Soudan : la junte lâche du lest et promet la formation d’un gouvernement civil

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Soudan : la junte lâche du lest et promet la formation d’un gouvernement civil

(Agence Ecofin) – Les militaires proposent un gouvernement civil, aux côtés duquel siégerait un Conseil suprême des forces armées, dont les prérogatives n’ont pas été définies.

Sous la pression de la rue depuis plusieurs jours, les autorités militaires soudanaises ont opéré un énième revirement, le lundi 4 juillet, en annonçant que l’armée allait se retirer du dialogue national pour laisser les forces civiles former un nouveau gouvernement.

« L’armée ne participera plus au dialogue national », a déclaré le général Abdel Fattah al-Burhan (photo) lors d’une allocution télévisée, appelant « les partis politiques et les organisations révolutionnaires à s’engager dans un dialogue immédiat et sérieux pour former un gouvernement de personnalités compétentes ».

Lors de cette allocution prononcée au cinquième jour des sit-in réclamant le départ de la junte militaire au pouvoir depuis le coup d’Etat du 25 octobre 2021, le général Burhan a également précisé que l’armée se limiterait à l’avenir à ses tâches « de défense et de sécurité » nationales.

« Après sa formation [le gouvernement, Ndlr], nous allons dissoudre le Conseil souverain, et former un conseil suprême des forces armées qui ne se chargera que des questions de défense et de sécurité », a-t-il dit.

Jusque-là, l’opposition a refusé de participer au dialogue national parrainé par l’ONU, l’Union africaine (UA) et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en Afrique de l’Est, en raison de la présence des militaires putschistes.

La formation d’un gouvernement constitué de forces civiles est l’une des principales revendications de l’opposition qui a occupé pendant cinq jours les rues de la capitale Khartoum et de plusieurs autres villes du pays.  Mais les Forces pour la liberté et le changement (FLC), le principal bloc civil d’opposition au Soudan, ont rejeté la proposition du général Burhan de laisser la place à un gouvernement civil. Dénonçant un « retrait tactique » destiné à maintenir l’influence de l’armée dans le pays, les FLC ont également appelé à « poursuivre la mobilisation » contre le pouvoir militaire, vu que le général a annoncé qu’aux côtés du gouvernement civil siégerait un Conseil suprême des forces armées, dont il n’a pas défini les prérogatives.

Le 25 octobre dernier, le général s’est retourné contre ses partenaires civils avec lesquels il avait conclu, au lendemain de la chute de dictature militaro-islamiste d’Omar el-Béchir, un accord pour partager le pouvoir le temps de mener le pays vers ses premières élections démocratiques. Il a notamment limogé le gouvernement de Transition, fait arrêter ses partenaires civils, et imposé l’état d’urgence dans le pays.

Après ce putsch, la junte militaire a perdu le soutien financier des bailleurs internationaux alors que le pays est aux prises avec un assèchement de la liquidité et une inflation de plus de 200%.

 

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