SAISIE DE BIENS DE TEODORIN PAR LA JUSTICE SUD-AFRICAINE : La rançon de l’incurie

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SAISIE DE BIENS DE TEODORIN PAR LA JUSTICE SUD-AFRICAINE : La rançon de l’incurie

S’il y a le fils d’un président africain en exercice, qui s’est illustré par ses frasques et ses excentricités au point qu’il fait l’objet de condamnations un peu partout à travers le monde, c’est bien Teodoro Obiang Nguema Mangue, surnommé « Théodorin ». En effet, fils du président équato-guinéen et vice-président de la République, ce dernier, faut-il le rappeler, est sous le coup de condamnations ou de sanctions en France, au Royaume-Uni, en Espagne et aux Etats-Unis. Désormais, c’est avec la Justice sud-africaine qu’il a maille à partir ; elle qui, en début de semaine en cours, a procédé à la saisie de certains de ses biens. Il s’agit de deux propriétés du Cap et un yacht de luxe amarré au port de ladite ville, qui pourraient, dans les jours à venir, faire l’objet de vente aux enchères. Cette décision de la Justice sud-africaine fait suite au rejet de l’appel de Teodorin qui contestait la condamnation l’obligeant à verser près de deux millions d’euros à Daniel Janse Van Rensburg pour « arrestation illégale et torture ». L’affaire, dit-on, remonte à 2013. Le plaignant, de nationalité sud-africaine, est un spécialiste du secteur de l’aviation, qui comptait finaliser un contrat en Guinée équatoriale avant de lancer une compagnie aérienne avec un proche de la famille Obiang. Le projet ayant tourné court, Daniel Janse Van Rensburg a été jeté en prison « sur les ordres » de l’actuel vice-président équato-guinéen, à l’époque, chargé des questions de défense et de sécurité de son pays.

 

Teodorin Obiang Nguema gagnerait à descendre de son piédestal en faisant profil bas

 

 C’est la preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que la Guinée équatoriale est un pays qui marche sur la tête où, plutôt que des institutions fortes, l’on a affaire à des hommes forts qui se croient tout permis ; tant ils y font la pluie et le beau temps. Cela est d’autant plus vrai que dans un Etat de droit digne de ce nom, c’est le juge qui, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés, est censé envoyer un fautif, s’il est reconnu comme tel, en prison et non un particulier, fût-il un hiérarque ou un fils du président de la République. Tant qu’à faire, on met à tout le moins la forme pour sauver les apparences. Teodorin Obiang Nguema gagnerait à descendre de son piédestal en faisant profil bas. Car, comme on le dit, nul n’est assez fort pour l’être éternellement. A preuve, après le départ de leurs géniteurs respectifs du pouvoir, l’on a vu râler des fils d’anciens présidents africains, quand certains ne rasent tout simplement pas les murs aujourd’hui. Sont de ceux-là, par exemple, les enfants de l’ex-président angolais José Eduardo Dos Santos, aujourd’hui traqués par la Justice de leur pays. Et on peut multiplier les exemples, sur le continent. En tout cas, si l’objectif du père est de faire du fils, son successeur à la tête du pays, on peut dire qu’il aura fort à faire, puisqu’il lui faudra avant tout travailler à redorer le blason d’un vice-président à la sulfureuse réputation.

 

B.O

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