Sénégal : « Abdourahmane Sarr » : un partisan de la souveraineté monétaire à la tête de l’économie

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[1 jour, 1 ministre] Abdourahmane Sarr : un partisan de la souveraineté monétaire à la tête de l’économie

 
 
 
Nommé ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération dans le nouveau gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, Abdourahmane Sarr est un fin connaisseur du Fonds monétaire international (FMI) pour avoir travaillé dans l’institution depuis plusieurs années. Le spécialiste en politique monétaire et frère de l’ancienne ministre au même département, Oulimata Sarr, est aussi connu pour ses positions réformistes sur le F Cfa.
 
 
 
Abdourahmane Sarr, 56 ans, est un homme du sérail. Il fait partie des technocrates cooptés par le nouveau régime. Né le 26 mars 1968 à Paris, en France, le nouvel argentier du Sénégal a grandi à Dakar dans la capitale sénégalaise. Dès ses études, marquées par un BBA de HEC Montréal, un master et un doctorat de The George Washington University, ainsi qu’une formation à la Harvard Kennedy School, M. Sarr a fait preuve d’un engagement sans faille envers l’excellence académique. Fort de ses fondations solides, il a entamé une carrière impressionnante qui l’a mené à occuper divers postes au Fonds Monétaire International (FMI) pendant 15 ans, où il a progressivement gravi les échelons pour devenir une autorité respectée dans le domaine de l’économie internationale. Il a notamment été représentant résident du Fmi au Togo et au Bénin. Il a également officié au Département des marchés monétaires et des capitaux, où il a dirigé des missions dans le domaine monétaire et financier, rapporte le Sika Finance. 
 
Il a aussi dirigé des missions dans plusieurs pays et territoires tels que la Tunisie, le Maroc, la Guyane, l’Ukraine, la Bosnie-Herzégovine, le Ghana, la Zambie, le Burundi, le Cameroun ou encore la Thaïlande, sur des questions macroéconomiques, monétaires et financières.
 
Dans sa carrière, il a également été économiste principal au département Moyen-Orient et Asie centrale et conseiller macroéconomique auprès de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
 
Abdourahmane Sarr rentre au Sénégal en 2011 et s’engage dans la vie politique et citoyenne de son pays. En tant que Président du Center for Local Economic Development à Dakar, il a mis en œuvre des initiatives novatrices visant à promouvoir le développement économique au niveau local, démontrant ainsi son engagement envers l’autonomisation des communautés et la réduction des disparités régionales.
 
Sa vision stratégique et sa capacité à mobiliser les ressources ont contribué à renforcer les capacités des acteurs locaux et à stimuler la croissance économique dans la région. Il est d’ailleurs à la tête du Mouvement pour la renaissance, la liberté et le développement (Mrld)-Moom sa Bopp, Mënël sa Bopp, un mouvement citoyen sénégalais qu’il a lui-même créé, depuis 2012. Après plusieurs échecs électoraux (doublement victime du parrainage avec une candidature à la présidentielle rejetée en 2012 et 45 autres listes non parrainées présentées aux Législatives de 2017), il rejoint le camp d’Ousmane Sonko en 2019.
 
 
 
Pourfendeur du F CFa
 
 
 
Si la nomination de Abdourahmane Sarr a marqué plus d’un Sénégalais, c’est en partie à cause d’une affaire de fratrie. Il a pris la place qu’occupait sa sœur, Oulimata Sarr, au ministère de l’Économie, département qu’elle avait quitté en octobre dernier. Si le grand frère est prolixe et assume ses prises de positions, « Ouli », elle, est plus discrète. Elle évite de prendre la parole en public. « Elle avait été nommée à la surprise générale et s’en tenait à la feuille de route dictée par les institutions internationales », lance l’économiste sénégalais Chérif Salif Sy, interrogé par Jeune Afrique.
 
Spécialiste des questions monétaires, Abdourahamane Sarr, très actif dans la presse sénégalaise et sur les réseaux sociaux, ne manque aucune occasion pour critiquer le franc CFA. La souveraineté monétaire chevillée au corps, sa nomination est donc logique, mais son chantier, lui, est très immense, d’après des spécialistes.
 
Dans une tribune publiée sur « Seneplus », il affirme que le nouveau chef du gouvernement porte en lui les « les germes d’une Afrique unie et libre avec des fondements solides construits à partir des collectivités locales et non de bailleurs étrangers ».
 
Sy soutient la position du ministre de l’Economie en affirmant que le F CFA ne reflète pas l’économie réelle des pays qui l’utilisent. « Ce qu’il reproche au F CFA, c’est l’impossibilité d’agir sur la valeur. Sa pensée n’a aucune contradiction avec l’avis général », poursuit-il. L’une des premières actions du ministre sera de prendre contact avec les partenaires financiers du pays.
 
« Nous libérer des liens de dépendance extérieure dans nos politiques publiques ». Voilà la mission qu’il s’est assignée, lors de sa prise de fonctions, ce jeudi 11 avril 2024. Le nouveau ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a, en outre, précisé qu’« un État fort et crédible, c’est un État avec un cadre macroéconomique solide et des marges de manœuvre disponibles pour soutenir le secteur privé et faire face aux chocs dans un monde incertain. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons progressivement nous libérer des liens de la dépendance extérieure, yewwi Sénégal ».
 
La balance commerciale du pays reste structurellement déficitaire. Le combat contre la cherté de la vie sera également au cœur de ses missions.
 

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