République centrafricaine : comment la crise énergétique pèse lourdement sur le service public

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Conjoncture

République centrafricaine : comment la crise énergétique pèse lourdement sur le service public

Selon le ministère des Finances, l’exploitation du logiciel de gestion budgétaire et comptable Sim_Ba est rendue difficile par les coupures intempestives de l’électricité.

Publiée mercredi 5 juin 2024 à 11:49:29Modifiée mercredi 5 juin 2024 à 11:49:33

Par Jean Omer Eyango

Dans son rapport d’exécution du budget au premier trimestre 2024, le ministère des Finances et du Budget (Minfib) de la République centrafricaine indique que la crise énergétique dans le pays impacte négativement l’exécution du budget des ministères et des différentes institutions. Le document signale une forte instabilité du réseau informatique, liée notamment aux coupures intempestives de l’électricité. Spécialement, cette situation ne facilite pas l’exploitation du logiciel de gestion budgétaire et comptable Sim_Ba, adopté par le gouvernement en 2022 dans le but d’optimiser les recettes fiscales, grâce aux fonctionnalités de ce logiciel qui conserve un meilleur suivi des recouvrements fiscaux.

Les récents investissements dans le secteur énergétique n’ont pas réussi à produire un impact significatif sur le service électrique. Sur la seule année 2023, ce pays a en effet construit 2 centrales solaires photovoltaïques de 15 MW et 25 MW de capacité chacune, respectivement à Sakaï (10 kilomètres de Bangui) et Danzi (18 kilomètres de Bangui). Ces ouvrages ont permis à Energie centrafricaine (ENERCA), l’entreprise publique de production, transport et distribution de l’électricité, de passer d’une puissance installée de 37 MW en 2016 à 105 mégawatts en 2023.

Les autorités ont également mis en service deux centrales hybrides solaires/photovoltaïques dans les villes secondaires de Berberati et Bambari, preuve qu’elles mettent sur ce type d’énergie pour résorber à moyen terme l’énorme déficit énergétique qui constitue un frein à l’industrialisation du pays. Le président de la République, Faustin Archange Touadera, a annoncé dans son discours de fin d’année 2023 que les efforts d’électrification rurale de son gouvernement se poursuivaient en 2024 dans les villes de Bouar, Birao, Bangassou, Bossembele, Obo et Nola. . Toujours à moyen terme, le gouvernement fonde également l’espoir sur l’accélération des projets relatifs à l’interconnexion des réseaux électriques portés par les 6 pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique (Cemac), qui absorberont une partie des 9 209 millions d’euros mobilisés lors de la table ronde du 28 novembre 2023, à Paris, en vue du financement des projets intégrateurs de la sous-région pour combler durablement son déficit énergétique.

Outre les installations solaires à grande échelle, et dans une logique de développement d’un véritable mix énergétique dans en République centrafricaine, un projet de réhabilitation et de renforcement des centrales hydroélectriques de Boali 1 (8,75 MW), Boali 2 (20 MW ) et Boali 3 (10 MW) seront mis en œuvre. A noter que la capitale Bangui dispose également de 2 centrales thermiques, dont la plus récente de 10 MW, construite à 9 milliards Fcfa, a été inaugurée en novembre 2021.

Ecomatin

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