Touadéra et Sarandji, qui a demandé mon avis pour m’envoyer des SMS sur mon téléphone me demandant d’aller célébrer le 1er ?

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Qui a demandé mon avis pour m’envoyer des sms intempestifs sur les réseaux téléphoniques me demandant d’aller célébrer le 1er ?

On a violé ma mère et mes sœurs ; on a tué mes frères, on a brûlé nos terres et tout le peu qui nous restait pour tenir quelques jours.

On a tué nos prêtres et profané nos lieux de culte.

Tout le monde savait que le malheur allait tomber sur nos têtes, personne n’a réagi.

Je n’ai pas fini d’enterrer mes morts ; je couche à la belle étoile, dans le froid.

Les miens n’ont plus rien à manger ni à planter par ce que leurs greniers ont été saccagés.

L’avenir de mon pays est compromis, par ce que mes enfants et mes cadets ne connaîtront pas ce qu’on appelle l’école. Il n’y en a plus sur une bonne partie du territoire national.
J’ai honte de parler de mon pays ; j’ai honte de mon pays lorsque je voit ce qui se passe ailleurs.

Même dans la capitale de mon pays, je n’ai droit qu’entre 4 à 5 heures d’électricité par jour. Le petit réfrigérateur que ma défunte mère m’a laissé en héritage ne me sert plus à grand-chose ; plus de réserve comme mes parents le faisaient.

Mes enfants ne connaissent pas ce qu’on appelle la « Glace » quand je l’évoque dans des discussions.

La liste de mes malheurs est très longue. Qui va me sauver ?

Qui va protéger les miens ? Qui va leur donner à manger ?

Qui viendra à leurs chevets ? D’où me viendra le secours.

Qui va partager mon malheur ? Qui va me consoler ? Les miens sont inconsolables.

C’est dans cette condition que vous me demandez de venir célébrer le 1er décembre. Aller au défilé, manger, boire, danser, chanter pendant que mes parents n’arrivent plus à conjuguer les 5 verbes du président fondateur de mon pays.
C’est ça ce que vous me demander ?

Je peux oublier ceux qui sont déjà brûlés vifs et enterrés à la vite par ce qu’il faudrait partir tout de suite en brousse avant que les assassins ne reviennent sur les lieux de leurs crimes pour de nouveaux massacres ; car ils reviennent toujours, il n’y a personne pour les en empêcher.

Merci pour vos sms, mais je ne supporte pas de porter de nouveaux habits, aller défilé, manger, boire pendant que mon peuple pleure. La vie ne se limite pas qu’à la capitale.

Merci pour cette fortune que vous allez dépenser pour votre plaisir alors que mes proches ne trouve même pas un morceau de pain pour croquer.

Je suis Batangafo, je suis Bambari, je suis Alindao, je suis Ndelé, je suis Kaga-Bandoro. Je ne connais pas la politique.
Je n’appartiens à aucun parti politique. Je ne dois ma réussite qu’à mes propres efforts et à la protection divine.
Bonne fête à vous ! Merci ! Merci ! Merci !

Claude Claude-Bernard Ganmon

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