Quand Ange Maxime Kazagui confond sa personne avec le Ministère de la Communication et des Médias

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Dès sa nomination aux fonctions de  ministre de la communication et des médias et porte – parole du gouvernement, le journal en ligne « La Voix des Sans – Voix » s’était levé pour dénoncer l’arrivée d’un amateur, d’un commerçant et mieux d’un homme d’affaires, en sa qualité de consul honoraire d’Afrique du Sud et d’acheteur de diamants, aux commandes de ce département de souveraineté. Et ce, en flagrante violation des dispositions de la constitution  interdisant aux membres du gouvernement d’exercer, en sus de leurs fonctions, des activités à but éminemment  lucratif et commercial.

Cette réaction légitime et citoyenne qui aura le mérite plus tard de forcer la main de M. Ange Maxime Kazagui, à rendre publique la note de sa cessation de fonctions en tant que consul, a suscité par la suite une véritable cabale contre l’auteur de l’article incriminé par personnes interposées et par voie de presse. Pour exprimer tout son courroux et son mécontentement, le chef d’entreprise n’a pas hésité à demander et obtenir son départ de l’émission « Club de la Presse », sous l’œil approbateur du président de la République et du premier ministre, en dépit du caractère illégal, arbitraire et injuste de la démarche. Une décision attentatoire au droit d’opinion et à la liberté d’expression, formellement consacrés par les dispositions de la constitution.

Plusieurs mois plus tard, comme les faits sont têtus et ne trahissent jamais, l’histoire vient de réconforter le journaliste – reporter du journal en ligne « La Voix des Sans – Voix » dans sa thèse. Pourquoi ?

Ayant servi dans le secteur privé toute sa vie durant avant d’être propulsé, pour des raisons de remerciements  et de partage de gâteau et non de compétence et de maîtrise réelle de la technicité, à la tête de cette haute fonction de l’Etat, M. Kazagui ne pouvait qu’ignorer tout des principes fondamentaux d’organisation et de fonctionnement d’un Etat, et mieux des règles élémentaires qui fondent toute administration digne de ce nom. La preuve de cette carence notoire est contenue dans le dernier communiqué qui, dûment signé par lui et daté du 20 août 2018, a fait l’objet d’une large diffusion et  circule actuellement sur les réseaux sociaux.

En effet, tant pour un grand commis de l’Etat déjà admis à faire valoir ses droits à la retraite que pour tout centrafricain lambda, titulaire d’une capacité en droit et en stage d’imprégnations dans un quelconque service administratif, après une analyse minutieuse de ce communiqué sur la forme, il ressort de manière claire et limpide qu’ il n’y a aucun indice probant pouvant lui conférer le caractère d’un document administratif, d’une part, et encore moins de  celui d’un communiqué officiel émanant du ministère de la communication et des médias, d’autre part.

Seuls le nom de l’autorité qui y a apposé sa signature et le sceau du ministère qui l’a accompagnée, peuvent laisser transparaître que ce communiqué émane d’un département ministériel. En dehors de ces deux traits lisibles et visibles, il n’y en a pas d’autres, sans la mention desquels l’acte ne peut se voir attribué  le qualificatif de l’adjectif administratif, tels que l’entête, les visas et le numéro qui sont considérés comme des gènes chromosomiques et identitaires à tout acte administratif.

De ce fait, il est difficile d’établir et de certifier l’origine de ce document, à savoir ses parents ou les services initiateurs, et in fine son authenticité. A en croire que le ministère de la communication et des médias se confondrait intimement avec la personne même de M. Ange Maxime Kazagui, que les différents services qui fondent ce département n’existeraient que de noms et que les fonctionnaires et agents de l’Etat qui y travaillent et qui sont payés mensuellement, ne joueraient ici qu’un rôle purement figuratif.

S’il devait en être ainsi et malheureusement tel en est le cas, cet homme d’affaires aurait alors réussi à faire de ce ministère une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée dont il serait, doué d’un pouvoir surnaturel d’ubiquité, l’administrateur – gérant, le chef de service de personnel, le chef de service comptable et financier, l’agent commercial, l’employé de bureau spécialisé, la secrétaire et le planton.

Tel est le constat combien si triste auquel sont parvenus tous les experts en ressources humaines qui ont eu l’opportunité de lire ce communiqué et d’analyser la forme dans laquelle il a été conçu, signé et publié.

Un communiqué qui ne comporte pas d’entête, ni de visas émanant des différents services émetteurs, ni celui de son directeur de cabinet et ni de numéro dont les mentions et le respect donnent naissance à tout acte administratif. Un communiqué qui, fort de toutes ces irrégularités outrancièrement manifestes, ne peut pas revêtir le caractère d’un document officiel digne de  ce nom, est nul et de nul effet et passe tout simplement pour un tract.

C’est la terrible  conséquence de nommer à des hautes fonctions de l’Etat des baroudeurs politiques, des hommes de réseaux et des hors – statuts qui, du fait leur amateurisme et de leur non – maîtrise réelle de la technicité, de surcroît guidés uniquement par des besoins alimentaires, matériels, terrestres et mortels, ne cessent de couvrir, dans leurs faits et gestes quotidiens, la République de honte, de railleries et de moqueries.

La rédaction

 

 

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