Sénégal : Sonko est devenu l’homme le plus puissant de l’échiquier politique grâce à Macky Sall

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Sénégal : Sonko est devenu l’homme le plus puissant de l’échiquier politique grâce à Macky Sall

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Abdou Khadre Lô, fondateur du groupe Primum Africa Consulting, est un fin observateur de la vie politique sénégalaise, qui est régulièrement sollicité par les médias internationaux pour ses analyses pertinentes. Dans ce billet, il explique comment le Président du Sénégal, Macky Sall, a renforcé son principal opposant, Ousmane Sonko, en voulant se débarrasser de lui.

Le président Macky Sall a eu deux phrases malheureuses qui ont conduit à la situation actuelle : « Je vais réduire l’opposition à sa plus simple expression ». Seulement, il y a des individus qu’on ne peut arrêter sous peine de mettre le pays sens dessus-dessous. Ousmane Sonko a bien décrypté le message. Contrairement à Karim Wade et Khalifa Sall qui ont été amenés à la guillotine, sans résistance et dans la quasi indifférence, lui, par le truchement d’une affaire privée, a imposé un rapport de force qu’il a clairement gagné par la rue et la violence. Ce sont les faits.

Les forces morales du Sénégal ont dû peser et l’appareil politico-judiciaire faire machine arrière pour que le pays ne s’embrase pas. Sonko était l’opposant le plus radical au régime, il est devenu l’homme le plus puissant de l’échiquier politique. Il a réussi à imposer sa volonté à l’exécutif et au système judiciaire réunis. Aujourd’hui, Sonko c’est Bruce Tout Puissant. Le contrôle judiciaire va peut-être se muer en abandon de toutes les charges. Le pouvoir n’a pas d’autre choix. Sonko ne lui en laisse pas le choix.

Une condamnation le privant de la présidentielle à venir n’est pas envisageable. Les mêmes faits produisant les mêmes effets, le pays brûlerait. Ce qui s’est passé ces derniers jours était un bras de fer décisif que Sonko a indéniablement remporté, au prix de vies humaines et d’énormes dégâts matériels que tout républicain devrait condamner. Oui aux manifestations pacifiques consacrées par notre constitution. Non à la casse, aux pillages et aux incendies de bâtiments publics et privés. La violence, sous quelque forme que ce soit, d’où que cela puisse venir, est détestable. Seul le diable s’en réjouit.

Maintenant, la route vers 2024 semble toute balisée pour Sonko. Il n’est pas à exclure que, sentant le vent tourner, beaucoup de proches du président Macky Sall et des alliés se rapprochent dores et déjà du patron de PASTEF. Il verra un défilé incessant d’opportunistes dans son salon. Ainsi va notre Sénégal. L’intérêt particulier au-dessus de tout.

Afrik.com Avec AP21

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