RCA : seule une solution politique permettra de sortir de la crise actuelle, selon Nicolas DE RIVIERE

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INTERVENTION DE NICOLAS DE RIVIERE,
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 24 février 2021

Je remercie les différents intervenants pour leurs exposés et je voudrais insister sur trois points.

Tout d’abord, souligner que seule une solution politique permettra de sortir de la crise actuelle.

Je veux appeler le gouvernement et tous les acteurs centrafricains à tout faire pour mettre un terme aux hostilités et emprunter la voie de la réconciliation.

C’est un message qui est adressé unanimement par ce Conseil et par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. C’est le sens des initiatives portées par la CEEAC et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, auxquelles la France apporte son plein soutien.

Pourtant, nous n’observons pas d’avancées concrètes. La France appelle instamment les autorités centrafricaines et l’ensemble des acteurs politiques centrafricains à engager sans tarder un dialogue politique inclusif sous l’égide de la région. Elle appelle la MINUSCA et les partenaires de la région à user de toute leur influence pour appuyer ces efforts. Il est important que les élections législatives et locales soient organisées de manière apaisée, tout en tirant les leçons des difficultés sécuritaires qui ont marqué le scrutin du 27 décembre.

Dans le même temps, il faut relancer le processus de paix. La France est favorable à l’adoption de sanctions contre ceux qui ont tenté de faire dérailler ce processus et ne se rallient pas à la voie de la paix et du dialogue. Nous avons pris bonne note de la position exprimée en ce sens par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.

Deuxièmement, je voudrais saluer la réaction de la MINUSCA face à la crise, parfois au prix du sacrifice ultime. Je m’incline une nouvelle fois devant la mémoire des sept casques bleus tombés depuis le mois de décembre.

La France a pris bonne note de la demande du Secrétaire général de renforcer les moyens de la Mission afin de lui permettre de remplir son mandat, demande soutenue par les autorités centrafricaines comme en témoigne la lettre du Président Touadéra adressée au Secrétaire général le 22 février. Nous soutenons cette demande et nous présenterons prochainement une résolution en ce sens au Conseil de sécurité.

La protection des civils et l’accès humanitaire doivent rester des priorités absolues : la France appelle toutes les parties à respecter leurs obligations au titre du droit international humanitaire. C’est d’autant plus indispensable que le nombre de déplacés ne cesse d’augmenter et que l’insécurité alimentaire s’aggrave. Le nombre d’attaques contre les personnels humanitaires n’a jamais été aussi élevé, ce qui est tout à fait inacceptable. Les auteurs de ces crimes devront en répondre devant la justice.

A ce titre, la France est très préoccupée par les rapports sur la reprise de la ville de Bambari. Elle appelle les autorités de Centrafrique et la MINUSCA à établir la vérité des faits et, si des violations ont été commises, à ne pas laisser leurs auteurs impunis.

Par ailleurs, les graves violations à l’encontre des enfants se poursuivent. La France appelle à ce titre à la mise en œuvre des conclusions du groupe de travail du Conseil adoptées en juillet 2020.

Pour terminer, je voudrais rappeler, comme je l’avais déjà fait le 21 janvier, que l’embargo sur les armes n’a pas été créé pour faire obstacle au renforcement des forces armées centrafricaines, renforcement auquel la France apporte tout son soutien.

Nous sommes à l’écoute des préoccupations des autorités centrafricaines et nous avons pris bonne note de leurs demandes, ainsi que de celles de la CEEAC et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs sur ce sujet.

A cet égard, nous sommes favorables à ce que le Conseil de sécurité se réunisse prochainement en présence des représentants de ces deux organisations, comme leurs présidents nous l’ont demandé.

Il est évident que des évolutions du régime de sanctions, auxquelles nous sommes prêts, devront s’inscrire dans une stratégie d’ensemble tenant compte des efforts régionaux, des progrès politiques en République centrafricaine et des avancées dans la réalisation des objectifs fixés par notre Conseil en matière de contrôle des armements.

Monsieur le Président,

Pour finir, je forme le vœu que le Conseil de sécurité appuie, par son unité, les efforts de la MINUSCA et ceux de la région pour stabiliser la situation en Centrafrique qui doit retrouver le chemin de la paix.

Je vous remercie.

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