PROMESSE DE SOUTIEN DE LA CEDEAO AU BURKINA : Plutôt des actes que des mots

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PROMESSE DE SOUTIEN DE LA CEDEAO AU BURKINA : Plutôt des actes que des mots

En prélude à son sommet ordinaire prévu pour le 4 décembre prochain à Abuja au Nigéria, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a dépêché une mission d’évaluation et de suivi au Burkina Faso. Conduite par le commissaire Affaires politiques, paix et sécurité, Abdel-Fatau Musah, la délégation a rencontré les autorités de la transition, en l’occurrence le ministre des Affaires étrangères et le Premier ministre, Apollinaire Kyélem de Tambèla. Il ressort de ces échanges que la CEDEAO entend apporter un « soutien concret » au Burkina Faso qui, il faut le rappeler, traverse une période, pour le moins, difficile. « Avec l’Union africaine (UA) et l’ONU, nous allons mobiliser les partenaires pour aider notre pays frère. Nous allons démontrer que ce qui se passe ici, est un problème régional et non du Burkina Faso seulement », a déclaré le commissaire Affaires politiques, paix et sécurité. Pourvu que l’on aille vite, est-on tenté de dire. Car, de l’aide, c’est un truisme de le dire, le Burkina Faso en a besoin ; lui qui, depuis sept ans, se bat comme un beau diable contre des groupes armés de tout acabit qui le menacent dans son existence. A preuve, près des ¾ du territoire du pays, échappe au contrôle des Forces de défense et de sécurité (FDS).

 

Il ne faut pas que cette promesse de soutien soit un effet d’annonce ou une annonce sans effet

 

Tant et si bien que nombreux sont ceux qui ont fui leurs villages respectifs pour se réfugier dans des centres urbains. C’est tant mieux donc si la CEDEAO décide de voler au secours du Burkina. Mieux vaut tard que jamais, dit-on. Reste à espérer qu’elle passera le plus rapidement possible, de la parole aux actes. Il ne faut pas que cette promesse de soutien soit un effet d’annonce ou une annonce sans effet. Cela est d’autant plus important que si le Burkina, de par sa situation géographique, est déstabilisé, c’est toute la sous- région ouest-africaine qui s’en trouvera durement affectée. Cela dit, soutenir le pays des Hommes intègres relève plus d’un impératif que de la magnanimité de la part de la CEDEAO qui, de l’avis même du commissaire Affaires politiques, paix et sécurité, a perdu, ces dernières années, « l’esprit de solidarité qui l’a toujours caractérisé ». Face au péril terroriste qui ne connaît pas de frontières, une prise de conscience collective s’impose. Les grands de ce  monde étant engagés dans une guerre aux relents hégémoniques en Ukraine, les pays du Sud n’ont d’autre choix que de se serrer les coudes pour autant qu’ils ne souhaitent pas être rayés de la carte du monde. Il suffit d’observer la mobilisation autour de l’Ukraine pour se convaincre que les grandes puissances ne semblent pas avoir fait leur, le combat contre le terrorisme en Afrique. Tout porte à croire que c’est le cadet de leur souci. On se rappelle encore les demandes d’aides des pays du G5-Sahel, qui, maintes fois réitérées, sont restées sans suite favorable au point que l’institution, elle-même, a fini par mourir de sa belle mort.

 

La CEDEAO ne doit pas  rester les bras croisés

 

C’est la preuve donc qu’en matière de sécurité, les pays africains feraient mieux de compter sur leurs propres forces plutôt que de passer le temps à attendre un quelconque soutien de l’extérieur qui, souvent, n’arrive pas. C’est en cela qu’il faut déjà féliciter la CEDEAO qui entend engager la réflexion en vue de l’opérationnalisation d’une force régionale dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Elle a d’autant plus intérêt à y songer que, exceptés quelques-uns, la plupart de ses pays membres sont confrontés à l’hydre terroriste. C’est le cas, par exemple, du Mali, du Niger, du Burkina, du Bénin, du Togo, du Nigéria où de nombreuses familles sont quotidiennement endeuillées. On n’oublie pas la Côte d’Ivoire ni le Ghana qui  enregistrent aussi des incursions meurtrières de la part de groupes armés terroristes. Prenant donc la mesure du péril, la CEDEAO ne peut pas et ne doit pas  rester les bras croisés ; elle que l’on a toujours accusée, à tort ou à raison, d’être plus au service des chefs d’Etat que des peuples. En tout cas, le peuple burkinabè attend. Il verra s’il compte aux yeux des dirigeants de la CEDEAO. S’ils veulent d’un retour à l’ordre constitutionnel normal dans les délais, ils se doivent de le soutenir dans la lutte sans merci qu’il mène depuis plusieurs années, contre le terrorisme.

 

« Le Pays »

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