RENCONTRE DE GROUPES POLITICO-MILITAIRES TCHADIENS A ROME : Que peut-on en attendre ?

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RENCONTRE DE GROUPES POLITICO-MILITAIRES TCHADIENS A ROME : Que peut-on en attendre ?

Au nombre de 18, ils avaient refusé de signer l’accord de Doha qui avait permis la tenue, dans les conditions que l’on sait, du dialogue national qui a non seulement prolongé la durée de la transition au Tchad, mais aussi acté la candidature à la prochaine présidentielle de Mahamat Idriss Deby. Mais, soucieux de « contribuer aux efforts de prospection de résolution de la crise tchadienne dans un cadre global et véritablement inclusif », ils ont accepté, sur invitation de la communauté Saut’Egidio, de se retrouver à Rome en Italie, pour des échanges sur la situation politique et sécuritaire dans leur pays. Les groupes politico-militaires non signataires de l’accord de Doha, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, n’entendent pas rester en marge de la transition en cours au Tchad. En dépit des divergences qui les opposent aux autorités de la transition, ils souhaitent que le Tchad tourne la page des années sombres de son histoire pour s’engager résolument dans la recherche de solutions pérennes aux problèmes auxquels il fait face. C’est en cela qu’il faut saluer l’initiative de Saut’Egidio dont l’une des missions essentielles est de contribuer à protéger la paix là où elle est menacée. C’est tout à l’honneur de cette communauté chrétienne qui, on s’en souvient, a souvent réussi là où d’autres ont échoué. Sera-ce le cas pour le Tchad ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite, même si l’on déplore au passage le fait que les autorités de N’Djamena n’ont pas été associées à ces pourparlers de paix de Rome.

 

Deby fils a réussi à rouler tout le monde dans la farine

 

Ces dernières se reconnaitront-elles dans les conclusions qui en sortiront surtout si les groupes politico-militaires campent sur leur position en posant des préalables à leur adhésion à l’accord de Doha ? La question reste posée. A moins qu’après avoir légitimé, pour ainsi dire, son pouvoir avec la tenue du fameux dialogue national souverain, Deby fils accepte de lâcher du lest en accédant à certaines exigences de ses contempteurs. S’il le fait, ce sera un pas de géant vers la réconciliation nationale, surtout quand on sait que les groupes politico-militaires non signataires de l’accord de Doha ne comptent pas pour du beurre. Ils disposent d’une grande capacité de nuisance si fait qu’ils peuvent pourrir la vie aux autorités de la transition. Or, le Tchad, après tout ce qu’il a connu, n’a plus besoin de ça. De guerre lasse, le pays aspire à la paix pour mieux amorcer son progrès socio-économique. Et pour y arriver, il suffit que Deby fils descende de son piédestal en tendant la main à tous les Tchadiens sans exclusion. C’est en cela d’ailleurs que l’on peut déplorer aussi l’absence, à Rome, de la société civile et des partis politiques de l’opposition qui avaient boycotté le dialogue national qu’ils considéraient comme une véritable farce. La suite des événements leur a donné raison. Car, Deby fils a réussi à rouler tout le monde dans la farine en restant le seul maître du jeu. Certes, ce dernier peut se frotter les mains pour avoir remporté la bataille. Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, sa gouvernance ne sera pas un long fleuve tranquille tant qu’il ne réussira pas à rabibocher les Tchadiens  avec eux-mêmes.

 

Boundi OUOBA     

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