Qui est Karim Khan, le procureur de la CPI ?

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Qui est Karim Khan, le procureur de la CPI ?

Le procureur de la Cour pénale internationale a requis un mandat d’arrêt contre trois dirigeants du Hamas et deux d’Israël, dont Netanyahou. Karim Khan a été nommé à ce poste en 2021.

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Il suscite la colère des autorités israéliennes. Le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Khan a réclamé des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense Yoav Gallant. Trois dirigeants du Hamas sont aussi dans le collimateur de la juridiction internationale : Yahya Sinouar, cerveau présumé de l’attaque du 7 octobre 2023, Ismaïl Haniyeh, qui peut être décrit comme le chef du Hamas, et Mohammed Deif, qui dirige la branche armée du Hamas.

La décision du procureur a été soutenue par la France, mais critiquée par les États-Unis. De son côté, Benyamin Netanyahou a « rejeté avec dégoût la comparaison du procureur de La Haye entre Israël […] et les meurtriers de masse du Hamas ».

Les qualifications de « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre » pourraient être retenues par la CPI.  « Nous affirmons que les crimes contre l’humanité visés dans les requêtes s’inscrivaient dans le prolongement d’une attaque généralisée et systématique dirigée contre la population civile palestinienne dans la poursuite de la politique d’une organisation. D’après nos constatations, certains de ces crimes continuent d’être commis », a déclaré Karim Khan au sujet de Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant.

Il liste notamment comme crimes présumés « le fait d’affamer délibérément des civils », « homicide intentionnel » et « extermination et/ou meurtre ». Dans une interview à CNN, le procureur estime que « personne n’est au-dessus de la loi ». « Nous essayons de ne pas nous laisser emporter par nos émotions, mais de prendre notre temps en suivant les preuves », a-t-il poursuivi.

Des dictateurs comme clients

Né en Écosse, d’un père pakistanais et d’une mère britannique, Karim Khan a consacré toute sa vie à la justice internationale, commençant sa carrière comme conseiller spécial au bureau du procureur des deux tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, entre 1997 et 2000.

Avant d’être procureur de la CPI, Karim Khan a été l’avocat de plusieurs dictateurs. Il a pris la défense de Saïf al-Islam, un des fils de l’ancien dirigeant libyen Muammar Kadhafi. Parmi ses clients, on retrouve aussi l’ex-dictateur du Liberia Charles Taylor, le dirigeant congolais Jean-Pierre Bemba et William Ruto, président du Kenya, tous accusés de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Ce dernier sera finalement acquitté.

Lors de son élection à la CPI, ses opposants lui ont reproché d’avoir « défendu l’indéfendable ». Une élection à laquelle il n’était pas initialement candidat. Mais le retrait des charges contre William Ruto a amené le gouvernement kényan à proposer sa candidature, soutenue alors par de nombreux pays africains.

Réputé pour son inflexibilité, le Britannique de 54 ans a déjà défié un dirigeant en place. En mars 2023, un mandat d’arrêt a été émis contre le président russe Vladimir Poutine, accusé de crimes de guerre pour « la déportation illégale » d’enfants ukrainiens. En poste depuis juin 2021, l’avocat britannique s’est aussi attaqué à l’État islamique et aux talibans dès son entrée en fonction. Karim Khan a rouvert l’enquête sur des exactions commises par ces derniers en Afghanistan. Le dossier était alors clos depuis plus d’un an, sur demande du gouvernement afghan qui souhaitait prouver sa capacité à traiter ces affaires.

À son arrivée à la CPI, le Britannique regrettait que l’organisation basée à La Haye, aux Pays-Bas, ait prononcé « si peu » de condamnations. « Nous ne pouvons pas investir autant, nous ne pouvons pas susciter autant d’attentes et obtenir si peu si souvent en salle d’audience », avait-il constaté après sa prestation de serment.

Sa principale mission pour son mandat (qui s’étend jusqu’en 2030) reste d’élargir les compétences de la CPI : seuls 123 États ont ratifié le Statut de Rome, le traité fondateur de l’organisme. Par exemple, les États-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie et Israël ne l’ont pas ratifié. Autre dossier, Karim Khan a annoncé en février dernier vouloir poursuivre « les crimes environnementaux », les considérant comme des causes ou des conséquences de crimes de guerre ou contre l’humanité que sa juridiction juge déjà.

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