Révélation : Après Bambari, bientôt Sibut ?

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Il y a quelques jours, après avoir minutieusement organisé, planifié et exécuté l’assassinat de trois sujets peulhs, sur l’axe Bambari – Alindao,  à dessein avec des armes blanches, et profitant de la mort d’un prisonnier musulman qui, tentant de s’évader, avait été abattu par un garde, le mercenaire nigérien, Ali Darass, comme toujours simulant réagir en représailles à ce lâche et crapuleux commis par des antibalaka – un grossier mensonge – , a attaqué la ville de Bambari et s’en est emparé.

Depuis deux jours il s’y déroule, au vu et au su des contingents de la Minusca, d’horribles et macabres scènes d’exactions et de pillages des biens publics et privés sans exclusive, et tous leurs corollaires que sont à ce jour des morts qui jonchent les rues et les fourrées, laissés à la merci des chiens et porcs errants, des habitations incendiées, des commerces et boutiques saccagés, et des milliers de personnes déplacées. Parallèlement à ces actes de règne de la terreur, imposé à nos populations et présentement à celles de la ville de Bambari, et pour amadouer l’opinion nationale et internationale, la Minusca appuie sur les pédales de la communication offensive, truffées de grossiers mensonges et de contre – vérités autour des mots « la situation est sous contrôle », alors qu’elle ne l’est pas en réalité. Et elle ne l’est pas actuellement. Bien au contraire, la ville de Bambari est bel et bien tombée entre les mains de l’UPC d’Ali Darass avec la bénédiction de la Minusca.

Comme toujours, le régime de Touadéra et le gouvernement de son cher aîné Sarandji qui ont brillé  deux années durant  par une incapacité notoire à sécuriser le pays et assurer la protection des biens et des personnes, a préféré attendre et se taire. Ils se sont tus et ont attendu d’abord la réaction officielle de la Minusca avant de communiquer sur cette attaque. Et comme il fallait s’y attendre, en reprenant tout béatement à leur compte le leitmotiv des représailles ou plus exactement le légendaire argumentaire du recours à des actes de représailles, et ce, sans avoir préalablement et soigneusement  procédé aux recoupements des faits, tels qu’ils se sont effectivement produits.

Pis, cette fois – ci, comble d’insulte à la mémoire de toutes les victimes en cours et de leurs familles à jamais éplorées, la responsabilité de cette communication gouvernementale n’a pas été donnée à son porte – parole, M. Alain Maxime Kazagui, mais plutôt à un journaliste, M. Dimitri Mbalanga, animateur de l’émission « Club de la Presse ».

A ce propos, il n’est point besoin d’être un diplômé en sciences politiques ou un observateur averti de la vie politique centrafricaine, pour décrypter aisément  à travers le choix de l’intervenant le mépris combien insolent et le désintérêt combien trop ostentatoire que Touadéra et son équipe de kleptocrates et d’oligarques ne cessent de laisser apparaitre au grand jour devant les malheurs et les souffrances du peuple centrafricain. Un acte de négligence et un manque total de respect vis – à – vis de leurs électeurs et du peuple qui est agressé  sur sa propre terre et assassiné tous les jours. Sinon comment comprendre une nouvelle fois le silence du président Touadéra, depuis cette attaque et la prise de la ville de Bambari par le mercenaire nigérien, Ali Darass, avec la complicité active du contingent mauritanien de la Minusca ? N’était – il pas de sa responsabilité de prendre la parole pour appeler au calme et prendre de vigoureuses mesures afin de rassurer la population de  Bambari ? Et qu’avait donc M. Kazagui, porte – parole du gouvernement, de charges si importantes à assumer au point de ne pas  pouvoir  se libérer à temps pour communiquer sur cette attaque ? Qu’ entendent – ils par représailles, lorsque ces bandits à chaque attaque s’en prennent à des symboles de la République, tuent et pillent ? Sont – ce là des actes de représailles ou des actes d’occupation ? Voilà, de si pertinentes questions qui restent à ce jour et resteront dans les jours à venir sans réponse convaincante et plausible.

