RCA : Analyse de la situation socio-politique et du rôle de la MINUSCA dans la dégradation de la situation politique et sécuritaire avant l’étude du renouvellement de son mandat – n°1-2023 du 05/11/2023

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Analyse de la situation socio-politique et du rôle de la MINUSCA dans la dégradation de la situation politique et sécuritaire en RCA avant l’étude du renouvellement de son mandat – n°1-2023 du 05/11/2023

En date du jeudi 26 octobre 2023, se tenait au Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies, la présentation du troisième et dernier rapport du Secrétaire général sur la situation en République centrafricaine (RCA), par Madame Valentine RUGWABIZA, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en RCA, Cheffe de mission de la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine) auprès de l’Organisation des Nations Unies (ONU) (pour un accès à l’intervention complète et aux réactions des membres du conseil de sécurité, voir entre autres les                           liens                           suivants :                               https://press.un.org/fr/2023/cs15466.doc.htm, https://minusca.unmissions.org/d%C3%A9claration-de-la-repr%C3%A9sentante-sp%C3%A9ciale-du-secr%C3%A9taire-g%C3%A9n%C3%A9ral-des-nations-unies-en-r%C3%A9publique, https://news.un.org/fr/story/2023/10/1140062 et la résolution n°S/2023/769 du 16/10/2023 – Rapport du Secrétaire général sur 28 pages).

« À la veille » du renouvellement du mandat de la MINUSCA au Conseil de Sécurité de l’ONU, nous l’alertons une nouvelle fois concernant les instrumentalisations par la Cheffe de la MINUSCA conjointement avec les autorités de la RCA et de ses alliés, et leurs conséquences, par une opposition qui ne veut plus se laisser berner et dénonce les faits : une insulte à la « Charte des Nations Unies » et au Peuple centrafricain.

La MINUSCA, l’ONU et les diplomaties occidentales, (exceptés les USA, mais cela reste à confirmer), au sujet de la RCA, vivent dans « un monde parallèle » au détriment du Peuple centrafricain que nous appelons à résister, face à l’effronterie de nous demander de retourner à un Dialogue Politique Inclusif (DPI) après avoir laissé prospérer le coup d’État constitutionnel du 30 août 2023.

Aussi, j’invite toutes les personnes volontaires à organiser des manifestations à la fois devant les Nations Unies aux USA, en RCA et dans toutes les grandes capitales où une diaspora centrafricaine significative est présente, partout où il sera possible de manifester publiquement, pacifiquement et légalement, dès la veille et ou le premier jour de l’étude du renouvellement du mandat de la MINUSCA à l’ONU, afin de faire reconnaître le coup d’État constitutionnel survenu en RCA, de demander la démission de la Cheffe de la MINUSCA qui a failli et d’exiger un mandat de la MINUSCA qui ne se contente pas d’avaliser et de soutenir la politique antidémocratique du régime politique actuel en RCA.

Car s’il a fallu attendre le 26 octobre pour cette dernière présentation de la revue stratégique de la situation en RCA à la tribune du Conseil de Sécurité (pour une date normalement attendue au 13 octobre dernier selon l’exigence de la résolution du CS de l’ONU n°2659 (2022) du 14/11/2022, § 58. a), avant l’étude du renouvellement du mandant de la MINUSCA attendue pour le 15 novembre prochain, c’est parce qu’il fallait montrer un semblant d’actions et de résultats des autorités de la RCA et de la MINUSCA pour justifier de cette présentation le 26 octobre.

C’est ainsi que par un heureux hasard, mais que nous considérons nous comme une parfaite illustration de cette permanente instrumentalisation par la Cheffe de la MINUSCA, dans une parfaite coordination sur les dates, dans une parfaite collaboration conjointe et complicité de vues intellectuelles avec les plus hautes autorités de la RCA, que s’est tenu le 23 octobre 2023 (soit seulement trois jours avant la présentation du troisième et dernier rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité), un séminaire à BANGUI intitulé « Revue stratégique du processus de mutualisation de la feuille de route de LUANDA et de l’APPR-RCA, sous le très haut patronage son excellence le professeur Faustin Archange Touadéra, Président de la République, Chef de l’État », en présence des « bailleurs de fonds », des diplomates occidentaux (européens et USA), sous le parrainage de l’Angola et du Rwanda, de l’UNOCA, de la CEEAC, du CIRGL. La tenue de ce séminaire est d’ailleurs reprise par le site de la MINUSCA le 24/10/2023, soit deux jours avant la présentation officielle au Conseil de sécurité, article faisant le panégyrique des autorités de la RCA via le titre élogieux « des avancées dans le processus de paix en RCA » et le lien : https://minusca.unmissions.org/des-avanc%C3%A9es-dans-le-processus-de-paix-en-rca.

Cette troisième réunion faisait suite à celle tenue depuis plus d’un an (juin 2022) et visait à mesurer les progrès accomplis et identifier les défis ainsi que les perspectives liés à ces processus désormais mutualisés (« APPR-RCA » et « feuille de route de Luanda ») selon la volonté du Chef de l’État centrafricain le 15 juillet 2022.

Le discours de TOUADÉRA et le communiqué final de cette réunion se prévalent d’une restauration de l’Autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire, ce que nous contestons, et qui est loin de refléter la réalité de la situation sécuritaire et contredit d’ailleurs les dires de la Cheffe de mission de la MINUSCA lors du rapport du Secrétaire général du 26/10/2023 au Conseil de sécurité (illustration récente de notre propos : https://letsunami.net/centrafrique-la-coalition-des-patriotes-pour-le-changement-sempare-de-la-ville-strategique-de-la-moyenne-sido-et-appelle-a-une-mobilisation-generale-pour-chasser-touadera-du-pouvoir/) ; autorités qui ont coutume de dire dans le même discours une chose et son contraire.

