Présidentielle en RDC : qui sont les Hommes du Président ?

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GARDE RAPPROCHÉE

Présidentielle en RDC : qui sont les Hommes du Président ?

Le président congolais Félix Antoine Tshisekedi est candidat à sa propre succession dans le cadre du scrutin du 20 décembre. Durant la course à sa réélection, LSI AFRICA a identifié des hommes qui ont joué un rôle non moins important. Stratégies, rôles clés et impact sur la campagne.

 

Crédit Photo : PRDC
Crédit Photo : PRDC

Félix Tshisekedi.

Sama Lukonde Kyende 

Natif de Paris, le jeune patron du gouvernement de la RD CONGO, homme fort, mais peu médiatique, est l’un des plus proches du Président Félix Tshisekedi. Nommé Premier ministre à l’âge de 43 ans, ce diplômé de l’Institut Technique de Mutoshi à Kolwezi dans le Lualaba en 1996, est devenu un redoutable animal politique. En 2021, au moment de rompre avec « l’union sacrée », c’est lui que le Président congolais a chargé de constituer une nouvelle équipe gouvernementale. Mission accomplie et réussie. Son rôle central qui consistait à coordonner les actions du gouvernement et à mettre en œuvre les politiques définies par le Président est complètement assumé. Ses collaborateurs décrivent un homme dont la force réside dans sa capacité à diriger un cabinet efficace et à assurer la cohérence des actions gouvernementales. « SLK » comme l’appellent affectueusement certains, effectue une campagne de terrain. Cet ingénieur a préféré mener une campagne pragmatique, vantant le bilan du gouvernement, mais aussi la nécessité pour les populations de consolider la paix et la continuité pour le pouvoir « Fatshi Béton ». Loin des grandes envolées lyriques et d’apparitions médiatiques tapageuses, Sama Lukonde, dont la dernière publication sur son compte officiel X (ex-Twitter) remonte au 7 août 2023, a préféré intensifier la sensibilisation et la mobilisation dans sa région, Kasenga, dans la province du Haut-Katanga. Sama Lukonde, candidat n°33 aux nationales, et 62 aux provinciales.

Jean-Pierre Bemba, « Monsieur Défense ». 

Chargé de La Défense nationale dans le gouvernement Lukonde, Jean-Pierre Bemba était resté quelque peu discret depuis son retour au bercail le 1er août 2018. Le fils de Jeannot Bemba Saolona avait effectué son entrée au gouvernement en mars 2023, à la surprise générale. Très vite, l’homme se met face au M23. La situation à l’est de la république démocratique du Congo est une préoccupation majeure pour le Président congolais Félix Tshisekedi, qui veut aller vite. Jean-Pierre Bemba, l’ancien boss du Mouvement de libération du Congo (MLC), qui garde encore une certaine influence, non moins négligeable, au sein de l’armée, réactive ses réseaux. Non seulement auprès de Yoweri Museveni, mais aussi de Uhuru Kenyatta et des nouveaux dirigeants kényans. La tâche cruciale de « JPB » était de garantir la sécurité des citoyens congolais et de répondre aux défis liés à la Défense nationale, pour une tenue à bonne date et sur l’ensemble du territoire, des élections générales.  Le 18 décembre, 48h avant le scrutin, et à la surprise générale, l’ancien pensionnaire de la prison néerlandaise de Scheveningen, lance une bombe politico-médiatique. Sa cible : le candidat à la présidentielle, Moïse Katumbi. « Je connais l’individu… C’est un menteur. Il ment partout. Il ment auprès de tout le monde. Il ment systématiquement. (…) Vous considérez que le passeport congolais n’a aucune valeur à vos yeux. Vous n’êtes pas congolais ni dans l’âme, ni dans l’esprit, ni dans le sang. Je le défie de prouver qu’il connaît l’hymne national. (…) Il veut instaurer la mafia au sommet de la RDC comme il l’a fait au Katanga, et ça, ce n’est pas possible. Ce monsieur est capable de marcher sur des cadavres pour ses intérêts personnels. (…) Il sait qu’il va perdre les élections, mais il va fabriquer des résultats qu’il va faire publier. S’il ne réussit pas, ils vont tenter de mettre le feu dans le pays. On ne le laissera pas détruire ce pays pour ses ambitions maffieuses. Nous utiliserons la force publique pour rétablir l’ordre ». « JOB », venait ainsi de mettre le feu dans le paysage politique congolais. Les réseaux sociaux s’emballent. Les répliques des proches du candidat concerné paraissaient inaudibles. La stratégie est-elle une réussite ? Dans la forme, oui. Dans le fond ? Les résultats dans les urnes nous édifieront.

 Dénise Nyakeru Tshisekedi, « Maman Denise ».

