« Projet Kemi » : quand Evgueni Prigojine finançait Kemi Seba pour servir ses ambitions africaines

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« Projet Kemi » : quand Evgueni Prigojine finançait Kemi Seba pour servir ses
ambitions africaines

D’après des documents internes consultés par Jeune Afrique, en collaboration avec le magazine Sources de Arte/CAPA et le quotidien allemand Die Welt, ainsi qu’avec les organisations All Eyes On Wagner et Dossier Center, l’oligarque russe a financé, appuyé et même guidé certaines actions du leader d’Urgences panafricanistes sur le continent entre 2018 et 2019.

• « Projet Kemi » est le nom d’une opération menée par les équipes de Evgueni Prigojine. Entre 2018 et 2019, le fondateur de l’ONG Urgences panafricanistes a été au cœur de la stratégie d’influence du patron de la nébuleuse Wagner en Afrique.
• Le nom de Kemi Seba apparait dans des dizaines de documents internes qui détaillent les contours de sa collaboration avec les structures de Prigojine actives sur le continent.

L’affaire lui a offert une caisse de résonance dont il ne s’est pas privé. Le 12 mars au soir, La Chaîne parlementaire (LCP), une chaîne de télévision publique française, avait programmé une longue interview de Kemi Seba dans le cadre de l’émission « Les grands entretiens » consacrée à l’Afrique par le journaliste Yves Thréard – à laquelle était par ailleurs invité François Soudan, le directeur de la rédaction de Jeune Afrique. Quelques heures avant sa diffusion, plusieurs personnalités, dont le député macroniste Thomas Gassilloud, s’insurgent qu’une telle tribune soit donnée à cet activiste franco-béninois, pourfendeur de la politique française sur le continent et soutien affiché de la Russie de
Vladimir Poutine.

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Face à la polémique naissante, LCP décide de déprogrammer l’interview à la dernière minute. Une décision totalement contreproductive : Kemi Seba s’érige en victime de la censure occidentale et s’empresse de diffuser l’entretien – dont il a pris soin de télécharger une copie lorsqu’il a été brièvement mis en ligne – sur ses réseaux sociaux, lequel touchera finalement une audience bien plus importante que celle de LCP.

Dans cette interview, ses liens avec Evgueni Prigojine, le sulfureux patron du groupe Wagner, ne sont que très brièvement évoqués. Kemi Seba y affirme notamment qu’il « ne lui parle plus depuis des années ». Le fondateur de l’ONG Urgences panafricanistes, condamné par le passé pour antisémitisme et provocation à la haine raciale par la justice française, ne s’est jamais montré très loquace sur ses rapports avec l’oligarque russe, vieux camarade de route de Poutine devenu, grâce à son groupe paramilitaire Wagner, un des personnages les plus influents de Russie, et un de ses principaux relais en Afrique.

« Colon français, colon russe »

Il faut remonter au 4 octobre 2020 pour entendre Seba en dire un peu plus sur sa collaboration avec Prigojine. À l’époque, il reconnaît, sur la chaine de télévision panafricaine VoxAfrica, l’avoir rencontré en Russie, au Soudan et en Libye entre 2018 et 2019. Il affirme que ce proche du maître du Kremlin lui a proposé son soutien, au motif que ceux « qui sont contre ses ennemis sont ses amis ». « À chaque fois qu’on est avec des gens qui peuvent s’opposer à l’oligarchie française et occidentale, on prend cette alliance ponctuelle et on avance (…) J’ai répondu à Prigojine que j’acceptais son soutien si et seulement si, il ne nous disait jamais ce que l’on doit faire. Parce que je ne quitte pas un colon français pour rejoindre le colon russe. Cela a été très clair », explique Kemi Seba.

Démarre alors, selon lui, un « compagnonnage d’environ dix mois », durant lesquels Prigojine lui apporte un « soutien logistique à différents degrés ». Puis, poursuit le militant panafricaniste, son partenaire russe « commet une erreur » en lui demandant, « lors d’un de ses voyages à Saint-Pétersbourg », de « mener des actions violentes qui touchent des symboles occidentaux, quitte à faire des dommages collatéraux » parmi les populations du continent. « À partir de là, divorce stratégique, nos chemins se sont éloignés », conclut-il.

