Retour de Bozizé : le franc – parler de certains diplomates au premier ministre Ngrébada

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Selon@presseprimature dans sa publication du mercredi 18 décembre 2019, le premier ministre Firmin Ngrébada a reçu successivement  à son cabinet quelques hauts diplomates en poste en République centrafricaine. Il s’agit de l’ambassadrice des États Unis d’Amérique Lucie Tamlin, de l’Ambassadeur, Haut Représentant de la République Française en Centrafrique Éric Gérard et de Mustafa El Alfoui, Ambassadeur du Royaume du Maroc, Doyen des Ambassadeurs Africains. L’objet de ces audiences portait sur des sujets d’intérêt national.

Mais si les communicants de la 3ème institution de la République ont délibérément omis d’être plus explicites sur ce qu’ils voudraient bien faire entendre par « sujets d’intérêt national », pour des raisons dont on ignore les raisons, certaines sources indépendantes après moult recoupements et investigations ont fini par rapporter à notre rédaction que par ces mots, ils ont tout simplement voulu faire allusion au retour inopiné de l’ancien président François Bozizé et au contexte socio – politique électrique et plein de tensions qui en est découlé depuis lors.

 Un retour tant annoncé, faut – il le rappeler, par les lanceurs d’alerte et certains guerriers de la plume, depuis plusieurs mois. Un retour au bercail, hautement stratégique pour l’intéressé et son parti politique, le KNK, mais déstabilisant et déstabilisateur pour le président Touadéra et son clan de prédateurs, car s’inscrivant dans un environnement précédant la tenue des prochaines élections de 2020, et dans une dynamique réelle de contestations de la gouvernance du régime de Bangui, marquée particulièrement par le refus des principaux bailleurs de fonds de mettre la main à la poche, la mise en place d’un comité stratégique d’appui au processus électoral par un arrêté du premier ministre Ngrébada, immédiatement qualifié d’anti – constitutionnel, d’illégal et de manifestement irrégulier par toutes les forces vives de la nation, et accentuée par une situation totale d’insécurité sur plus de 85% du territoire national,  l’expiration du mandat des membres de l’ANE, et les risques du glissement du calendrier électoral et de la prorogation du mandat du président de la République et du celui  des élus de la nation.

C’est fort de toutes ces conditions que l’opposition démocratique, en général, et le Mouvement «  E Zingo Biani », en particulier, n’ont de cesse de demander une rencontre avec le président Touadéra et son gouvernement autour d’une table pour un règlement consensuel de cette situation socio – politique  pleine d’incertitudes qui se profile à l’horizon. Une demande à laquelle le président Touadéra et son clan de prédateurs ont toujours malheureusement refusé de déférer jusqu’au retour de l’ancien président Bozizé qui, lui, veut aller aux élections et qui exige un tête – à – tête avec son ancien premier ministre. Mais, au lieu d’avoir le courage politique comme le président Kolingba face aux pressions de Patassé et Dacko en 1992, et d’accepter la tenue d’un dialogue avec toutes les forces vives de la nation, le mathématicien préfère jouer à l’homme fort de Bangui, obnubilé par le fait qu’il peut compter  sur ses soutiens inconditionnels du moment que sont les mercenaires du Groupe Wagner et certains leaders des groupes armés.

C’est ainsi qu’il a ordonné, avant son départ pour Libreville, à son premier ministre Ngrébada de prendre toutes les mesures qui s’imposent afin de localiser la tanière de l’ancien chef d’état – major du président Patassé et d’obtenir son arrestation, par tous les moyens par  l’entremise de la Minusca, en vue de son transfert et celui de son fils Jean – Francis Bozizé dans les meilleurs délais à la CPI. Mais, pour ce faire et pour éviter toute déconvenue diplomatique, le locataire de la Tour de Pétroca a jugé judicieux d’en débattre préalablement avec les hauts diplomates accrédités près la République centrafricaine, et d’avoir leurs points de vue avant d’aviser. Malheureusement pour lui, ceux – ci ne sont pas allés avec le dos de la cuillère, selon nos sources, pour lui proposer le dialogue comme seul mode de règlement de cette situation, dans un contexte où la donne n’est plus en faveur du pouvoir de Bangui.

Ainsi donc, fort de cette proposition, l’homme se trouverait dans l’impossibilité et l’incapacité totale de saisir la Minusca d’une sollicitation expresse du gouvernement relative à l’arrestation des Bozizé. Et comme si cela ne suffisait pas, pour conclure, ces sources affirment que les tensions ne cessent de monter, d’abord, au sein des FDSI où les Faca refusent de se joindre à Touadéra et Ngrébada pour faire humilier un général des corps d’armée, ensuite, dans les états – majors des partis politiques où tout le monde insiste sur l’impérieuse nécessité d’une rencontre avec le président Touadéra, enfin, dans les milieux acquis aux éléments des Anti – Balaka où des dispositions seraient en train d’être prises afin de répondre militairement aux provocations du régime de Bangui, si Touadéra venait à procéder effectivement  à l’arrestation des Bozizé pour leur transfèrement à la Haye, après les cas Rombhot et Ngaïssona.

Aux dernières nouvelles, en dépit des campagnes anti – françaises menées âprement à grands coups d’argent par l’ivoirien Harouna Douamba à la solde de Sarandji et sur instructions de Touadéra, des signes pointeraient pour le basculement de la situation politique en faveur du Général, notent de nombreux observateurs. Et ce, au nom de la paix, de la stabilité, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale par le dialogue et dans l’unité.

Et si le dernier communiqué du porte – parole du gouvernement, au lendemain du 9ème sommet de la CEEAC à Libreville,  témoignait de cette dynamique d’aller ensemble vers un apaisement total de la situation ?

Jean – Paul Naïba

 

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