PRESIDENTIELLE AU TCHAD : A qui profite la longue attente des résultats ?  

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PRESIDENTIELLE AU TCHAD : A qui profite la longue attente des résultats ?

Près de 8 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, le 6 mai 2024 dernier, pour choisir celui qui présidera aux destinées du Tchad pour les cinq prochaines années. Cette élection met fin à trois ans de Transition ; ce qui permettra au pays de renouer avec une vie constitutionnelle normale. Faut-il le rappeler, ce scrutin a mis en compétition 10 candidats avec comme têtes d‘affiche, le président de la Transition Mahamat Idriss Déby Itno et son Premier ministre, Succès Masra. Le premier tour s’est déroulé sans grand heurt, hormis le décès d’un jeune homme à Moundou, la grande ville du Sud du pays. De façon générale, l’esprit d’apaisement a prévalu tout au long du processus ; toute chose qu’il faut saluer. Cela dit, il faut croiser les doigts et surtout espérer qu’il en sera de même à l’issue de la proclamation des résultats.En tout cas, après une journée de vote relativement calme, a débuté l’attente des résultats. Le dépouillement a commencé dès la fermeture des bureaux de vote. Cependant, l’attente risque d’être longue. Car, ils sont attendus dans un délai de deux semaines ; ce que prévoit la loi. Or, 15 jours pour rendre publics les résultats, cela parait très long. Surtout quand on sait que sous d’autres cieux, tout se fait en 24 heures. En fait, on ne le sait que trop. Plus l’attente est longue, plus elle ouvre la voie à la fraude. Déjà que plusieurs organisations non gouvernementales, comme Crisis Group, affirment que le scrutin actuel ne revêt pas toutes les qualités de crédibilité, il faut éviter d’en rajouter à la suspicion.

 

L’idéal serait que les résultats soient connus le plus rapidement possible

 

 Aussi le fait que les résultats ne seront pas publiés par centres de vote, mais compilés et consolidés au niveau des régions, ne rassure pas. Si fait que certains candidats pourraient, entre-temps, revendiquer la victoire avec tout ce que cela comporte comme risques. En tout cas, pour des résultats attendus le 21 mai, d’un point de vue socio-politique, Crisis Group n’exclut pas une crise post-électorale. Une situation dont n’a vraiment pas besoin le Tchad.L’idéal serait que les résultats soient connus le plus rapidement possible afin d’éviter toute tentative de manipulation. Cela est possible avec les nouvelles technologies disponibles. Si de nombreux pays ont relevé ce défi, pourquoi le Tchad n’en ferait pas autant ? A moins que ce soit un manque de volonté de la part des tenants du pouvoir. D’où la question : à qui profite la longue attente des résultats ? A l’évidence, plus y a de la transparence dans le processus électoral, moins il y a de contestation. Cela dit, au-delà du Tchad, c’est un appel qui est lancé aux autres pays africains qui trainent aussi les pas en matière de proclamation de résultats électoraux.

 

Edoé MENSAH-DOMKPIN

 

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