Bien plus qu’un « compagnonnage », Kemi Seba a, en réalité, été au cœur de la stratégie d’influence d’Evgueni Prigojine en Afrique pendant au moins un an, de mai 2018 à juillet 2019. À tel point qu’un projet « Projet Kemi » existe dans des dizaines de documents internes aux diverses structures de l’oligarque hackées par des personnes se présentant comme des Russes anti-Poutine, obtenus par Jeune Afrique en collaboration avec nos confrères du magazine Sources de Arte/CAPA et du quotidien allemand Die Welt, ainsi qu’avec les organisations All Eyes On Wagner et Dossier Center. Selon ces éléments, Prigojine a financé, à hauteur de plusieurs dizaines de milliers de dollars, appuyé et
même guidé certaines actions du leader d’Urgences panafricanistes sur le continent.

Liens avec l’extrême-droite russe

Entre Kemi Seba et les réseaux d’extrême droite russe, les premiers liens se nouent à la $n de 2017. À l’époque, Stellio Gilles Robert Capochichi, pour l’état civil, vient d’être expulsé du Sénégal, où il résidait depuis 2011, pour avoir brûlé un billet de 5 000 francs CFA à Dakar. Le 16 décembre de cette année, il est invité à Moscou pour participer à une conférence sur la « nécessaire alliance entre les souverainistes africains et la Russie ». Le lendemain, il rencontre longuement Alexandre Douguine, célèbre idéologue ultra-nationaliste russe. De cette réunion avec le propagandiste d’extrême droite, il dira qu’elle fut « l’une des plus importantes de son parcours politique ces dernières années, qui aura sans doute une influence décisive dans son combat pour obtenir l’intégrale souveraineté » de l’Afrique.

Difficile de savoir exactement quand Kemi Seba est ensuite entré dans les radars de Prigojine. Est-ce en rencontrant Daria Douguina, la fille d’Alexandre Douguine ? Le tribun au verbe haut était en tout cas devenu très proche de la jeune femme de 29 ans, assassinée le 20 août 2022 sous les yeux de son père dans un attentat à la voiture piégée près de Moscou, et qui gérait depuis 2018 la direction internationale de Patriot Media Group, le groupe de presse de Prigojine.

« Back office Afrique »

Le 4 mai 2018, le nom de Kemi Seba apparaît dans un échange sur la messagerie cryptée Telegram entre Valery Vasilyevich Kondakov et Mikhaïl Potepkin. Le premier dirige alors le « back office Afrique » (aussi appelé Africa Politology), une équipe de politologues et
communicants chargés des campagnes d’influence de Prigojine en Afrique, le second est le patron de deux filiales de Wagner au Soudan, M-Invest et de Meroe Gold. Ce jour-là, Vasilyevich explique à son collègue basé à Khartoum que « certains pensent que le chef [c’est-à-dire Evgueni Prigojine] va te demander de rencontrer Kemi Seba ».

Trois mois plus tard, le 6 août 2018, il est à nouveau question de l’activiste franco-béninois dans un autre échange entre deux autres responsables de Wagner sur Telegram : Evgueni Kopot et Andreï Yelinsky, alias « BLVRK ». Le premier est un « politologue » envoyé à Bangui fin 2017 aux côtés de Dmitri Sytyi, l’influenceur en chef de Wagner en Centrafrique, pour participer à l’implantation de la « Compagnie » – le nom utilisé en interne pour parler de l’entreprise – dans ce pays.

Dans leurs échanges, les deux hommes évoquent la tenue d’une réunion secrète « à l’initiative de la France » entre des chefs de groupes rebelles centrafricains (Nourredine Adam, Maxime Maakom, Abdullah Hissène…) le 8 août 2018, à N’Djamena. L’objectif de cette rencontre –qui a bien eu lieu dans la capitale tchadienne, très probablement avec l’assentiment des services de renseignement français – était de coaliser ces chefs rebelles contre le président centrafricain Félix-Archange Touadéra et de dénoncer son partenariat naissant avec les Russes.

