RCA : LETTRE OUVERTE D’UN ARDENT DÉFENSEUR DE LA CONSTITUTION DU 30 MARS 2016 AU NOMMÉ TOUADERA FAUSTIN, EX-PRESIDENT DE CENTRAFRIQUE !

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LETTRE OUVERTE D’UN ARDENT DÉFENSEUR DE LA CONSTITUTION DU 30 MARS 2016

AU NOMMÉ TOUADERA FAUSTIN, EX-PRESIDENT DE CENTRAFRIQUE !

 

AUCUN PAYS NE SE CONSTRUIT PAR ET SUR DES MENSONGES !!!

Par Ernest Lakouéténé-Yalet

Je suis E. Lakouéténé. Citoyen centrafricain, patriote, démocrate et républicain, libre-penseur.

Le destinataire de cet écrit fut président de Centrafrique, titre qu’il a perdu depuis que le 25 octobre 2022, il a osé violer le principe sacro-saint de l’inamovibilité des juges de la Cour Constitutionnelle de ce pays, en destituant honteusement sa Digne Présidente, la Respectable Mme Danièle Darlan.

Depuis lors, ‘individu Touadéra n’est plus qu’un président en sursis, qui porte indûment ce titre, ayant perdu toute légitimité.

Monsieur Touadéra,

Je suis, comme beaucoup, farouchement attaché à la Constitution du 30 mars 2016. Elle est excellente car elle pose clairement les fondements juridiques de la République Centrafricaine; elle établit de bonnes institutions et fixe des règles du bon fonctionnement de la Nation.

Or, à vous voir vous agiter et vous acharner contre cette Loi Fondamentale un seul défaut de taille, qui est une de des qualités qui font son efficacité : elle ne permet pas, elle interdit à quiconque de la violer pour s’éterniser au pouvoir au-delà de deux (2) mandats. Alors, vous êtes en train de vous débattre pour contourner cette interdiction…

Vous avez entrepris, en dépit du bon sens, de supprimer cette Bonne Constitution, et de vous fabriquer votre constitution, celle conforme à vos caprices!

Vous avez tort, M. Touadéra. Vous vous engagez là dans une aventure dans laquelle vous perdrez tout, comme d’autres avant vous qui s’y sont risqués; comme d’autres peut-être après vous. Et vous le savez très bien!

Je vous regarde vous exciter. Quand, d’une façon ou d’une autre, vous aurez échoué, quand vous aurez perdu le pouvoir, ce qui est certain, le pouvoir, et plus que le pouvoir, alors, je serai serein quand viendra le moment où la République reprendra victorieusement SA Constitution, celle du 30 mars 2016, et la remettra fièrement en application, et déchirera et brûlera votre machin concoctée indignement par vous et pour vous…

Vous vous trompez lourdement, M. Touadéra, pour au moins deux raisons :

1/ Cette Constitution que vous détruisez sur un coup de tête a juste 7 ans à peine; elle résulte d’un vaste processus national consensuel, donc elle est le reflet d’une volonté populaire, matérialisée, sous la Transition, par des consultations populaires avérées, débattue publiquement lors du FORUM DE BANGUI de 2015. Mais surtout, cette Constitution a été plébiscitée à plus de 93%!!

Un tel résultat de respecte, M. Touadéra ! Les dictateurs les plus retors s’inclinent modestement devant cela. Où étiez-vous, sous la Transition pour vous exprimer sur ce sujet? Qui êtes-vous pour surgir de nulle part et tenter de braver la volonté populaire en balayant d’un revers de la main ce Patrimoine par pur caprice, pour assouvir votre appétit du pouvoir? Et qu’est-ce qui vous fait croire que votre manœuvre sordide réussira?

