Sanctions sur le Mali: Bamako en risque d’asphyxie financière

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Face à l’intransigeance de la junte malienne dirigée par Assimi Goita, les robinets se ferment les uns après les autres. Prises d’assaut tout au long de la semaine par une clientèle inquiète, les banques maliennes se préparent à une situation difficile. Détenu à plus de 60% par le Mali, le système bancaire malien doit répondre aux directives de son superviseur, à savoir la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), organe central de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

Ainsi, les banques locales opérant sur le territoire ivoirien ont reçu le 11 janvier 2022 la notification de la suspension du Mali dans les transactions financières, selon un document de la direction nationale de la BCEAO, consulté par Financial Afrik.

La note signée par le directeur national de la BCEAO Côte d’Ivoire, Calouhou Coulibaly, invite les établissements bancaires et financiers de veiller au strict respect des sanctions prises à l’encontre du Mali lors de la dernière conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA tenue le 9 janvier à Accra en marge du sommet de la CEDEAO.
Selon nos sources, la Côte d’Ivoire est le premier pays de la zone UEMOA à notifier aux banques l’exécution des mesures susmentionnées. Les banques des 7 autres membres de l’UEMOA ont, elles aussi, reçu et mis en exécution l’ordre de l’embargo fermant le Mali d’Assimi Goita du marché sous-régional des capitaux, après une note de la Commission de l’UEMOA.
Les sanctions sur le Mali provoquent une montée d’adrénaline chez les investisseurs détenteurs des obligations de ce pays. Principales intervenants sur le compartiment UMOA-Titres, les banques surveillent de près leurs expositions à ce pays aux mains des militaires depuis août 2020. L’encours des obligations émises par le Mali depuis 2014 tourne autour de 4 0000 milliards de FCFA.
Sans le soutien de son principal bailleur de fonds, à savoir l’Union Européenne, de la BCEAO et de ses démembrements (BOAD), le pays occupé dans sa partie nord par les mouvements Djihadistes, ne tiendrait pas financièrement plus de quelques jours, susurrent des sources bien informées, qui savent que la junte n’aura pas accès au compte unique du Trésor pour payer les fonctionnaires à la fin janvier.

Les ports de Dakar et d’Abidjan qui assuraient l’essentiel des approvisionnements du pays trouveront difficilement d’alternatives aux autorités maliennes qui évoquent tantôt la Mauritanie tantôt l’Algerie. Il faudra dans ces deux cas mettre en place des schémas complexes et coûteux en sus d’une chaîne de financement du commerce international défavorable pour le Mali du fait du risque pays et de leur corollaire comme les pricing des lettres de crédit (entre 3 et 4%) ajustées au maximum pour un pays noté entre C et D. Une délégation malienne attendue à Alger et à Nouakchott la semaine prochaine devrait proposer à ces capitales une aide logistique pour acheminer des marchandises et autres produits.

https://www.financialafrik.com

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