Afin de faire échouer ce projet, Andreï Yelinsky recommande de faire réagir Kemi Seba en lui donnant les éléments de langage suivants :« Faire remarquer que la politique étrangère française en Afrique a pour pratique courante de négocier avec les terroristes, de faire des
affaires avec eux, de leur fournir des armes et, de manière générale, d’encourager l’instabilité afin d’empêcher les pays africains de se développer pleinement. » Le 8 août, jour de la réunion entre les rebelles centrafricains et les Français à N’Djamena, Kemi Seba devait tenir un meeting à Lomé, au Togo. Il en sera finalement empêché par les autorités togolaises, qui lui ont interdit la veille d’entrer sur leur territoire.

Rencontre à Khartoum

Du leader d’Urgences panafricanistes, il est aussi question dans plusieurs autres documents estampillés AFRIC (Association for free research and international cooperation), la $liale de Prigojine qui chapeaute ses nombreuses campagnes d’influence sur le continent. Lancée en avril 2018, cette structure, qui se présente comme un think tank proposant une vision alternative de l’Afrique, est dirigée par Alexander Malkevich et Yulia Afanasayeva.

Parmi les projets qu’elle a menés cette année, le « projet spécial Pasteur » à Madagascar. D’après ces documents, cette opération, à laquelle a effectivement participé Kemi Seba,  comprenait « l’organisation d’une conférence, une marche de masse vers le consulat français et un rallye-concert » les 19 et 20 septembre 2018 à Antananarivo. Objectif, selon son rédacteur : « Dans le contexte d’une campagne électorale active [la présidentielle y était prévue en novembre 2018], attirer l’attention sur la question des îles Éparses [un petit archipel français revendiqué par Madagascar], rehausser le pro$l du candidat [probablement le pasteur André Christian Mailhol] et renforcer le sentiment anti-français dans la société ». Le tout accompagné de photos des actions de Kemi Seba dans le cadre de ce projet, lors de sa conférence sur les îles Éparses ou de la manifestation devant le consulat de France.

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Après cette virée à Madagascar, la coopération entre Evgueni Prigojine et Kemi Seba prend une toute autre tournure. Le 30 septembre 2018, Yulia Afanasayeva écrit sur Telegram à Mikhaïl Potepkin : elle évoque la venue de Kemi Seba et de son « assistant », le Français Héry Djéhuty Séchat, de son vrai nom Cyrille Kamdem, à Khartoum pour rencontrer le « chef » le 2 octobre. Ses messages sont accompagnés de deux billets d’avion à leurs noms sur deux vols distincts : le premier, celui de Seba, sur Ethiopian Airlines, devant atterrir le 2 octobre à 1h05 dans la capitale soudanaise en provenance de Cotonou via Addis-Abeba ; le second, celui de Kamdem, sur Egypt Air, devant atterrir à 2h15 en provenance de Paris via le Caire. Dans ses messages à son collègue basé au Soudan, Afanasayeva s’inquiète que quelqu’un, « idéalement francophone », vienne « les chercher et les emmener à l’hôtel », ajoutant « qu’il faut leur donner à chacun 100 dollars pour qu’ils paient leurs visas » et qu’il faudrait « trouver un moyen de leur faire passer ces formalités sans trop de prise de tête » car il s’agit « d’invités importants du chef ».

440 000 dollars

Les 30 septembre et 1er octobre, toujours sur Telegram, Petr Bychkov, qui a repris la tête du « back office Afrique », et Potepkin évoquent à leur tour cette rencontre, qui doit selon eux se tenir le 2 octobre à 7h du matin. Dans cet échange, le premier indique au second que Kemi Seba « doit être informé qu’il va être question de négociations » avec Prigojine. [Contacté par téléphone, Bychkov affirme n’avoir « ni participé à ni organisé aucune réunion, et encore moins avec Kemi Seba » qu’il ne « connait pas personnellement ».]