2/ Vous êtes en train de vous fourvoyer terriblement, parce que, par deux fois, le 30 mars 2016 et le 30 mars 2021, lors de vos deux investitures comme président de la République, vous avez prêté sur cette Constitution, en Sango et en français, le Serment prévu à son article 38 :

<<MOI (…), JE JURE DEVANT DIEU ET DEVANT LA NATION, D’OBSERVER SCRUPULEUSEMENT LA CONSTITUTION, DE GARANTIR L’INDÉPENDANCE ET LA PERENNITÉ DE LA REPUBLIQUE, (…) NI DE REVISER LE NOMBRE ET LA DUREE DE MON MANDAT (…)>>

Chaque terme, chaque phrase de ce Serment est fort et lourd de sens! Il faut avoir perdu toute raison faire ce que vous faites, c’est-à-dire exactement tout le contraire de ce à quoi vous vous êtes solennellement engagé <<DEVANT DIEU ET DEVANT LA NATION>> ! Or, vous le savez certainement, ceux qui ont perdu la raison ont ou devraient avoir leur place ailleurs qu’à la tête d’un pays…

Oui, M. Touadéra, vous êtes complètement perdu, et vous voulez entraîner la Nation et le peuple tout entier dans votre descente aux enfers.

  1. Touadéra, vous avez perdu le reste de respect et l’infime considération que ce vaillant peuple vous vouait encore. Désormais la rupture est créée entre vous et lui; vous êtes indigne de prétendre parler en son nom : votre parole, qu’elle qu’elle soit, ne vaut plus rien. Vous n’êtes plus qu’un parjure, un traître à la Patrie.

Vous faite pire, M. Touadéra : vous multipliez les mensonges les plus ahurissants… Tout chez vous n’est et n’a toujours été que mensonges. On l’observe aussi dans cette mésaventure pseudo référendaire, comme le montre tout le florilège dont vous avez le secret

Ainsi, dans votre discours du 30 mai dernier annonçait la tenue d’un référendum, vous avez osé déclarer :

<<Le 30 mars 2016 (…), J’ai juré suivant les termes de cette Constitution de l’observer scrupuleusement (…) >>Et vous concluez triomphalement<<Et c’est ce que j’ai fait jusqu’aujourd’hui, vous en êtes témoins.>>

Vous mentez, M. Touadéra, et vous le savez! Ce dont nous,  le peuple, sommes témoins, c’est que vous n’avez cessé de multiplier les violations et tentatives de violations de la Constitution, depuis 2018, 2019, jusqu’à cette ultime fois, la fois de trop. Vous vous y êtes livré par vos complices et hommes de mains et exécuteurs de vos basses besognes (les Dimbélé, Ngouandjika, Kossimatchi, Kakpayen, Doneng, et autres criminels en sursis). La liste de vos tentatives serait aisée à dresser…

Dans le même discours du 30 mai, vous prétendez que

<<Dès la promulgation de cette Constitution du 30 mars 2016, certains courants politiques centrafricains ainsi qu’une majorité de nos populations l’ont trouvée insuffisante pour des motifs divers et variés…>>

C’est un autre gros mensonge. Mensonge doublé d’une invention. Qui peut croire que dès sa publication, quelques mois à peine après son élaboration et son adoption dans les conditions rappelées ci-haut, il se soit trouvé une imaginaire « majorité de nos populations pour la critiquer? Quelle est cette majorité? Quand et où l’avez-vous consultée? C’est grotesque M. Touadéra.

Vous ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Vous ajoutez que cette Constitution <<comporte(rait) des dispositions qui pourraient compromettre le développement économique, social, culturel et politique de notre pays.>>

Ça frise le ridicule. Cela prouve bien que vous ne savez pas ce qu’est une Constitution, et n’avez pas bien lu celle contre laquelle vous vous acharnez. A tout le moins, vous confondez celle-ci avec un projet de société ou un programme de gouvernement. Si quelque chose compromet « le développement » d’un pays, ce sont les mauvais choix, les mauvaises décisions, les mauvais actes d’un Exécutif. En la matière, tous les échecs que vous cultivez et accumulez depuis 2008, font de vous un expert: Le pays s’enfonce inexorablement, non à cause de sa Constitution, mais du fait de la manière pitoyable dont il est gouverné. Ne nous y trompons pas !

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