Ainsi, comme exposé dans mon communiqué du 17 octobre dernier, la Cheffe de la MINUSCA reprend presque exactement dans mes termes la présentation de la situation sécuritaire en RCA ; je la cite : « La situation sécuritaire reste volatile dans certaines régions en dehors de Bangui, notamment dans les zones frontalières ».

Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à lire les paragraphes « III. Conditions de sécurité, protection des civils et extension de l’autorité de l’État » et « IV. Droits humains et état de droit » de ce rapport du 16/10/2023.

Par ailleurs, les progrès notés liés à l’autodissolution de neuf groupes armés sur les quatorze signataires de l’ « APPR-RCA » étaient liés aux respects de certaines clauses. Entretemps, une nouvelle constitution illégale a été promulguée en RCA et nous ne sommes pas convaincus de leur réengagement dans un processus de paix, de stabilité, de dialogue républicain, sauf versements négociés de « monnaie sonnante et trébuchante » pour acheter leur ralliement, ce qui explique d’ailleurs le tout récent retrait ce 03 novembre de la branche historique du MPC du général Mahamat ALKHATIM de la CPC, après celui de l’aile dissidente d’Hassan ADRAMANE effectué le 28/04/2023.

Nous attendons en outre de voir les derniers démêlés et dissensions quant à la distribution des derniers fonds annoncés selon certaines sources de l’ordre de 5Mds de FCFA (soit près de 7,6 M€) toujours par la CEEAC et la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs) ; cf le lien : https://letsunami.net/centrafrique-affaire-des-5-milliards-de-fcfa-du-groupe-wagner-via-la-ceeac-et-la-cirgl-le-coordonnateur-general-de-la-cpc-francois-bozize-yangouvonda-et-autr/.

Ces ralliements dans ces processus de paix sont-ils tous de bonne foi, ou sont-ils seulement guidés par les impérieuses nécessités de subsistance sans aucune adhésion politique, avant une reprise future de la lutte armée ? Nous l’avons vu tellement de fois durant la courte vie de notre pays depuis son indépendance.

C’est ce que semble démontrer l’annonce que nous jugeons troublante de la mention qu’une nouvelle milice « Azande Ani Kpi Gbe » selon les propres termes de la Cheffe de la MINUSCA, à peine créée est venue rejoindre le processus de DDRR : « La nouvelle milice Azande Ani Kpi Gbe, avec des résultats tangibles et quasiment immédiats. Début octobre 2023 en effet, la MINUSCA a été contacté par cette milice, qui l’informait de sa décision de déclarer un cessez-le-feu et de rejoindre le processus de DDR, et favoriser la cohésion sociale. »

S’agit-il d’une nouvelle instrumentalisation de la Cheffe de la MINUSCA ou seulement d’une affaire de « gros sous » ?

Pour le moment, même affaiblie et divisée, la CPC, qui n’est plus composée principalement que de l’UPC, de 3R et de l’aile principale de Noureddine ADAM du FPRC, demeurent les grands groupes politico-militaires qui participent à cette volatilité sécuritaire et qui ne montrent pas de volonté de ralliement au processus de l’APPR-RCA tant que certaines exigences n’auront pas été remplies.

Les chiffres annoncés de désarmement/démobilisation de 4.884 ex-combattants dont 1.112 intégrés dans les Forces De Sécurité, la réinsertion de 3.081 ex-combattants financée par la Banque Mondiale et la CEMAC sont difficilement contrôles par nous. En ce qui nous concerne, nous préférons regarder le nombre d’actions violentes et le climat global d’insécurité qui ne retombe pas en RCA, indicateurs plus pertinents pour nous.

D’ailleurs, aucun des leaders de ces groupes politico-militaires n’étaient présents à ce séminaire pour justifier d’une crédibilité de ce « colloque » et de leur adhésion aux processus. Il s’agissait plutôt d’une simple réunion d’instrumentalisation entre-soi vis-à-vis des tiers, alors même que nous avons dénoncé à maintes reprises ces derniers temps l‘impasse et le trépas de tous les processus de paix, de désarmement et de réconciliation nationale initiés depuisle06 février 2019 en RCA suite à une situation qui s’est progressivement dégradée depuis les élections présidentielles de 2020-2021 et exacerbée depuis le coup d’État constitutionnel du 30 août 2023.

Il y a instrumentalisation dans la mesure où la Cheffe de la MINUSCA dans son rapport du 16/10/2023 et son discours du 26/10/2023 à l’ONU ne font, au pire que reprendre les éléments de langage de la propagande des autorités, au mieux que narrer des faits de façon chronologique, sans aucune analyse critique, constructive ou prospective qui permettraient de mieux aiguiller le Conseil de sécurité, ainsi qu’en minorant le rôle d’une opposition politique démocratique qui se retrouve toute en exil.