Dans la foulée de cette réunion de Khartoum naît un « projet Kemi Seba », dont la trace apparaît dans un tableau Excel détaillant le budget du « back office Afrique » d’octobre 2018 à mai 2021. Dans les dépenses d’AFRIC émergent plusieurs lignes intitulées « projet Kemi », avec des dates et des montants en dollars : 50 000 dollars les 8 octobre, 24 novembre et 17 décembre 2018, puis 90 000 dollars (en deux fois, 40 000 et 50 000 dollars) le 15 février 2019, et à nouveau 50 000 dollars les 25 mars, 10 avril, 6 mai et 9 juillet 2019. Soit en tout 440 000 dollars « versés » entre octobre 2018 et juillet 2019, sans que le tableau précise si ces transactions ont été effectuées en liquide ou par
virement.

Kemi Seba, lui, dément avoir reçu de telles sommes. « Il n’y a pas eu de virements de 50 000 dollars. On n’a pas de compte en banque donc on aurait du mal à recevoir ces virements. Je ne sais pas d’où vous tirez cette somme. Entre ce qu’ils se disent entre eux, ce qu’ils détournent de leur côté et la réalité… On nous a donné du soutien pour des billets d’avion, pour nous aider logistiquement pour qu’on puisse se déplacer à différents endroits, c’est tout. » Quant à l’existence d’un projet portant son nom monté par les équipes de Prigojine, il répond : « Ils se montent des dossiers entre eux. Ils ont besoin de montrer à leurs responsables qu’ils bossent. On m’a déjà raconté des trucs comme ça mais cela n’a pas de sens. »

Dans les lignes cachées de ce tableau Excel sont par ailleurs listés les différents postes des employés d’AFRIC, ainsi que leurs salaires. Parmi eux, un « Coordinateur Kemi Seba » : Youri Yourevitch Makolov. Né en 1995, diplômé de l’université d’État de Saint-Pétersbourg en 2016, il s’est présenté aux élections municipales dans l’ancienne capitale des tsars en 2019 en tant que candidat indépendant. D’après le tableur Excel, Youri Makolov a été payé 80 000 roubles par mois (environ 1 000 euros) de janvier à juin 2019 (à l’exception du mois d’avril) pour coordonner le « projet Kemi ». Il semble ensuite avoir été promu, puisqu’il a travaillé en avril 2021 en tant qu’analyste senior au sein du département « enquêtes spéciales » du projet « Lakhta », une vaste opération de désinformation lancée par Prigojine, poste pour lequel il était payé 140 000 roubles par mois (environ 1 700 euros).

Voyage à Saint-Pétersbourg

Quel est l’objectif de ce « projet Kemi », encadré par un coordinateur dédié et dans lequel Prigojine investit des centaines de milliers de dollars à partir de la $n de l’année 2018 ? Une partie de la réponse est apportée par un autre document de Wagner, intitulé « Annexe 12 Kemi Seba », dont la charte graphique est la même que celle d’autres dossiers internes évoquant des opérations d’influence du groupe en Afrique, notamment en Libye. Daté du 12 mars 2019, ce document dresse un bilan des actions menées par « les spécialistes » du groupe aux côtés du fondateur d’Urgences panafricanistes. « La compagnie conseille et informe Kemi Seba en lui fournissant du matériel de recherche, en développant une stratégie pour construire un parti politique panafricain avec une représentation dans plusieurs parlements en Afrique, et en développant des ressources médiatiques. La compagnie a élaboré des lignes directrices méthodologiques pour travailler avec les
ressources médiatiques et construire l’image publique d’un leader idéologique panafricain », est-il écrit dans ce document

Puis sont listés plusieurs objectifs atteints avec « l’assistance de la Compagnie » : « l’augmentation du nombre de partisans de Kemi Seba à plus de 50 000 » ; l’organisation de « manifestations publiques contre le néocolonialisme (3 000 personnes au Burkina Faso en novembre 2018, 1 000 en Centrafrique en décembre 2018, 1 300 au Bénin en janvier 2019, 2 500 au Niger en février 2019…) » ; la publication de « plus de 660 articles dans les médias européens et africains », faisant « plus que quadrupler le nombre de mentions de Kemi Seba et de son mouvement, passant de 59 en octobre 2018 à 255 en février 2019 » ; l’organisation d’une « journée unique de manifestation contre le néocolonialisme, les bases militaires françaises en Afrique, la monnaie coloniale qu’est le franc CFA, et la manipulation de l’information dans les médias occidentaux » au Bénin, au Burkina Faso, au Mali, en Centrafrique, en Côte d’Ivoire et au Togo ; des « projets de travail sur l’image
politique de Kemi Seba et le développement du mouvement Urgences Panafricanistes » ; des « manifestations régulières de masse et d’experts dans les pays africains, avec l’ouverture de bureaux régionaux pour promouvoir son idéologie et sa participation ultérieure aux élections législatives » ; des « campagnes massives dans les médias et les réseaux sociaux, y compris la mise à feu du passeport français de Kemi Seba pour protester contre l’expansion occidentale en Afrique »…

