Qui pour succéder au Tchadien Abbas Mahamat Tolli à la Beac?

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ÉCONOMIE

Qui pour succéder au Tchadien Abbas Mahamat Tolli à la Beac?

Les chefs d’État de la Cemac doivent désigner le futur banquier central, en janvier au plus tard. Un choix qui incombe au Centrafricain Faustin-Archange Touadera, déjà courtisé par certains. Passage en revue des six potentiels prétendants.

Faustin Archange Touadera, ces derniers temps, est un dirigeant convoité par certains de ses compatriotes, et attendu par les partenaires de la Centrafrique sur le plan monétaire. En janvier au plus tard, il reviendra au chef de l’État centrafricain de proposer à ses pairs du Congo, du Gabon, du Tchad, de la Guinée équatoriale et du Cameroun le nom du futur gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), en vertu du principe de la rotation des postes à la tête des institutions communautaires.

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Un dossier sensible qui n’a pas manqué d’attirer l’attention de la France, partenaire des pays membres de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac), qui a décidé, le 9 mai, de prendre les devants. Ses deux représentants au conseil d’administration de la banque centrale régionale ont écrit à Jean-Baptiste Ondaye, le ministre congolais de l’Économie et des Finances, officiant actuellement comme président de cet organe, pour lui rappeler la procédure à suivre pour la désignation des dirigeants, prévue dans les statuts de la Beac.

Entorse aux statuts

Selon les textes, le pays doit proposer trois candidats au poste. Leurs dossiers sont examinés par le conseil d’administration, qui émet un avis conforme, puis transmis au comité ministériel de l’Umac, laquelle, à son tour, soumet ses propositions à la conférence des chefs d’État. Une démarche rarement suivie, puisque les noms des deux derniers gouverneurs – l’Équatoguinéen Lucas Abaga Nchama et le Tchadien Abbas Mahamat Tolli – n’ont été connus qu’en plein conclave des chefs d’Etat.

Cela s’est aussi vérifié le 17 mars, à Yaoundé, lors du sommet de la Cemac qui a vu la désignation du vice-gouverneur, du secrétaire général et des trois directeurs généraux formant, avec le gouverneur, le gouvernement de la banque centrale. Le Cameroun et la Guinée équatoriale ayant fait entorse aux statuts.

Ayant la possibilité de faire entendre sa voix à la première étape du processus, Paris redoute d’autant plus une nouvelle anomalie à la gouvernance qu’il s’agit de la RCA et de ses préférences russes en matière politico-diplomatique. Le risque de voir un banquier central hostile au partenaire hexagonal n’est pas à exclure. Les autres pays membres surveilleront le choix de Bangui, dans la mesure où ses récentes initiatives dans la cryptomonnaie ont failli mettre à mal l’union monétaire. À preuve , Bangui rechigne à retirer sa loi controversée comme il s’était engagé.

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Cependant, la proposition d’un président n’implique pas qu’elle passera comme une lettre à la poste. Le 10 janvier 2010, à Bangui, le Congolais Denis Sassou Nguesso retoque le premier choix de l’Équatoguinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo au motif que le candidat ne donnait pas toutes les garanties quant à son bagage sur le plan économique.

Certains des favoris de Faustin Archange-Touadera pourraient en faire les frais, à l’instar de son intime depuis deux décennies, Bienvenu Marius Roosevelt Feïmonazoui. Cet informaticien de formation de 49 ans vient de boucler son mandat de DG général du contrôle général de la Beac, intégrée en 2005. Il pourrait toutefois être victime de la « jurisprudence Ebe Molina », son homologue équatoguinéen, qui trônait à la direction générale des Études, Finances et Relations internationales, et qui a été empêché en mars dernier de rempiler pour un nouveau mandat.

Croisade

Homme de confiance et neveu de FAT, l’actuel ministre de la Défense, Rameaux-Claude Bireau, 62 ans, est réputé être proche de Moscou. Ce douanier de métier s’est frotté aux dossiers touchant à la banque centrale lorsqu’il officiait en tant que ministre-conseiller chargé des affaires économiques. Tout comme Félix Moloua, l’actuel Premier ministre et ancien ministre de l’Économie et du Plan. Administrateur de la banque centrale au début de la dernière décennie, cet enseignant pourrait bien couronner sa carrière à Yaoundé, siège de l’institut d’émission.

Hervé Ndoba a présidé le conseil d’administration de la Beac, ainsi que le comité ministériel de l’Umac avant de passer le témoin il y a quelques mois. L’argentier centrafricain a pris la tête de la croisade contre le récent concours de recrutement des agents d’encadrement
supérieur qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. L’un des premiers gestes de ce comptable ayant longtemps résidé à Abidjan, s’il arrivait à la tête de l’institution, serait d’annuler le processus.

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Chef de mission du FMI en Guinée équatoriale, après avoir été le représentant résident de l’institution de Bretton-Woods à Dakar, Mesmin Koulet-Vickot, est le moins connu des prétendants. Il a néanmoins profité des récentes assemblées du FMI et de la Banque mondiale, à Washington, pour se faire connaître des ministres des Finances et de l’Economie de la sous région. Cela sera-t-il suffisant pour ce pur produit de la Beac, passé notamment par son centre de formation de Yaoundé ?

Un parcours qu’il partage avec Maurice Christian Ouanzin. Le néo-secrétaire général de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) a fait l’essentiel de sa carrière à la banque centrale. Peut-être est-il sur les pas d’Abbas Mahamat Tolli, qui fit un passage chez le gendarme du système bancaire régional avant d’hériter du statut de banquier central.

Jeune Afrique

 

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