Par ailleurs, en ce qui concerne les questions militaires, a eu lieu le 21 octobre dernier, l’évaluation de l’impact de la MINUSCA sur la situation sécuritaire à la fois par le Ministre de la défense de la RCA et le Comité d’état-major militaire de l’ONU. Force est de constater que là aussi personne n’a la même lecture des événements (lien de l’analyse par les autorités de la RCA : https://ndjonisango.com/2023/10/21/rca-evaluation-de-limpact-de-la-minusca-par-le-ministre-de-la-defense-et-le-comite-detat-major-militaire-de-lonu/) et en tous les cas pas celle de la MINUSCA.

Rappelons que les deux précédents rapports du Secrétaire général dont les dates de présentation dans le cadre de l’exercice de ce mandat annuel étaient exigées pour le 15 février et le 15 juin, ont été datées des 16 février (présenté au CS de l’ONU le 21/02/2023) et 15 juin 2023 (présenté au CS de l’ONU le 21/06/2023).

Surtout, nous notons que si le rapport du Secrétaire général est bien daté du lundi 16/10/2023 pour le faire le plus coller à la date d’échéance du vendredi 13 octobre (la date butoir à respecter selon le mandat), nous pensons qu’il a du falloir « tordre le bras » aux autorités de la RCA pour organiser en toute hâte cette revue stratégique « bidon » entre-soi du 23/10/2023, et l’évaluation de la situation sécuritaire et militaire du 21/10/2023 pour justifier d’une action, juste avant la présentation que devait faire la Cheffe de la MINUSCA au CS de l’ONU, car au sinon depuis juin 2022, nous avions le néant complet en termes d’actions dans les processus de paix mutualisés, puisque c’est un processus politique différent, de révision de la constitution, qui s’est mis en branle pour s’achever le 30/08/2023.

Or la résolution n°S/2023/769 contenant le rapport du Secrétaire général du 16/10/2023, sur lequel s’appuie le Conseil de Sécurité dans ses discussions et pour prendre ses décisions, ne parle pas de ses deux événements supposés être très importants et indispensables à la rédaction du rapport (car ce sont les points d’étape et d’évaluation à la fois sur le processus politique et la sécurisation du territoire) et pour cause ils ont eu lieu juste après.

Il y a donc au mieux une faute, un amateurisme, au pire une nouvelle instrumentalisation de la MINUSCA.

De la même façon, les visites de septembre 2023 de la Cheffe de la MINUSCA dans certaines régions du Nord Est et de l’Ouest s’apparentent plutôt à des « visites touristiques » arrangées de lieux temporairement sécurisés avant une prochaine visite avant de longs mois. Car s’il est annoncé de façon péremptoire que 95 % du territoire est désormais sécurisé, cela est faux ; seules certaines villes de cette région ont été temporairement et pour la première fois sécurisées, car même si les groupes politico-militaires ne sont plus présents dans nombre de grandes villes, ils se sont retranchés et dispersés dans la brousse, là où la MINUSCA ne s’aventure pas et donc l’insécurité est latente et permanente, comme le démontrent de nombreux articles de presse récents.

En ce qui nous concerne, nous disons de faire très attention, de ne pas tout critiquer du rôle de la MINUSCA et mettons en garde de ne pas tomber dans le piège tendu par les russes et les autorités de la RCA.

Car si nous nous réjouissons de voir ces derniers jours fleurir les critiques adressées à la Cheffe de la MINUSCA pour les raisons que nous avons dénoncées précédemment et de nouvelles (dont sa volonté de relancer un nouveau Dialogue Politique Inclusif), nous voyons d’un autre côté des forces obscures s’exercer de plus en plus, visant à faire basculer la RCA définitivement dans « une dictature à la mode russe » et plus tard sa région.

Ainsi, une campagne de presse virulente sur les médias pro régime et pro russes s’évertuent actuellement à dénigrer le rôle sécuritaire de la MINUSCA et des pays occidentaux (illustration récente de notre propos : https://nouvellesplus.com/2023/10/31/la-demande-de-dialogue-du-gouvernement-avec-les-groupes-armes-et-dopposition-par-valentine-rugwabiza-est-inacceptable/) que nous ne remettons pas en cause.

Le piège tendu par les autorités de la RCA, de la Russie et de leurs alliés à l’ONU s’articule autour de deux axes :

* la levée totale de l’embargo sur les armes voulue par les autorités et les russes, permettant à ces derniers, avec les chinois, de vendre des armes à la RCA afin d’accentuer et de maintenir le régime dictatorial, voire de l’étendre aux pays voisins (illustration récente de notre propos : https://ndjonisango.com/2023/11/02/la-question-de-la-levee-de-lembargo-sur-les-armes-en-rca-les-jeux-troubles-et-funestes-de-la-france/) dans le cadre d’opérations de déstabilisation régionale.

* les accusations sécuritaires portées lors de l’évaluation de l’impact de la MINUSCA par le ministre de la défense à l’encontre du Comité d’état-major militaire de l’ONU le 21/10/2023, relayées par la presse pro autorités et pro russes, visent à chasser la MINUSCA de la RCA pour avoir une mainmise totale sur le pays, par un renforcement des FDS et des FACA, dont le but non avoué sera de maintenir sous une chape de plomb antidémocratique le pays afin de permettre le maintien du régime en place et de ses milices étrangères (illustration récente de notre propos : https://ndjonisango.com/2023/11/02/rca-une-non-assistance-des-casques-bleus-aux-civils-en-danger-a-ouadda-djale/).

Car si nous critiquons et dénonçons la politique de la MINUSCA, ce n’est pas pour les mêmes raisons.

