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Sénégal : « Report du Débat d’orientation budgétaire » : l’Assemblée «Dob» la crise avec le gouvernement

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L’Assemblée nationale a décidé, ce samedi, de surseoir au Débat d’orientation budgétaire en clôturant la session ordinaire unique de l’année 2023-2024. Cette décision fait suite à la sortie du Premier ministre, qui aurait tenu des propos désagréables et irrespectueux à l’endroit de l’institution et des députés. Pour le président du Groupe parlementaire de Yewwi, cela n’empêchera pas le gouvernement de poursuivre son travail.

Par Justin GOMIS – Les députés et le Peuple sénégalais n’auront pas encore droit à un débat d’orientation budgétaire, qui pourrait permettre au ministre des Finances de présenter un document de programmation pluriannuelle économique et budgétaire 2025-2027, qui servira de référence à la préparation de la Loi de finances. L’Assemblée nationale, majoritairement composée des députes de la Coalition Benno bokk yaakaar, a demandé et obtenu du Bureau de l’Assemblée de surseoir au Débat d’orientation budgétaire, sous prétexte que le Pm a tenu des propos discourtois à l’endroit de l’Assemblée, et que les députés de la majorité assimilent à un manque de considération de l’institution. Une attitude que le président du Groupe parlementaire Yewwi askan wi qualifie de faux-fuyant. «Je parlerai de tempête dans un verre d’eau et de coup d’épée dans l’eau de la part d’une majorité qui fait une fuite en avant, d’une majorité en débandade, d’une majorité en déroute», a réagi Ayib Daffé devant la presse.
D’après lui, la majorité parlementaire de la Coalition Benno bokk yaakaar, qui est aujourd’­hui dans l’opposition, «a manigancé, avec la complicité du président de l’Assemblée nationale, un scénario pitoyable».

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A l’en croire, depuis la semaine dernière, les députés étaient convoqués en séance plénière. Ainsi, une réunion de bureau a été tenue. «Et à la suite de cette réunion de bureau, on avait tenu la Conférence des présidents pour décider de la tenue du Débat d’orientation budgétaire et de la clôture de la session aujourd’hui. C’est hier, vers minuit, qu’on nous a envoyé une convocation nous demandant de nous présenter à 9 heures pour une réunion du Bureau de l’Assemblée nationale. En républicains, on s’est présentés à 9 h. Le seul ordre du jour était l’information. On s’est présentés dans la salle pour la réunion et on a attendu jusqu’à 10 heures avant que le président ne vienne démarrer la réunion, sans s’en excuser, après une heure de retard. Il nous a proposé l’annulation ou de surseoir à l’organisation du Débat d’orientation budgétaire soi-disant qu’il y «aurait des propos offensants ou des propos discourtois tenus contre l’institution qui est l’Assem­blée nationale»», a expli­qué le président du Groupe parlementaire de Yewwi askan wi.

 

En réponse à cet acte du président de l’Assemblée, les députés de Yewwi lui ont signifié qu’«il n’était pas courtois de convoquer une réunion à minuit pour 9 heures sans ordre du jour et venir se présenter à 10 heures sans s’excuser».
Selon Ayib Daffé, «c’est un manque de rigueur, de sérieux et de respect des députés et de l’institution parlementaire, des membres du bureau». Les députés de la Coalition Yewwi askan wi n’ont pas aussi manqué de rappeler au président de l’Assemblée que «lors de la conférence de presse du groupe parlementaire de Benno bokk yaakaar la veille, le président dudit groupe, Abdou Mbow, lui avait fait injonction de tenir la réunion de bureau, et il s’est exécuté à minuit comme une «marionnette»». Ce que Ayib Daffé voit aussi comme un manque de respect à l’égard des autres députés. Avant de poursuivre : «nous lui avons fait remarquer également qu’un débat est agité depuis l’installation de l’Assemblée nationale, à savoir la falsification du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale par des agents de l’Assem­blée nationale, ou en tout cas des responsables qui sont au sein de l’Assemblée nationale. Jusqu’à présent, malgré des saisines par lettre, malgré des déclarations des groupes parlementaires, aucune mesure n’a été prise et le sujet n’est même pas évoqué en réunion de bureau», s’est-il désolé.

Pour lui, quand le Règlement intérieur est falsifié, on doit prendre les dispositions pour corriger cette falsification, qu’il assimile à de la fraude à la loi. «Malheureusement, ils refusent même de l’évoquer en réunion de bureau, et ensuite demandent de reporter le débat d’orientation», dit-il, en montrant qu’ils étaient prêts, à la suite de l’information du ministre des Finances, de prendre la parole. Malheureu­sement, cette parole leur est privée. Mais, ce n’est pas l’avis de Abdou Mbow. Pour lui, il s’agit d’un piège que veulent leur tendre les députés de la Coalition Yewwi askan wi.

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«La Conférence des présidents a été informée de la question du Règlement intérieur. Nous avons demandé au président de l’Assemblée nationale de prendre contact avec le président de la République pour régler ce problème. On voudrait nous piéger en nous amenant ici pour nous livrer à des joutes oratoires ou à des confrontations physiques comme ils ont l’habitude de le faire. C’est vrai que nous sommes des opposants, mais nous sommes des opposants républicains, qui respectent le Sénégal et les populations qui nous ont amenés ici. Nous représentons l’Assemblée na­tio­nale. Nous sommes des députés de la république. Nous ne sommes ni les députés de Sonko ni les députés de la rue publique.

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La responsabilité voudrait que le Premier ministre, qui est contraint par l’article 55, vienne faire sa Dpg devant l’Assemblée nationale et qu’il respecte cela», a martelé M. Mbow, selon qui «l’Assemblée a été responsable de travailler aujourd’hui à ne pas avoir de confrontation physique entre les députés et en toute souveraineté». A l’endroit de l’opinion nationale et internationale, il précise que «l’Assemblée nationale respecte la Cons­titution, les Sénégalais, les lois et règlements de ce pays». Selon lui, «c’est parce qu’ils n’osent pas la confrontation, parce qu’ils n’ont pas de programme». Et si tel est le cas, le Pm doit avoir le courage de dire à la Repré­sentation qu’il n’a pas de projet. «Et dans ce cas, nous pouvons le comprendre», dit-il. Avant de préciser que «ce qui a motivé la sus­pension, c’est la déclaration du Pm n’accordant aucun res­pect à l’Assemblée nationale».
Estimant que ce débat ne doit donner lieu à aucun aménagement ni aucun vote, Ayib Daffé dira que cela n’empêchera pas le gouvernement de poursuivre son travail.

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