Ceci étant dit, selon des informations dignes de foi en notre possession au moment où ces lignes sont en train d’être tracées, en réalité, l’attaque et la prise de la ville de Bambari, chef – lieu de la Ouaka, n’est que la mise en œuvre d’un programme d’actions à exécuter  et contenu dans les recommandations des conclaves de Kaga- Bandoro et de Bria entre un certain Damane et Ali Darass. Mais, si nous avons été informés très tôt de l’issue de la rencontre de Kaga – Bandoro dont l’objectif était de marcher tout de suite vers Bangui, il n’en était pas ainsi pour le conclave de Bria. Pour des raisons d’ordre stratégique, il a été révélé à dessein à l’opinion nationale et internationale que le but visé à la fin de cette rencontre était la réconciliation entre les peulhs et les goula. Touadéra et le gouvernement de son cher aîné Sarandji y ont tout béatement cru ; ils y ont même donné leur accord, puisqu’il n’était pas possible nulle part ailleurs que des hommes lourdement armés puissent se déplacer d’une ville à une autre sans pour autant susciter une vive réaction de protestation de la part de tout gouvernement légal et légitime.

 Or, en agissant ainsi au nom de leur fameuse politique de main tendue aux bandes armées et aux seigneurs de guerre, non  seulement ils leur ont donné l’occasion de se réunir, mais surtout ils leur ont permis de s’organiser et de programmer la reconquête de la ville de Bambari. Et c’est ce qui a été fait, en usant du même mode opératoire qui leur a  toujours permis d’attaquer et de prendre une ville, celui des représailles,  avec la complicité avérée  de la Minusca, en l’espèce celle du contingent mauritanien dont le représentant local, un certain Omar Bah, n’est rien d’autre que le beau – frère du mercenaire nigérien, Ali Darass.

Désormais, la ville de Bambari, située à 385 Km de Bangui en allant vers le centre, jadis déclarée par la Minusca «  ville sans armes », vient de leur être royalement livrée, après la ville de  Bria qui est sous leur contrôle depuis longtemps. Sans coup férir, après avoir accompli la mission qui leur avait été donnée, celle de mettre à feu et à sang  tout l’est du pays, à savoir la Basse – Kotto, le Mbomou et le Haut – Mbomou, un nouveau front de Bambari vient de s’offrir, s’ajoutant au premier qui est celui de Kaga – Bandoro dont les éléments sont signalés à 40 km de la ville de Dékoa.

Comme nous pouvons le constater, les pièces du puzzle du grand complot astucieusement ourdi contre la République centrafricaine et le peuple centrafricain se mettent progressivement et méthodiquement en place, au vu et au su de la Minusca dont les contingents ne cessent de se replier vers Bangui et sans que Touadéra et son cher aîné Sarandji ne s’en aperçoivent.

C’est ainsi que,  selon des sources indépendantes sus – évoquées, leur objectif, c’est d’atteindre, avant la tenue du dialogue politique sous l’égide de l’UA et de l’ONU, la ville très stratégique de Sibut, mettre suffisamment de pressions sur le régime de Bangui et poser in fine leurs différents points de revendication : l’amnistie générale, le non – désarmement de tous les sujets musulmans au nom du droit des minorités à la protection pour éviter la vengeance de toutes leurs victimes, et le partage du pouvoir. Le cas échéant et du fait du soutien de la Minusca acquis à leur cause, ils exigeraient purement et simplement le départ du président Touadéra ou la partition.

Aux dernières nouvelles, cette fois – ci des commandos de la gendarmerie, plus exactement des GIGN, accompagnés par des forces spéciales auraient déjà fait leur entrée dans la ville du côté de Kidjikra où règne la vie, alors que continuent de sévir de l’autre côté le mercenaire nigérien, Ali Darass, avec ses bandes armées. Y aura – t – il un retournement de  situation ? Wait and see.  

Affaire à suivre…..

Jean – Paul Naïba

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