Notre message est un maintien impératif de la MINUSCA en RCA, y compris dans toutes ses composantes, tant que l’ordre constitutionnel ne sera pas rétabli et la situation politique ne sera pas apaisée, mais avec un leadership différent qui ne serve pas que les intérêts du régime dictatorial en place.

Ne nous trompons pas de combat.

Concernant nos nombreux griefs et dénonciations vis-à-vis de la MINUSCA et de l’hypocrisie de la communauté internationale vis-à-vis du Peuple centrafricain, nous vous invitons les uns et les autres à relire nos communiqués de presse n°3-2023 du 07/09/2023, n°7-2023 du 14/10/2023 et n°8-2023 du 17/10/2023.

Nous rappelons que l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine par les autorités centrafricaines et 14 groupes armés (l’« APPR-RCA ») signé le 06 février 2019, à l’issue des pourparlers de paix qui se sont tenus à Khartoum dans le cadre de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation et sous les auspices de l’Union africaine, sont aujourd’hui moribonds, et ce depuis la campagne des élections présidentielles de 2020-2021, qui a vu la création de la « Coalition des patriotes pour le changement » le 15/12/2020, puis le nouveau bourrage des urnes de l’élection présidentielle contestée en faveur du second mandat du Président actuel, puis la réaction le 19/02/2021 du pouvoir présidentiel dans une seconde vague de limogeage de leursfonctionsofficiellesdecertainsleadersdesgroupespolitico-militaires, mettant ainsi fin à tout espoir de réconciliation initiés par ces accords.

Il en est de même de la « Feuille de route conjointe dite de Luanda » actée le 16 Septembre 2021, malgré les tentatives répétées d’obtention de la docilité de certains leaders, non par adhésion politique au projet, mais par « en les achetant » par le versement de grosses sommes d’argent.

Là encore, les autorités de la RCA disent une chose et son contraire, puisqu’après avoir expliqué qu’il y a une évolution significative (positive) de la situation sécuritaire en République Centrafricaine grâce aux actions multiformes de la MINUSCA en faveur des Forces de Défense et de Sécurité, ces mêmes autorités dénoncent les violences récurrentes et permanentes en RCA qui serait dues au laxisme et à la passivité réfractaire de certains contingents de la MINUSCA, à son non-respect d’un chapitre 7 de son mandat et elles en appellent à une diminution du contingent militaire de la MINUSCA au profit de l’augmentation des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et des FACA.

L’un comme l’autre processus, qui avaient pour objectif de mettre fin au conflit armé en République centrafricaine et permettre la réconciliation nationale via un processus mis en place par le gouvernement depuis bien avant et dénommé de « Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Réintégration » (DDRR) sont caducs.

Ainsi la cinquième session ordinaire du Comité de mise en œuvre national de l’ « APPR-RCA » qui s’est tenue le 11 août 2023 n’était aussi que de l’entre-soi entre membres des services gouvernementaux avec un communiqué pour le moins « lénifiant » et pratiquant la « langue de bois ».

Idem pour la neuvième et dernière session dudit Comité Stratégique (CS) du Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR), du Processus de la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS) et de la Réconciliation Nationale (RN) qui s’est tenue le 11 septembre dernier, qui n’était aussi que de l’entre soi entre membres du gouvernement.

Par ailleurs, le communiqué de presse conjoint du Ministère de la DDRR et du Suivi de l’APRR et de la MINUSCA du 28 septembre dernier présentant le raccompagnement à la frontière ougandaise de quelques « ex-combattants » de l’« Armée de Résistance du Seigneur » (LRA), non concernés par la situation politique en RCA et qui était en fait constitué par un « un total de seulement 61 candidats volontaires au rapatriement, dont 13 femmes et 32 enfants, qui ont regagné Entebbe à bord d’un vol spécial en provenance de Bangassou » ne doit pas être « l’arbre qui cache la forêt ». L’instrumentalisation de la MINUSCA que « tout est mieux dans le meilleur des mondes » ne doit pas s’exercer ; cf le lien https://twitter.com/UN_CAR/status/1717831438458851484.

La situation sécuritaire en RCA dans certaines zones géographiques est en réalité pire, dans d’autres, l’amélioration n’est qu’apparente et uniquement liée à une inversion de rapports de force, entre d’un côté, une composante militaire de la MINUSCA bien équipée, bien armée au nombre d’environ quatorze mille personnes, des FDS, des FACA, de leurs supplétifs russes et rwandais via leurs forces régulières et leurs milices armées (WAGNER,…) au nombre de plusieurs milliers aussi, et de l’autre, des groupes politico-militaires disparates, en recherche de nouveaux moyens armés et pécuniaires, qui poursuivent leurs exactions pour survivre.

Mais il n’y a désormais nulle adhésion à une volonté politique d’avancée dans ces processus. Bien au contraire, la situation s’est totalement bloquée à la fois avec les groupes politico-militaires, mais aussi avec la vraie opposition démocratique non armée unie, qui ne cesse de dénoncer la période préréférendaire, référendaire et le coup d’État constitutionnel en RCA qui s’en est suivi le 30 août 2023. Nous l’avons dit et nous le répétons : nous avons été tous bernés à la fois par les autorités centrafricaines et la MINUSCA, via sa Cheffe qui n’a jamais dénoncé, qui n’a jamais rendu compte correctement, qui a laissé prospérer ce coup d’État constitutionnel.

