REPRISE DES COMBATS ENTRE LE M23 ET LES FARDC : Ainsi donc, le pape François aura semé dans des ronces…

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REPRISE DES COMBATS ENTRE LE M23 ET LES FARDC : Ainsi donc, le pape François aura semé dans des ronces…

 

On le savait affaibli par le poids de l’âge et la maladie. Mais il a tenu à honorer sa parole en effectuant la visite promise aux Congolais, en juillet 2022, avant d’être reportée sine die pour des raisons de santé. Lui, c’est le pape François, venu en apôtre de la paix en République démocratique du Congo (RDC) où il a séjourné du 31 janvier au 3 février 2023 pour semer les graines de l’amour et du pardon, avant de continuer son périple africain au Soudan du Sud. Une visite qui suscitait les espoirs de lendemains de paix pour ce pays déchiré par la guerre et dont les populations ne savent plus à quel saint ni à quel autre protecteur se vouer. Et ce, face aux exactions récurrentes des groupes armés contre des populations civiles sans défense, marquées au fer rouge par les attaques meurtrières et prises au piège d’une guerre sans fin. Mais tout porte à croire que si le Saint Père a tenu à effectuer ce voyage apostolique en RDC, c’est sans aucun doute parce qu’il lui tenait à cœur de traduire sa proximité et sa solidarité avec ce peuple meurtri d’Afrique centrale et durement éprouvé par les aléas de la vie.

 

On espérait que son appel à la tolérance et à l’amour du prochain, ne tomberait pas dans l’oreille d’un sourd

 

Et son message de paix et de réconciliation était d’autant plus attendu que pour sa célébration eucharistique dans la capitale, c’est le tout-Kinshasa qui s’était mobilisé pour venir à la rencontre de l’Homme de Dieu. Et l’on espérait que son appel à la tolérance et à l’amour du prochain, ne tomberait pas dans l’oreille d’un sourd. Hélas, moins de trois semaines après son séjour, alors que les effluves de son passage ne s’étaient pas encore totalement dissipées, les armes se sont remises à crépiter à nouveau dans l’Est du pays, entre les rebelles du M23 et les FARDC. Ainsi donc, en référence à la parabole du semeur sorti pour ses semailles, le moins que l’on puisse dire, c’est que les graines de l’amour répandues par le pape François lors de son séjour congolais, au lieu de tomber dans la bonne terre pour porter du fruit, sont tombées au milieu des ronces qui les ont aussitôt étouffées. Autrement, comment comprendre cette montée subite de la violence meurtrière entre les protagonistes, au moment où les sommets se multiplient pour trouver des solutions, de même que les appels au cessez-le-feu ? Toujours est-il que cette reprise des combats intervient au lendemain du sommet de l’Union africaine (UA) tenu les 18 et 19 février derniers en Ethiopie. Et où le processus de paix dans l’Est de la RDC était au cœur d’un mini-sommet qui a regroupé, le 17 février dernier au siège de l‘UA à Addis-Abeba, autour des présidents congolais, Félix Tshisekedi et rwandais, Paul Kagame, leurs homologues de la Communauté est-africaine (EAC), en l’occurrence le président burundais ainsi que la présidente tanzanienne, de même que le président angolais en tant que médiateur de l’UA pour la RDC, au moment où l’Ouganda et le Soudan du Sud étaient représentés par leurs ministres des Affaires étrangères.

 

On se demande d’où viendra le salut du peuple congolais

 

Au cœur des échanges, la question du cessez-le-feu et du retrait de la rébellion du M23 qui a déjà fait l’objet d’un nouveau calendrier. Une initiative qui n’a visiblement pas prospéré, à en juger par la reprise des combats sur le terrain. Pas plus que les nombreuses autres initiatives diplomatiques restées jusque- là infructueuses, à l’instar de l’EAC qui, de Luanda à Bujumbura en passant par Nairobi, a multiplié les sommets sans jamais avoir été en mesure de mettre ses résolutions en application. Ce n’est pas sa force régionale créée pour jouer les gendarmes et censée s’assurer du retrait du M23 de ses positions conquises, qui dira le contraire. Elle qui, tout comme la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO), est aujourd’hui l’objet de vives critiques quand elle n’est pas tout simplement vouée aux gémonies par des populations congolaises qui ne s’expliquent pas son incapacité à mettre les rebelles du M23 au pas. Dans ces conditions, on se demande d’où viendra le salut du peuple congolais ; tant la paix semble de plus en plus s’éloigner. Avec une rébellion du M23 qui semble engagée à aller au bout de l’épreuve de force, et un président Félix Tshisekedi qui ne décolère pas contre son voisin rwandais, Paul Kagame, accusé d’être aujourd’hui à l’origine de tous les malheurs de la RDC pour son soutien supposé ou réel aux irrédentistes rebelles du M23 avec qui Kinshasa ne veut pas entendre parler de dialogue. La question est de savoir si la RDC pourra faire l’économie d’une résolution politique et diplomatique de cette crise, au moment où les FARDC semblent éprouver toutes les peines du monde à faire basculer, de façon décisive, le rapport de forces sur le terrain en leur faveur. On attend de voir.

 

« Le Pays »  

 

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