Tchad / Centrafrique : ce qu’on cherche, on le trouve, dixit Sophocle

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Tchad / Centrafrique : ce qu’on cherche, on le trouve, dixit Sophocle

« Ce qu’on cherche, on le trouve » ! Cette citation fait partie des plus belles citations et pensées que Sophocle, né à Colone en 495 av. J.-C. et mort en 406 av. J.-C., l’un des trois grands tragiques grecs dont l’œuvre nous est partiellement parvenue, avec Eschyle (526-456) et Euripide (480-406), a laissées à la postérité. Elle parle de l’homme, de sa vie, de ses désirs et de la quête perpétuelle de son bonheur, lequel dépend de sa capacité à vivre au présent, par exemple, sans se projeter dans l’avenir, sans être prisonnier de son passé, à se réjouir de ce qui advient, dans l’instant présent. En somme, comme a dit Horace : « Carpe diem, quam minimum credula postero », « Cueille le jour, et sois la moins crédule possible en ce qui concerne l’avenir ».

Depuis les catastrophiques élections du 27 décembre 2022 et le déploiement des mercenaires du Groupe Wagner en Centrafrique, conformément à un accord bilatéral dont les clauses n’ont jamais été rendues publiques, celui que nous appelons l’Imposteur de Bangui se croit tout permis, et n’a qu’un seul objectif : déstabiliser le Tchad et toute la sous – région de la Cemac au profit de la Fédération de Russie via un certain Evgueni Prigojine. En dépit de nos maints articles révélant des manœuvres en cours entre les forces armées centrafricaines et leurs supplétifs russes, à ce propos, et malgré l’attaque de Sourou, les autorités tchadiennes ont toujours préféré le dialogue avec le pouvoir de Bangui. Cependant, après la publication, le 9 janvier 2023, de notre article intitulé : « Centrafrique, une base – arrière de rebelles tchadiens à la solde du Groupe Wagner contre le pouvoir de Kaka », les lignes sont en train de bouger, de manière fondamentale et très dangereuse pour le pouvoir de Bangui qui a cédé une portion de son territoire à ces rebelles.

Interrogé à ce sujet, le premier ministre tchadien Saleh Kebzabo n’a pas écarté, dans le contexte tchadien, les tentations de création de nouvelles rébellions. Mais, de la présence des rebelles tchadiens sur le territoire centrafricain, avec l’accord du gouvernement de ce pays, il s’est montré plus que ferme : « Evidemment, comme le Tchad, c’est le Tchad, et que les habitudes ont la peau dure, nous ne serions pas étonnés qu’ici et là, on parle de tentative de rébellion qui s’organiserait pour tenter de déstabiliser le pays. Nous ne l’accepterons pas. Le gouvernement ne l’acceptera pas. Le gouvernement prendra toutes les mesures qu’il faut pour aller affronter ceux qui veulent encore ramener la rébellion dans le pays. On prendra toutes les mesures pour qu’on ne revienne pas encore dans la rébellion parce qu’il y a quelques égarés qui veulent encore amener la guerre entre les Tchadiens. Ça, on ne l’acceptera pas, aucun Tchadien ne l’acceptera ».

Une semaine plus tard, c’est – à – dire le dimanche 15 janvier 2023, c’est le tour du général Ahmat Dari Bazine de lui emboiter le pas et de confirmer, sans fioritures, l’existence d’une nouvelle rébellion dans le sud du Tchad, sur le territoire centrafricain et d’appeler in fine à la combattre vigoureusement. L’information a été publiée par le journal en ligne «  Alwihda Info » dans sa parution, en ces termes : «  Ahmat Dari Bazine, gouverneur de la province du Logone Oriental, a déclaré ce 15 janvier que l’existence d’une rébellion dans la province est réelle. Au nom de la paix, de la cohésion sociale et de la stabilité sociopolitique, nous devons la combattre avec la dernière énergie. Ce devoir est pour tous. Le gouverneur a annoncé l’arrestation d’une soixantaine de jeunes qui ont reconnu les faits. Ils ont été relâchés et remis à leurs différents chefs de canton. Selon lui, la rébellion est la suite logique des évènements du 20 octobre 2022, et le chef se trouverait en territoire centrafricain. »

C’est dire que ce que l’Imposteur de Bangui longtemps a cherché avec trop de zèle, il l’a finalement trouvé, et il est sur le point d’en payer le prix. L’information est sortie de la bouche de son ministre en charge de la communication et des médias qui a révélé la présence massive des militaires tchadiens déguisés en civils tant à Damara qu’à Bangui. Et cela, Touadéra le sait, d’autant plus que c’est pour cette raison qu’il a été obligé de faire demi – tour sur Bangui, le samedi 14 janvier 2023, alors qu’il se rendait chez lui à Mandjo sis dans la sous – préfecture de Damara.

La rédaction

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