RDC : ce que l’on sait de la « tentative de coup d’État » déjouée à Kinshasa

0
129

 

RDC : ce que l’on sait de la « tentative de coup d’État » déjouée à Kinshasa

L’armée congolaise a annoncé avoir empêché une « tentative de coup d’État » ayant, selon
elle, impliqué « des étrangers et des Congolais ». Le chef des assaillants a été tué.
La garde républicaine congolaise et la police sont déployées à Kinshasa, le 19 mai 2024, où a eu lieu une « tentative de coup d’État » déjouée.

C’est une « tentative de coup d’État » que l’armée congolaise a annoncé avoir déjouée aux premières heures de ce dimanche 19 mai. « Cette tentative a impliqué des étrangers et des Congolais. [Ils] ont été mis hors d’état de nuire, leur chef y compris, a affirmé le général
Sylvain Ekenge, porte-parole des Forces armées de RDC, dans une courte allocution télévisée retransmise dans la matinée. L’armée demande à la population de vaquer librement assurant que les forces de sécurité ont la parfaite maîtrise de la situation. »

Retour au calme à Kinshasa

Le calme était effectivement revenu à Kinshasa à la mi-journée. La circulation sur le boulevard du 30-Juin a repris et seuls quelques axes demeurent fermés dans le quartier de La Gombe, là où quelques heures plus tôt un groupe d’hommes armés a brièvement
tenté de s’emparer du pouvoir.

Des tirs à l’arme automatique ont retenti aux alentours de 4h30 du matin, d’abord aux abords de la résidence de Vital Kamerhe, chef de l’Union pour la nation congolaise (UNC) allié de Félix Tshisekedi et vraisemblable futur président de l’Assemblée nationale. La fusillade a fait trois morts, selon le porte-parole de Vital Kamerhe, dont deux policiers commis à la garde de ce dernier. Vital Kamerhe et sa famille sont, eux, sains et saufs, selon Michel Moto Muhima.

La chronologie des événements demeure floue, mais il semble que les assaillants ont ensuite pris la direction du palais de la Nation, où se trouvent les bureaux du chef de l’État. Brandissant le drapeau du Zaïre, ils ont réussi à y pénétrer. L’un d’eux – se présentant comme leur chef – y a tourné une vidéo retransmise en direct sur Facebook avant d’être neutralisé par les forces de défense et de sécurité.

Nostalgique du Zaïre

Cet homme a été identifié comme étant Christian Malanga Musumari, 41 ans. Dans la vidéo en question, il s’exprime dans un mélange de lingala, de français et d’anglais, et affirme que « les militaires sont fatigués ». « On ne peut pas vivre avec des gens comme Kamerhe ou Félix [Tshisekedi]. Ils ont commis beaucoup de bêtises dans ce pays. Mes frères, Dieu est grand et ne ment pas. Nous allons nous réveiller dans un pays plus beau qu’avant. Nous avons grandi dans la diaspora. Et la vie que nous avons, les enfants des militaires, la vie que nous avons, ce n’est pas normal. Félix dégage. »

Selon nos informations, Christian Malanga est né dans la commune kinoise de Ngaba en janvier 1983, mais il vivait aux États-Unis depuis plusieurs années avec sa famille. Détenteur de la nationalité américaine, c’est un ancien militaire qui dit avoir servi au sein de l’armée des États-Unis et dirigeait l’United Congolese Party (UCP, Parti congolais uni en français), une formation créée après les élections de 2011, lors desquelles il avait échoué à se faire élire député. Il prônait depuis l’avènement d’un « nouveau Zaïre » et avait d’ailleurs crée, en 2017, un autre mouvement baptisé New Zaïre.

Très actif sur les réseaux sociaux

Très actif sur les réseaux sociaux, il s’affichait volontiers l’arme à la main, maudissant « prédateurs » et « corrompus ». Prédicateur évangéliste convaincu, il reprochait aux leaders politiques congolais d’avoir « souillé » la RDC. En mai 2023, après qu’un jeune homme a
été brutalisé lors d’une manifestation, il avait dénoncé sur sa page Facebook la responsabilité du pouvoir et celle de la « prétendue opposition ». « Nous devons en finir avec cette rhétorique selon laquelle la crise en RDC est une création de nos voisins et de la
communauté internationale, avait-il ajouté. Tshisekedi a failli. » C’est cet homme que l’armée congolaise aurait donc neutralisé au terme des événements de la nuit.

L’un de ses fils, Marcel, 23 ans, et au moins deux hommes détenant la nationalité américaine ont pour leur part été arrêtés ; un passeport canadien aurait également été découvert après les affrontements. Au total, une vingtaine d’individus ont été interpelés. Certains, qui quelques heures plus tôt brandissaient le drapeau du Zaïre et affirmaient « vouloir changer des choses dans la gestion de la République », ont tenté de s’enfuir en se jetant dans le fleuve Congo.

Préoccupation des États-Unis

Dans les heures qui ont suivi, l’ambassadrice des États-Unis en RDC, Lucy Tamlyn, s’est déclarée sur X « très préoccupée par les rapports faisant état de citoyens américains prétendument impliqués » dans les événements. « Soyez assurés que nous coopérerons avec les autorités de la RDC », a-t-elle poursuivi.

Au même moment, le gouvernement de la République du Congo a affirmé, par voie de communiqué, qu’un « obus en provenance de Kinshasa s’était malencontreusement abattu à Brazzaville, dans l’arrondissement 2 Bacongo, précisément au quartier M’Pissa dans la
zone dite des Trois Francs ». De ce côté-ci du fleuve, les autorités font état de blessés légers et affirment qu’il ne s’agissait que d’un « incident isolé ».

Enfin, la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC et cheffe de la Monusco, Bintou Keïta, a dit suivre de très près l’évolution de la situation et se tenir « à la disposition des autorités congolaises pour fournir tout appui entrant dans le cadre de son
mandat ».

JA

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici