des investigations diligentées par la Minusca.

Affaire à suivre…. !

Jean – Paul Naïba

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