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Du 21 avril au 5 mai 2019, l’activiste est invité tous frais payés à Saint-Pétersbourg pour faire un point sur sa coopération avec les filiales d’Evgueni Prigojine. Ce séjour dans la ville natale de son financier russe apparait dans le fichier Excel à la ligne « dépenses pour la visite de KS », pour un montant total de 9 968 euros – comprenant des « frais de représentation », des frais de visas, ou encore les salaires d’employés qui seront mobilisés pour l’occasion. Un autre document, daté du 19 avril, liste une partie des activités qui lui sont offertes sur place : billets pour le match de football Zenith St Pétersbourg – Dynamo Moscou, déjeuner au Russkaya Ryumochnaya n°1, restaurant réputé du centre-ville, croisière en vedette privée sur la Neva, séance de relaxation dans un « banya » (sauna traditionnel russe), visite de musées…

Sur ses réseaux sociaux, Kemi Seba, lui, se garde bien de dire qu’il est à Saint Pétersbourg. Le 23 avril 2019, il poste sur sa page Facebook une photo de lui devant un navire militaire accompagnée d’une légende (en anglais) « #VieGeopolitique #QuelquePartDansLeMonde ». Une rapide recherche sur internet permet de montrer que ce bateau n’est autre que le croiseur Aurora, un ancien bâtiment de la marine impériale russe transformé en musée, et amarré sur les bords de la Neva.

Toujours en lien avec la Russie

En amont de ce séjour secret de Kemi Seba en Russie, Wagner produit un autre document où sont listés les différents « thèmes de travail » qui doivent être abordés avec lui à Saint-Pétersbourg. Sont ainsi évoqués « le soutien à Abdurahman Oumarou Amadou à la présidentielle de 2021 au Niger », « la création d’un centre de formation aux idéaux panafricains », « une aide à l’obtention d’un passeport diplomatique pour
Kemi Seba », « la création d’une radio panafricaine au Bénin sur le modèle de Lengo Songo [la radio lancée par Wagner en Centrafrique] », ou encore des « projets de travail en Amérique centrale (Cuba, Vénézuela…) et dans les territoires français d’outre-mer »

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Mais, à en croire Kemi Seba, sa collaboration avec Evgueni Prigojine prend $n dans les semaines qui suivent, après que le patron de Wagner lui a demandé de mener des actions violentes en Afrique. Le 4 octobre 2020, il s’en était expliqué dans son interview à la chaine VoxAfrica : « J’ai été invité à Sotchi [où s’est tenu le sommet Russie-Afrique, les 23 et 24 octobre 2019] parce que des gens me connaissaient là-bas, tous les médias m’interviewaient, mais vous remarquerez que je n’y ai pas pris la parole parce que j’avais refusé quelques mois auparavant – et c’est très important de le souligner – de former des camps militaires et des milices à partir d’Urgences panafricanistes qui attaqueraient des
symboles occidentaux et des Africains en tant que tel. Je ne suis pas là-dedans. La guerre contre l’oligarchie d’Occident, je la mène à ma façon. L’oligarchie de l’Occident est un cancer pour l’humanité. C’est notre ennemi numéro un mais nous ne serons pas les tirailleurs de l’oligarchie russe. Quand j’ai dit non, c’est là qu’on m’a blacklisté. Je suis venu à Sotchi (…) Mais lors des ateliers et forums, on ne m’a pas donné la parole car ils savent, et ils le disent, que Kemi Seba est incontrôlable. »

Jeune Afrique

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