Quels sont les enjeux du sommet Union européenne – Union africaine ?

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Moins de deux semaines après la fin du sommet de l'Union africaine à Addis Abeba en Éthiopie, les dirigeants du continent africain rencontreront leurs homologues européens à Bruxelles. 

Moins de deux semaines après la fin du sommet de l’Union africaine à Addis Abeba en Éthiopie, les dirigeants du continent africain rencontreront leurs homologues européens à Bruxelles.
AFP

Les 17 et 18 février, les dirigeants des États membres de l’Union européenne et ceux de l’Union africaine se réuniront à Bruxelles. La question de la crise au Sahel sera au centre des discussions, mais ce ne sera pas le seul sujet sur la table. De quoi parleront les chefs d’État ?

L’Union européenne va-t-elle maintenir une présence militaire au Sahel ? Alors que l’opération Barkhane doit prendre fin et que la task-force Takuba a été vivement critiquée par la junte militaire ayant pris le pouvoir au Burkina Faso, la question sécuritaire sera un enjeu primordial du sommet entre l’Union européenne (UE) et l’Union africaine (UA). Il se déroulera les 17 et 18 février à Bruxelles.

Mais d’autres enjeux seront également abordés par les dirigeants africains et européens. Au terme de ce sommet, les participants devraient adopter une déclaration conjointe pour une vision commune de la collaboration entre les deux continents d’ici 2030.  Investissements, santé, climat… Quels seront les thèmes discutés au Sommet Union européenne – Union africaine ? Tour d’horizon.

Concrétisation d’un accord financier

Emmanuel Macron avait annoncé en décembre 2021 vouloir mettre en place un « new deal financier » entre l’UE et l’UA. Alors que la France a pris la présidence tournante de l’UE au début de l’année 2022, le président français avait affirmé sa volonté de « réviser complètement » la relation entre l’UE et l’UA. Il souhaite notamment « renforcer les investissements dans les économies africaines. »

Actuellement en tournée en Afrique, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a présenté à Dakar la nouvelle stratégie d’investissements de l’UE, Global Gateway. Elle est mise en place afin de faire face à l’influence de la Chine sur le continent, via ses Nouvelles routes de la soie. Elle a ainsi annoncé plus de 150 milliards d’euros pour alimenter des projets d’infrastructures en Afrique, d’ici 2027.

(Re)lire : Pour contrer l’influence de la Chine et de la Russie, l’UE promet à l’Afrique 150 milliards d’euros

Cette somme sera principalement destinée à la réduction des risques de catastrophe naturelle, aux énergies renouvelables, aux transports, à l’éducation et à l’accès à internet. La présidente de la Commission européenne a également affirmé que « les investissements seront au cœur des discussions » entre les dirigeants des deux continents à Bruxelles.

Sept grands enjeux abordés

Au total, pas moins de sept thèmes seront discutés lors de ce sommet, autour de sept tables rondes.

  • Parmi les incontournables : la table ronde autour de la paix, de la sécurité et de la gouvernance. Les questions des opérations militaires au Sahel et des récents coups d’État en Afrique de l’Ouest devraient y être longuement discutés.
  • Une deuxième table ronde abordera les enjeux autour de la production de vaccins et des systèmes de santé. En effet, l’accès aux vaccins contre le Covid-19 est un sujet vital pour le continent africain, qui accuse les plus faibles taux de vaccination au monde.

(Re)voir : Accès au vaccin contre le Covid-19 en Afrique : « Les autorités font au mieux avec ce qui est disponible »

  • Il y aura une table ronde consacrée au financement de la croissance. Les investissements annoncés par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et la stratégie Global Gateway devraient y être largement complétés.
  • Elle sera complétée par une autre table ronde, à propos du soutien au secteur privé et de l’intégration économique. Lors de l’annonce du plan régional sous Global Gateway depuis Dakar, la présidente de la Commission européenne avait précisé que le secteur privé aurait un rôle à jouer. L’Europe a besoin « de son expertise et de son fort investissement. »

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  • Seront aussi abordés les questions de l’éducation, de la culture, de la formation professionnelle, de la migration et de la mobilité autour d’une autre table ronde. Lors de son discours sur la présidence française de l’Union européenne, Emmanuel Macron avait annoncé vouloir poursuivre « un partenariat commun dans le cadre du partenariat mondial pour l’éducation. » La forme de ce partenariat et ses enjeux devraient être évoqués autour de cette table.
  • L’agriculture et le développement durable seront le thème de la sixième table ronde. En mai 2018, l’UE et l’UA avaient créé un groupe de travail commun autour de la sécurité alimentaire africaine et des investissements agroalimentaires. Les priorités dans ces domaines feront partie des discussions de cette table ronde.
  • Enfin, la transition énergétique, les changements climatiques et la connectivité numérique et logistique seront au cœur de la dernière table ronde.

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En effet, le continent africain subit les conséquences du réchauffement climatique, alors qu’il n’est responsable que de 4% des émissions de gaz à effet de serre. Lors de la COP26, qui s’est déroulée à l’automne 2021 à Glasgow, le négociateur Tanguy Gahouma-Bekalé avait urgé les pays occidentaux à respecter leur engagement pris lors de l’accord de Paris. L’Accord prévoit la dotation d‘un fond de 100 milliards de dollars pour aider les pays en développement, notamment les pays d’Afrique, à faire face à la crise climatique. Mais ce fond n’était toujours pas opérationnel au moment de la COP26.

Le Mali, absent des discussions

Il revient à l’Union africaine d’établir la liste des pays du continent africain conviés au sommet. De ce fait, les pays qui en ont été exclus ne seront pas de la partie. Parmi eux, le Mali. Le Premier ministre de transition du pays, Chogel Maïga, ainsi que quatre autres responsables, s’est vu imposer des sanctions de la part de l’Union européenne. Ils sont accusés de faire obstacle à la transition démocratique du pays.

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La Guinée, le Soudan et le Burkina Faso, dont les gouvernements ont récemment été renversés par des militaires putschistes, ne seront pas au sommet non plus. L’Union africaine les a suspendus pour douze mois.

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