Certes, un expert indépendant de l’OHCHR, M. Yao AGBETSE, a eu le courage de constater, de rappeler, d’avertir, comme le 04 novembre 2022, suite au limogeage de deux Juges de la cour constitutionnelle, que « l’indépendance des juges et des institutions est la clé de la stabilité et du processus de transition », puis bien timidement le 16 juin 2023, alerter des potentiels risques pour les droits de l’homme en RCA de cette réforme constitutionnelle                                 (lien :     https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2023/06/un-expert-warns-constitutional-referendum-central-african-republic-poses). Mais il ne s’agit jamais de dénonciations et réprobations fortes.

C’est ce même expert indépendant de l’ONU, qui malheureusement dès le 23/08/2023, une fois les résultats définitifs du référendum validés par la Cour constitutionnelle illégale, recommande la mise en place d’un dialogue pour décrisper la situation politique avant les élections locales.

La Cheffe de la MINUSCA dans son discours du 26/10/2023 ne fait aujourd’hui que s’inscrire dans son sillage.

Car les libertés publiques (liberté d’expression, liberté de réunion, liberté de la presse), le libre jeu de la participation politique, le principe de l’État de droit, de l’indépendance du système judiciaire, de la séparation des pouvoirs, le degré de corruption atteint ; tous ces indicateurs sont en fort recul (et c’est un euphémisme) en RCA.

En ce qui concerne des événements récents en matière de l’évaluation de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice en RCA, il convient de noter :

-Le21/09/2023, la main lourde de la justice centrafricaine(ici la Cour d’appel de BANGUI) face à la condamnation aux travaux forcés à perpétuité de 23 accusés, dont par exemples :

Celle de Maxime MOKOM, qui est pourtant relâché par la CPI le 17/10/2023 qui n’a retenu aucune charge ; Celle de Serge Simon BOZANGA, qui a démissionné le 21/10/2023 de sa fonction de Porte-parole de la CPC. A-t-il vraiment du sang sur les mains ? son procès non contradictoire, en son absence, a-t-il été équitable ? sa condamnation à vie est-elle juste ?

Cette lourde condamnation collective est à rapprocher de celle de l’impunité d’Hassan BOUBA, qui exerce tranquillement ses activités de ministre au profit du régime et de l’attitude de la Cour Pénale Spéciale (CPS) dans d’autres affaires.

– Le 20/07/2023, la Cour Pénale Spéciale (CPS) condamne lourdement trois hommes du groupe armé 3R à des peines de 30 et 20 ans d’emprisonnement (lien : https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230721-centrafrique-trois-hommes-du-groupe-arm%C3%A9-3r-condamn%C3%A9s-en-appel-par-la-cour-p%C3%A9nale-sp%C3%A9ciale). Nous ne remettons pas en cause ces jugements, nous demandons de les rapprocher d’autres de personnalités défendues par le régime qui ne subissent pas les mêmes peines.

– Le 23/06/2021, la CPS est ainsi impuissante face à l’exfiltration de force et à la relâche, par les autorités officielles du régime, d’Hassan BOUBA arrêté le 19/11/2021, qui n’a pu être jugé, qui retrouve tranquillement son poste de Ministre obtenu depuis le 23/06/2021, est même décoré à l’issue, alors que ses exactions sont documentées par toutes les ONG internationales présentes en RCA.

Même la CPS, qui voyait, le 22 octobre dernier l’entrée en vigueur du renouvellement de son mandat pour cinq ans, pourtant sous juridiction internationale conjointe, applique « le deux poids, deux mesures » et ne peut que verbalement « condamner fermement » ce comportement des autorités militaires et déplorer cette entrave « au bon fonctionnement de la justice » en RCA.

Ce même BOUBA qui intrigue toujours aujourd’hui pour éventuellement mettre en œuvre les menaces inadmissibles proférées tout récemment par le plus proche conseiller du Président TOUADÉRA.

– Le 10/10/2023, onze magistrats ont été révoqués de l’ordre judiciaire de la RCA par deux décrets présidentiels signés par le dictateur TOUADÉRA, pour soi-disant « manquements au devoir de leur charge ». La formulation a suscité des interrogations et des interprétations politiques. Mais ces magistrats en disponibilité au sein d’organisations internationales ont perdu un long bras de fer administratif avec l’État.

L’indépendance du pouvoir judiciaire, de tous les juges et des institutions y compris de la Cour constitutionnelle, qui est une des clés de la stabilité politique et du processus de paix et de réconciliation, n’est pas respectée en RCA. Où sont les dénonciations fermes de la MINUSCA face à tous ces événements ? on a un silence complet ; pour autant, dans son discours, elle apporte un plein soutien à la politique actuelle des autorités de la RCA.

En ce qui concerne la liberté de la presse, « l’œil de Moscou » règne sur les médias locaux et les réseaux sociaux, car les journalistes et les médias sont pris en étau entre les groupes armés et les autorités, dont le rapprochement avec le pouvoir russe s’est accompagné d’une importante désinformation via des médias aux ordres et via des réseaux sociaux d’influence.

Ainsi, le directeur de publication du journal « Le Charpentier », M. Christian Azoudaoua alias Sassou avait été arrêté arbitrairement et détenu en isolement une dizaine de jours le 06/09/2022.

Cette liberté de presse n’existe plus et les seuls médias locaux pouvant encore nous donner une voix sont sous une tutelle internationale temporairement protectrice et évitent d’aborder les sujets politiques conflictuels ; les seuls médias qui portent notre voix sont désormais domiciliés à l’étranger.

