RCA : CE QUE M’INSPIRE L’AFFAIRE DOMINIQUE YANDOCKA

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CE QUE M’INSPIRE L’AFFAIRE DOMINIQUE YANDOCKA
Ce jeudi 4 janvier 2024, M. Faustin Archange Touadera a fait publier la liste de ses amis, parents et connaissances qu’il considère abusivement comme étant la composition du gouvernement de la République.
Ayant renoncé depuis des lustres à chercher un sens aux agissements de cet homme qui a opéré un coup d’État constitutionnel en violation de son double serment, il ne faut pas compter sur moi pour donner un quelconque avis. Bien que j’observe çà et là des analyses, au demeurant, pertinentes sur le caractère illégal du décret pris par M. Touadera, pour moi, cet acte de nomination n’est utile que dans la mesure où il démontre, si quelques-uns l’ignoraient encore, le peu cas que cet individu fait des lois et règles de la République.
Dépourvu du sens de l’État, M. Touadera considère les principes républicains comme la première chemise de Clovis. Pour parler de façon triviale, il n’en a rien à cirer. C’est comme cela qu’il peut ordonner à ses hommes de main de procéder à l’arrestation d’un député de la Nation en dehors des heures légales, et de le jeter dans ses cachots, malgré l’immunité conférée aux parlementaires par leur statut.
En l’état actuel des lois de notre République, quelles graves aient pu être les fautes de Dominique YANDOCKA, sa place n’est nullement dans les geôles de M. Touadera. On peut même dire que le député a été incité par les sbires de Touadera à commettre un délit. C’est mon point de vue. Alors, on nous dit que Dominique YANDOCKA se serait vanté auprès des sbires de Touadera – qui auraient enregistré la conversation à son insu – de sa détermination à faire tomber son régime par tous les moyens ; qu’il aurait, en leur présence, téléphoné à certains chefs des groupes armés, et qu’il aurait donné les noms de ses éventuels complices au sein des Forces armées centrafricaines (Faca).
À supposer que ces supputations aient un début de réalité, Dominique YANDOCKA n’a commis aucun crime. Car bien malin qui réussirait à recenser tous les Centrafricains qui souhaitent aujourd’hui la chute du régime de Touadera. Une tentative de coup d’État ou une atteinte contre les institutions suppose un début d’exécution, un acte matériel. Quels sont les sièges des institutions que Dominique YANDOCKA et les autres conjurés ont attaqué ? Dire qu’on va faire une révolution ne signifie pas automatiquement qu’on l’a commencé.
D’ailleurs, dans le cas centrafricain, se pose la question de savoir si faire un putsch contre ce type qui a usurpé la souveraineté nationale peut être assimilé à un coup d’État. Ne s’agit-il pas plutôt d’un sursaut patriotique salutaire ? Ma prière, c’est que le Principe Créateur continue d’accorder son souffle au diacre Touadera afin qu’il puisse contempler comment d’autres Centrafricains dirigeront ce pays après l’avoir chassé du pouvoir. Même poursuivi pour les nombreux crimes qu’il a commis en tant que chef d’État, ses droits seront respectés. Et ça ne sera que justice.
Quant à Dominique YANDOCKA, en dépit des reproches qu’on serait fondé de lui faire, je suis de tout cœur avec lui dans cette épreuve, tout en lui souhaitant une bonne et excellente année.
Adrien Poussou

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