RCA: Ce qu’il faut savoir sur Mme YANGONGO née KOUALET YAGUEME Ghislaine Léa, la Première Femme Officier dl’Armée Centrafricaine à accéder au grade de Général

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C’est désormais connu depuis quatre jours, Mme YANGONGO née KOUALET YAGUEME Ghislaine Léa, est la Première Femme Soldate de l’Armée Centrafricaine à accéder au grade de Général. C’est ce que nous renseigne le Décret n°24.063 du 15 mars 2024 qui nomme cette brave femme Colonel des Forces armées centrafricaines (FACA) au grade de Général de brigade, avec quatre autres colonels (DOBIGUE Adolphe, Dr GONDJE Samuel, SEREGAZA Rodolphe et KOZEMBROU Elie). On croyait rêver, vu la misogynie qui semble caractériser la société centrafricaine en général et ses institutions militaires en particulier.

Bachelière incorporée dans l’armée centrafricaine en 1997 sous le numéro de matricule 97.02.1203 de l’Armée de l’Air, après avoir subi avec brio l’école des officiers, cette enfant d’officier de l’armée a démontré tout le long de sa carrière qu’elle a choisi le métier d’arme elle-même, par vocation, inspirée certainement par son père qui a été un très brave fantassin et officier de valeur. Il s’agit du colonel Koualet Yagueme, qui fut Directeur général adjoint de la Garde présidentielle sous le président Ange-Félix Patassé. Fantassin rompu aux combats de terrain, ce colonel qui n’est plus de ce monde était l’adjoint du général de gendarmerie François N’Djadder Bédaya, premier DG de la Garde présidentielle de Patassé.

L’histoire a retenu que sous les menaces des mutins et des soldats foncièrement hostiles au régime de l’époque, une série d’insurrections armées connues sous le nom de mutineries, cherchait à renverser le président Patassé. La première mutinerie déclenchée en avril 1996, était suivie de la seconde un mois plus tard. Celle-ci était la plus dure car elle avait mis aux prises des soldats et miliciens bien connus comme étant des tribalistes, régionalistes et militants du parti de l’ancien président André Kolingba, lesquels s’étaient donnés l’objectif de ramener ce dernier au pouvoir par la voie des armes.

Les insurgés avaient failli occuper Radio Centrafrique, la radio d’Etat, un jour du mois de mai 1996. Et c’est ce jour-là que soldats et civils avaient découvert les qualités militaires exceptionnelles de feu colonel Koualet Yaguemé. Celui-ci avait quitté son bureau du palais, fermé son talkie-walkie et était descendu lui-même sur le terrain des combats qui était les alentours de la Radio Centrafrique. Surplace, il avait organisé la résistance, la riposte et l’offensive décisive qui avait amené les assaillants à prendre la poudre d’escampette. Grâce à lui, la radio d’Etat n’était pas occupée par les assaillants. Le général Ndjadder arrivera après pour constater le formidable travail abattu par son adjoint.

Et depuis lors, le nom de Koualet Yaguemé est entré dans la légende : c’était un Héros de la libération. Il n’y a pas de doute que la jeune Ghislaine Léa Koualet Yaguémé a été séduite par les qualités militaires de son père, et son engagement dans l’armée après son baccalauréat était aussi une manière non seulement d’honorer son père mais aussi de faire comprendre à tous que la fonction militaire n’est pas exclusivement réservée aux hommes.

Vu la spécificité de l’armée avec sa rudité, sa raideur, sa rigueur, personne sinon peu pensait qu’une femme pouvait accéder au grade le plus prestigieux de l’armée, celui de Général. Les plus traditionnalistes diront que du fait que la fonction militaire n’est pas faite pour les femmes, « aucune femme ne peut aller au-delà du grade de capitaine ou de commandant » (sic), nous suggérait il y a de cela dix ans un ancien de l’armée nationale.

Mais lorsqu’on a vu la jeune Ghislaine Léa Koualet Yagueme atteindre et dépasser le grade successif de capitaine puis commandant de l’armée, quelque chose nous disait que cette femme pouvait atteindre le grade de colonel « un jour ». Ce jour arrivé et vu ses qualités professionnelles, intellectuelles, quelque chose nous disait qu’elle pouvait gagner plus encore en grade, sauf s’il arrivait qu’elle commette une faute lourde dans l’exercice de ses fonctions ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions.

Officier de l’Armée de l’Air de formation et d’origine, celle qui deviendra l’épouse légitime du général de corps d’armée à la retraite Xavier-Sylvestre YANGONGO a suivi avec succès plusieurs formations professionnelles dans des prestigieuses écoles d’officier à l’étranger qui lui ont permis d’occuper plusieurs postes de responsabilités dans l’armée sans crainte ni complexe. Directrice Générale des Ressources Humaines puis Secrétaire Générale des Conditions de vie des militaires au ministère de la Défense nationale (par décret N°20.009 du 14 janvier 2020), ses prestations ont toujours été brillantes. «Nous ne l’avons jamais considéré comme une femme parce qu’elle-même a toujours prouvé parmi nous qu’elle est un brave homme parmi les hommes », révèle un officier sous couvert de l’anonymat.

Brillante intellectuelle dont les interventions pendant les réunions des cadres du ministère de la Défense avec les autres départements ministériels, les institutions de la république et les partenaires civils et militaires internationaux et étrangers, sont toujours appréciées, le Général Yangongo Koualet Yaguémé Ghislaine Léa a su prouver, durant les 27 ans de service dans l’armée, qu’elle n’est qu’au service de l’armée, de la République et de ses institutions. Son grade est mérité. Son père peut reposer tranquille là où il est. L’honneur revient au chef suprême des armées, le président Faustin-Archange Touadéra, qui, par cet acte, a non seulement honoré la femme soldate centrafricaine, mais rétabli la justice dans l’affectation des grades dans la Grande muette. Plein succès à la nouvelle mission de la première femme Général des FACA.

 

Pacific Soualakpé

Médias Plus N°3173 du Mardi 19 Mars 2024 –

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