En ce qui concerne le climat de terreur qui règne, de la libre expression, de la libre réunion, des libertés civiles, nous vous renvoyons aux dernières déclarations et menaces du plus proche Conseiller du dictateur (lien : https://corbeaunews-centrafrique.org/genocide-en-centrafrique-les-paroles-scandaleuses-du-ministre-gouandjika-font-craindre-le-pire/) et du climat d’insécurité permanent qui règne, soit en raison des autorités, soit des groupes politico-militaires.

En ce qui concerne le libre jeu politique, tous les leaders de la vraie opposition démocratique non armée, y compris ceux qui ont un mandat de député en exercice, ont été contraints de s’exiler à l’étranger par peur des menaces, des représailles, des arrestations arbitraires et ne peuvent donc plus, soit siéger dans les instances pseudo démocratiques de notre pays, soit animer des réunions politiques.

Ce constat s’applique de plus en plus malheureusement aussi aux leaders de la société civile qui ne sont pas « dans la ligne du parti ».

On pourrait ainsi multiplier les exemples et ce dans tous les domaines de ces reculs démocratiques en RCA, mais nous n’avons pris que les plus récents et ils sont tellement nombreux et quotidiens.

En conclusion, dans le cadre des calculs géopolitiques de pays qui intriguent dans la région, la démocratie en RCA a été sacrifiée.

Sur le plan sécuritaire, la Cheffe de la MINUSCA depuis mi 2022 à ce jour n’a fait que partager les mêmes idées que les autorités de la RCA visant à une levée progressive et totale de l’embargo sur les armes et désormais à un renforcement des capacités des forces nationales de défense et de sécurité intérieure.

En ce qui concerne le processus politique, la mise en place d’un « Dialogue républicain » dont les travaux se sont achevés le 27 mars 2022 sont eux aussi désormais caducs. En effet, même si les propositions relatives à la modification de la constitution évoquées lors des travaux du dialogue républicain en Centrafrique ont été rejetées par les représentants de la Société civile et ont été retirées de la liste des recommandations à la conclusion du dialogue. Nous avons bien vu que tous les événements politiques qui se sont succédé depuis n’ont été qu’une suite d’événements menant à la nouvelle constitution illégale.

Il est d’ailleurs consternant concernant ce processus politique du Dialogue Républicain, le gouvernement se targue de la mise en place un Comité de Suivi, « qui est d’ailleurs à pied d’œuvre, pour rendre public le premier rapport sur la mise en œuvre de ces recommandations ». Au bout de vingt mois, ce « comité Théodule » n’a toujours rien mis en œuvre.

La volonté d’une réunion du 5 au 7 octobre 2023 à Bujumbura au Burundi initiée par l’Union Africaine (UA) et le Comité des sages a été un échec.

De la même façon, la volonté récente de la communauté chrétienne de Sant’Egidio, sous l’égide toujours de l’UA, de la CEEAC et de la CIRGL d’organiser à LUANDA, une nouvelle rencontre pour obtenir un nouvel accord de paix est un échec.

La Cheffe de la MINUSCA, depuis mi 2022 à ce jour, n’a fait que cautionner et permis la réussite du coup d’État constitutionnel du 30/08/2023 par les autorités en place :

– Selon ses propos, « en notant les progrès accomplis dans le processus politique et de paix, après la dissolution de neuf groupes armés, la Cheffe de la MINUSCA a invité à surfer sur cet élan pour renforcer encore la confiance entre toutes les parties prenantes. Elle recommande aux autorités centrafricaines la tenue d’un dialogue inclusif avec les leaders politiques de l’opposition et les responsables des groupes armés, en vue du rétablissement de la paix et de la sécurité dans le pays. »

– Elle affirme que « l’Observatoire national des élections a déclaré que les problèmes signalés ne remettaient pas en question la validité du référendum constitutionnel et son taux de participation. »

Pour autant, dans le même temps, elle reconnaît que « les infrastructures limitées, l’absence ou inutilisation de la majorité des pistes hors de Bangui entravent notre mobilité. Ainsi, il faut plusieurs semaines à un convoi pour se rendre de Bangui à Birao, dans le nord-est, ou à Obo, dans le sud-est. La saison des pluies, qui dure sept mois, rend les pistes impraticables. »

Dans ces conditions, comment les centrafricains ont-ils pu à plus de 57% se rendre dans les bureaux de vote s’agissant d’un pays principalement rural où il est très difficile de déplacer.

Par ailleurs, ce sont pourtant les capacités aériennes et terrestres de transport de la MINUSCA qui ont aidé à l’organisation logistique et sécuritaire de la campagne référendaire illégale et du vote truqué, même si dans la résolution S/2023/769 du 16/10/2023 II. Situation politique 8) le rapport affirme : « La MINUSCA n’a pas contribué à la tenue du référendum constitutionnel car une telle tâche n’entre pas dans ses attributions. »

Alors osez affirmer que la MINUSCA « a facilité la création d’un environnement propice à la redynamisation de la mise en œuvre du processus politique de paix et réconciliation en RCA est une pure instrumentalisation du Conseil de Sécurité et un pur mensonge. C’est en réalité exactement l’inverse.

Mme Valentine Rugwabiza a « beau jeu » d’appeler à « une remobilisation de toutes les parties prenantes aux niveaux national, sous-régional et régional pour une mise en œuvre holistique de l’Accord politique de paix et de réconciliation », de demander le 26/10/2023 au Gouvernement de renouer le dialogue avec l’opposition politique et les groupes armés dans le cadre du processus de paix, une fois TOUADÉRA assuré de se représenter et de maintenir au pouvoir aidé du système milicien et mafieux russe et autres.

