RCA : « Affaire Telecel »: quand le Brouteur d’Abidjan ignore la notion de « compensation », veut extorquer la société de téléphonie mobile et fuit de répondre aux questions de Jeune Afrique !

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« Entre Telecel et Bangui, un bras de fer fiscal s’installe

Le ministère des Finances reproche à l’opérateur de ne pas s’être acquitté de divers impôts et taxes. Décision a été prise, par Hervé Ndoba, de sceller les bureaux de Telecel jusqu’à nouvel ordre.

Depuis la fin du mois de juin, les bureaux de l’opérateur Telecel, principal opérateur du pays avec Orange, sont fermés. Hervé Ndoba, ministre des Finances de la Centrafrique, a en effet choisi la méthode forte afin de faire pression sur l’opérateur.

Selon la presse locale, l’argentier du pays reproche effectivement à Telecel, dirigé localement par Irène Moussa Kembe, de ne pas s’être acquitté de divers taxes et impôts, notamment d’une taxe de 7 % sur le coût des appels finaux, des SMS et de la consommation de data internet, entrée en vigueur depuis le 7 février 2024. Le montant du
préjudice total serait estimé à 3 milliards de F CFA (plus de 4,5 millions d’euros), une somme que Telecel Group récuse.

D’après nos informations, l’opérateur, présidé par le Belge Nicolas Bourg et dirigé par le Libanais Mohamed Damush, réclame lui aussi à l’État le versement d’une somme qui serait supérieure à ce que le ministère a calculé pour lui-même. Contacté par Jeune Afrique, le
ministre Hervé Ndoba, dont l’agenda ne lui permettait de répondre à nos questions dans le temps imparti, a préféré nous renvoyer vers son directeur de cabinet. Ce dernier n’a pas donné suite à notre sollicitation du 9 juillet.

Une pression croissante

Du côté de Telecel, on assure que des « discussions rapprochées » sont en cours pour régler le litige et qu’un accord sera trouvé rapidement. Pendant ce temps, l’activité du groupe, assure l’opérateur, n’est pas entravée, bien que plusieurs utilisateurs se plaignent actuellement d’avoir des difficultés à accéder au réseau mobile et à communiquer.

Selon l’outil Ioda Caida, développé par l’université de San Diego, aux États-Unis, qui mesure en temps réel l’état des réseaux internet dans le monde, le réseau centrafricain semble en effet ne pas subir d’interruption particulière depuis fin juin.

Ce bras de fer entre Telecel et le gouvernement intervient alors que Mohamed Damush s’était rendu fin mai à Bangui afin d’inaugurer le nouveau siège de la filiale et de rencontrer Justin Gourna Zacko, ministre des Postes et Télécommunications, pour lui confirmer de
nouveaux investissements en matière de 4G, de solarisation des réseaux et d’extension des services financiers sur mobile. Outre cet événement lié à l’application de nouvelles taxes, le marché des télécommunications en Centrafrique subit d’autres bouleversements fiscaux, actuellement. En mai, une taxe de 1 % sur les transactions financières numériques a été mise en place par le gouvernement. Elle a fini par mettre le feu au poudre chez les
consommateurs d’Orange Money. L’entreprise a en effet décidé de faire peser la charge de cette taxe sur ses clients, en augmentant les prix des transactions. Le gouvernement lui a en retour reproché d’avoir pris cette décision sans consultation préalable. Le litige n’a à
ce jour pas été réglé ».

JA

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