Réforme constitutionnelle : le lobbying de l’opposition auprès du SG de l’ONU Antonio Guterres

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Réforme constitutionnelle : le lobbying de l’opposition auprès du SG de l’ONU Antonio Guterres

Après l’éviction de deux juges de la Cour constitutionnelle, dont Danièle Darlan, sa présidente, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution, une coalition de partis d’opposition, tente de mobiliser le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.


La plateforme centrafricaine d’opposition
Bloc républicain pour la défense de la
Constitution
(BRDC) s’apprête à envoyer une lettre au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Elle s’étonne du « silence » de sa représentante spéciale pour la République centrafricaine et cheffe de la Minusca, Valentine Rugwabiza, après l’éviction de deux juges de la Cour constitutionnelle dont sa présidente, Danièle Darlan, par des décrets datés du 24 octobre, officiellement du fait de leur mise à la retraite. Cette demande d’explication intervient une semaine avant le renouvellement de la mission de paix onusienne, qui devrait être acté le 14 novembre par le Conseil de sécurité. Seul l’expert indépendant pour la RCA du Haut-Commissariat des Nations Unis sur les droits de l’Homme, le Togolais Yao Agbetse, a mis en garde, le 4 novembre depuis Genève, que la Cour constitutionnelle devait « être libre de toute ingérence politique de l’intérieur et de
l’extérieur ».
Le BRDC est né en août 2022, en réaction au projet de réforme constitutionnelle lancée par le président Faustin-Archange Touadéra. Il réunit des partis d’opposition, dont la plupart étaient membres de la COD-2020, la précédente coalition opposée à la réélection de Faustin-Archange Touadéra. Y participent ainsi, entre autres, le MLPC de Martin Ziguélé, l’URCA d’Anicet-Georges Dologuélé, le CRPS de Nicolas Tiangaye, ou encore Patrie, de Crépin Mboli-Goumba, qui est le coordonnateur de la plateforme. C’est à ce titre qu’il avait été convoqué par la police centrafricaine, le 6 octobre, pour une audition, dont il était
sorti libre quelques heures plus tard.
Tous s’étonnent par ailleurs de ne pas avoir encore été reçus par la représentante
spéciale du secrétaire général de l’ONU depuis son arrivée en avril, contrairement

aux habitudes de son prédécesseur,
Mankeur Ndiaye.
Silence diplomatique

L
e limogeage de Danièle Darlan, qui s’opposait au projet de réforme constitutionnelle du parti présidentiel, suscite jusqu’à présent peu d’émoi : seul le département d’Etat américain a publiquement réagi, faisant part dans un communiqué daté du 28 octobre de sa « profonde préoccupation ». Une déclaration qui contraste avec le silence du G5, groupe composé de la France, de l’Union européenne – qui suivent toutes deux de près cette réforme -, de la Minusca, de l’Union africaine, de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale et de la Banque mondiale. En l’absence de représentants des trois dernières institutions, le G5 n’a produit aucun communiqué.
Tous les ambassadeurs en poste à Bangui ont d’ailleurs été invités par le président
Faustin-Archange Touadéra au palais de la Renaissance, le 28 octobre, pour une
explication de texte sur sa décision de révoquer les deux juges constitutionnels.
Outre l’argument de leur mise à la retraite de la fonction publique, le chef de l’Etat
centrafricain a avancé les prises de position publiques de Danièle Darlan à l’égard
du BRDC. La coalition d’opposition avait dénoncé les manœuvres d’intimidation menées par des proches du président à l’encontre de la présidente de la Cour constitutionnelle ; cette dernière l’avait alors, dans un communiqué, remercié pour son soutien. Danièle Darlan s’était également affichée avec des membres du BRDC, dont Nicolas Tiangaye, lors d’une manifestation de soutien du barreau centrafricain, le 19 septembre.
Source : Africa Intelligence
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