Nous l’avons dit le 14/10/2023 et le répétons, nous soulevons le conflit d’intérêts que constitue la présidence actuelle de la MINUSCA exercée par une personne qui était aussi Représentante permanente du Rwanda auprès del’Organisation desNations Unies (ONU) denovembre2016 à février 2022, alors mêmequeleRwanda possède des intérêts économiques significatifs en RCA et joue son propre agenda, qu’il existe, selon nous, une connivence kleptocratique entre le régime de TOUADÉRA, la Russie et le Rwanda au détriment du Peuple centrafricain dans l’exploitation de ses ressources naturelles.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit tirer les conclusions du blocage de tous les processus politiques et sécuritaires, de l’insécurité permanente, de toutes ces tentatives de DPI avortées, de cette nouvelle instabilité dont la Cheffe de la MINUSCA porte une grande responsabilité.

En qui concerne les élections locales espérées désormais le 24 octobre 2024, les autorités se targuent d’avoir mis en place un Comité dénommé « Comité Stratégique d’Appui au Processus Electoral » et reproche à l’opposition démocratique, sans aucune justification, de pratiquer la politique de la chaise vide.

Mais regardons là encore la vérité en face :

Le 14/02/2023, le gouvernement centrafricain et la MINUSCA ont signé un Plan intégré de sécurisation des élections (PISE). « L’engagement de ce jour entre la MINUSCA et la partie nationale a été voulu solennel pour marquer de nouveau notre détermination conjointe à aller résolument à ces élections, en créant les conditions d’un relèvement audacieux des défis encore nombreux », a reconnu le Premier ministre soutenu par la Cheffe dela MINUSCA dans son allocution dithyrambiquedu 14/02/2023 qui servira de support et d’instrumentalisation du Conseil de sécurité lors de la présentation du rapport du Secrétaire général du 15/02/2023 à l’ONU (lien : https://minusca.unmissions.org/rca%C2%A0-signature-d%E2%80%99un-plan-int%C3%A9gr%C3%A9-de-s%C3%A9curisation-des-%C3%A9lections-locales           et                                                                                                                               chrome-extension://efaidnbmnnnibpcajpcglclefindmkaj/https://minusca.unmissions.org/sites/default/files/allocution_ de_la_srsg_valentine_rugwabiza_signature_du_pise_renove_14_fevrier_2023_clean1.pdf).

La Cheffe de la MINUSCA a expliqué au Conseil de Sécurité de l’ONU que le défi de la tenue des élections locales n’était pas le fait d’une volonté politique des autorités dans leurs tentatives de modifier la constitution depuis mars 2022, mais dans le fait d’un simple problème de financement. Comble de la manipulation, la faute de l’éventuelle non tenue des élections locales en incomberait donc aux « bailleurs de fonds » occidentaux (lien : https://minusca.unmissions.org/la%C2%A0minusca-continuera-%C3%A0-soutenir-la-rca).

Et là cette fois, c’était sûr, après 35 ans d’attente, les élections locales allaient enfin avoir lieu ! Nous avons eu le référendum constitutionnel à la place ! Nous avons bien été bernés avec la complicité de la Cheffe de la MINUSCA, qui a de plus instrumentalisé le CS de l’ONU.

On est donc dans l’autosatisfaction et l’autocongratulation en niant les réalités du pays et pendant ce temps le Peuple centrafricain souffre (pas ou si peu de services publics, d’eau courante, d’électricité, de soins, de formation de notre jeunesse.

La RCA est classée en queue de peloton dans tous les classements et pour autant la communauté internationale fait comme si nous vivions dans un monde parallèle, dans un monde où tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, le monde de Candide et Pangloss, attitude que nous dénonçons depuis un certain temps.

Aujourd’hui, les gens ne se rendent pas aux champs parce qu’ils ont peur. Donc, ils n’ont rien à manger, d’où l’importance du PAM en RCA. La priorité, c’est de rétablir la paix et de réconcilier les Centrafricains, mais il ne fallait pas permettre l’instauration d’une nouvelle constitution illégale.

Les groupes politico-militaires n’ont pas ou plus d’avenir en RCA, car ils ne disposent d’aucun soutien populaire et les Centrafricains sont fatigués de ces violences internes, de cette guerre civile larvée. Elle ne fait que bénéficier au pouvoir en place. Le peuple souffre de l’insécurité, de la famine, de la mauvaise situation sanitaire, de l’absence de services publics, que l’aide humanitaire a du mal à parvenir jusqu’aux populations les plus reculées,…

Aussi, il est impératif que la communauté internationale, que les « bailleurs de fonds » dont le FMI, la Banque Mondiale modifient leur analyse pour reconnaître enfin le coup d’État constitutionnel du 30 août 2023 en RCA et intensifient leurs efforts pour faire pression sur les autorités centrafricaines pour un retour à l’ordre constitutionnel du 30 mars 2016. « Il est temps que la RCA se tourne vers un avenir de démocratie, de respect des droits de l’homme et de prospérité pour son peuple, au lieu de continuer sur le chemin sombre de la dictature et de la corruption. » pour reprendre les termes de M. Alain NZILO de CNC.