L’importance de Dénise Nyakeru Tshisekedi aux côtés de Félix Tshisekedi va bien au-delà des rôles traditionnels de Première Dame. En tant que partenaire et confidente, elle exerce une influence significative sur le Président congolais. Son expérience de vie, son soutien inébranlable et ses conseils discrets contribuent à forger des décisions éclairées, nous confie-t-on dans l’entourage du Président. Dénise Tshisekedi incarne non seulement la stabilité dans la vie personnelle de Félix, mais elle joue également un rôle actif dans des initiatives sociales, démontrant ainsi l’impact positif de sa présence dans la sphère politique. Native de Bukavu, dans le Sud-Kivu, la Première Dame est une Mushie. Un atout pour le Président congolais car la province dont est originaire son épouse est très peuplée. L’influence politique de Denise Tshisekedi est une facette intrigante de la scène politique congolaise. En tant que Première Dame, « Maman Denise » ne se contente pas d’occuper un rôle protocolaire, mais exerce également une influence discrète et puissante sur les décisions politiques du Président congolais, et sa capacité à établir des liens humains est un atout précieux. Depuis le lancement de la campagne électorale, elle n’a pas quitté une minute son époux. Le couple marié, depuis 27 ans, a parcouru tout le territoire congolais durant quasiment un mois, multipliant les gestes d’affection l’un vis-à-vis de l’autre, au point de susciter à chaque fois, « le bisou, le bisou », scandé et réclamé par les populations lors des meetings.

Vital Kamerhe

« Le pacificateur » aurait pu se rebeller contre son « patron », après avoir passé plus de 18 mois en prison. Arrêté le 8 avril 2020, il avait été condamné à vingt ans de prison en première instance, le 20 juin 2020. La justice congolaise l’avait reconnu coupable du détournement de plus de 48 millions de dollars destinés à la construction de logements sociaux dans le cadre du programme présidentiel dit des « cent jours ». Remis en liberté le 6 décembre 2021, « VK » a toujours été un soutien indéfectible du président Félix Tshisekedi. Ce que ce dernier ne manque pas de lui rendre. « On a injustement sali le programme des 100 jours parce qu’on visait un individu, Vital Kamerhe… lui régler des comptes », a déclaré le Président candidat lundi au cours d’une interview. Selon nos informations, les deux hommes n’ont jamais rompu leurs liens malgré la période carcérale de Vital Kamrhe. Âgé de 64 ans, ce fin stratège, ancien président du Parlement de la république démocratique du Congo, est un personnage influent dans le paysage politique congolais. Lorsqu’il prend fait et cause pour « Fatshi » en 2018, peu d’observateurs avertis pouvaient imaginer que cette alliance les porterait au pouvoir. La fidélité de Vital Kamerhe envers Félix Tshisekedi a été une constante tout au long du mandat qui s’achève. Nommé vice-Premier ministre chargé de l’Économie à la surprise générale, « VK » a démontré « un engagement inébranlable en mettant en œuvre les politiques du gouvernement avec détermination », confie un proche. La relation étroite entre les deux hommes remonterait à plusieurs années, renforçant ainsi la confiance mutuelle. La fidélité de Vital à Félix transcende la simple loyauté politique, illustrant une alliance basée sur une compréhension profonde des enjeux et des valeurs partagées au sein de l’alliance au pouvoir. Originaire de la province du Sud-Kivu comme la Première Dame Denise N. Tshisekedi, « le Pacificateur », a occupé le terrain très tôt durant la période électorale accompagnée de son épouse, Amida Shatur, qu’il a épousée en 2019.

Erik Nyindu, « Monsieur Com », du Président ! 

Son visage est connu dans le monde entier. Ancienne vedette de Vox Africa, Erik Nyindu est devenu depuis le 5 mars 2021, le directeur de la communication de la présidence congolaise. Âgé de 52 ans, natif de Kinshasa et originaire du Kasaï Oriental et du Katanga, le porte-parole du candidat Félix Tshisekedi a marqué des points durant la période électorale. Offensif, combatif, redoutable connaissance des enjeux, il a su démontrer sa connaissance de la communication. Sa présence médiatique et son rôle de liaison avec la presse internationale au sein de laquelle il jouit d’une grande estime, ont contribué à façonner l’image publique du gouvernement et du Président. En tant que stratège principal chargé de façonner le discours public, Erik Niyindu a joué un rôle déterminant dans la communication présidentielle durant la campagne. Des prises de parole soigneusement orchestrées aux choix médiatiques, chaque décision d’Erik Niyindu impacte la manière dont le public perçoit le leadership de Félix Tshisekedi au même titre que le ministre de la Communication Patrick Muyaya, auquel Erik voue respect et admiration. L’influence de l’ancien patron de la Rédaction de Médi 1 TV au Maroc s’étend également à la gestion des crises et à la création d’une connexion émotionnelle avec les citoyens, soulignant ainsi l’importance stratégique de son rôle au sein de l’administration présidentielle. Face aux opposants durant la période électorale, le porte-parole de « Fatshi » a recadré, donné des coups, mais surtout, mis en avant le bilan de son candidat.

À Kinshasa, LSI AFRICA.

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