Ce jour, nous prenons une nouvelle fois le Peuple centrafricain, les ONG internationales de défense des droits de l’homme, les chercheurs, les historiens, les géopolitologues sincères, les médias éthiques et non de propagande et toutes les personnes pour qui les mots « démocratie », « éthique politique » ont un sens, et qui ne voudront pas être les idiots utiles des autorités en place à l’instar de la diplomatie européenne incarnée par son Chef de mission S.E. Douglas Darius CARPENTER, à témoin pour dénoncer de la façon la plus ferme à la fois :

– Que la réalité du terrain est celle-ci : La situation humanitaire en République centrafricaine (RCA) reste critique, avec plus de la moitié de la population, soient 3,4 millions de personnes, ayant besoin d’assistance et de protection, selon la déclaration du responsable de l’aide humanitaire des Nations Unies dans le pays. Sur ce nombre, 2,4 millions « ont des besoins si graves et si complexes que leur survie et leur dignité sont en danger », a déclaré Mohamed Ag Ayoya, le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en RCA, à des journalistes à Genève.      (lien :                   https://minusca.unmissions.org/r%C3%A9publique-centrafricaine-la-situation-humanitaire-reste-critique-avertit-l%E2%80%99onu).

– Que proclamer, de la part de la Représentante spéciale du Secrétaire général et Cheffe de la MINUSCA, dans son discours du 26 octobre dernier, devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, que la 7e République de la RCA et la nouvelle Constitution de la République centrafricaine, promulguée le 30 août dernier, marque une nouvelle étape pour le pays, est une instrumentalisation et un véritable affront inacceptable pour nous. Il doit être sanctionné par son limogeage. À défaut, c’est le Secrétaire général lui-même qui se retrouverait exposé en cautionnant les actes de la Cheffe de la MINUSCA.

– Que le cautionnement par la MINUSCA du coup d’État constitutionnel survenu en RCA le 30 août 2023 avec la promulgation de cette nouvelle constitution que nous rejetons, a institué un blocage sécuritaire et politique en RCA, hypothéquant une énième fois les chances de pouvoir réaliser convenablement des élections locales en RCA.

– Que l’instrumentalisation de la Cheffe de la MINUSCA dans ses présentations au Conseil de Sécurité depuis mi 2022 est permanente, qui une fois encore, a déformé la réalité surtout de la situation politique et parfois sécuritaire dans sa présentation du 26 octobre (n°CS/15466), alors qu’elle a apporté un soutien logistique contraire à son mandat à la séquence référendaire, avalisant la nouvelle pseudo constitution du 30 août 2023, je cite la MINUSCA – « marque une nouvelle étape pour le pays… » – minorant l’opposition des principales autorités civiles, religieuses et minorant l’opposition majoritaire des partis non armés, en mettant ainsi de « l’huile sur le feu ».

– Que le silence coupable et complice de la communauté internationale, et plus particulièrement des pays membres permanents et ceux assistants périodiquement à ces réunions du Conseil de sécurité, plus au fait de la situation réelle dans notre pays, d’être les complices passifs et désormais les « idiots utiles » à la fois du pouvoir dictatorial en place et de leurs pays partenaires que sont la Russie et le Rwanda et leurs milices armées pour se maintenir au pouvoir, doit cesser.

– Qu’il semble que nous ne puissions plus pouvoir compter au moins temporairement sur l’appui de la diplomatie française pour une restauration de l’ordre constitutionnel et de la démocratie en RCA, du fait de la volonté récente de la France de se rapprocher du régime dictatorial de TOUADÉRA, de son soutien à la MINUSCA dans sa configuration de leadership actuelle, du fait d’une politique diplomatique en RCA devenue inaudible, inappropriée et non prospective.

– Qu’il semble au contraire que les USA aient mieux perçus tous les enjeux qui se trament actuellement dans la région, et non seulement dans la seule RCA, comme l’illustre leur décision du 31 octobre dernier de retirer la RCA de la liste des pays bénéficiaires de l’ « AGOA ». Car même si cette décision n’est qu’une première étape, et n’emporte aucune incidence économique au détriment de la RCA, elle est nécessaire pour condamner les graves atteintes aux droits de l’homme dans notre pays et elle constitue un message fort, un nouvel avertissement politique vis-à-vis du régime de TOUADÉRA. Aussi, nous appelons une nouvelle fois de nos vœux, la reconnaissance officielle par le Département d’État américain de la survenance d’un coup d’État constitutionnel le 30/08/2023 par les autorités devenues illégitimes de la RCA, aidées en cela par leurs alliés dont la Russie, une condamnation de la dérive antidémocratique du régime, une suspension de l’aide à la RCA à l’instar de leur décision du 10 octobre dernier vis-à-vis du Niger, de l’instrumentalisation du Conseil de sécurité à la fois par la Cheffe de la MINUSCA, qui de plus a failli.

La sortie de crise ne passera pas par de nouvelles actions armées de groupes politico-militaires qui nous conduiraient dans un nouveau chaos ; elle passera par une prise de conscience du Peuple centrafricain qui conduira au changement, aiguillée en cela par les groupes politiques démocratiques pacifiques et soutenus par les institutions internationales et la communauté internationale quand celle-ci auront enfin décidées de sortir de leur monde d’aveuglement, de surdité, de Pangloss et Candide et de leurs calculs géopolitiques régionaux au détriment du Peuple centrafricain pour reconnaître enfin la survenance d’un coup d’État constitutionnel depuis le 30 août 2023.

Bertin BÉA

Grand Ouvrier Vice-président du parti politique centrafricain Kwa Na Kwa (KNK) Ancien ministre et député de la République centrafricaine X : @Bertin_BEA1 et @KwaNaKwa_RCA

 

 

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